Élysée Conseils • Projet France 2027

Le programme

Une vision gouvernementale indépendante, structurée et documentée pour reconstruire notre prospérité, renforcer notre souveraineté et réconcilier les citoyens avec l’action publique.

Un socle pour le débat public

Cette synthèse rassemble les idées, les mesures et les choix structurants élaborés par Élysée Conseils. Elle est mise à la disposition des formations politiques, des élus, des experts et des citoyens qui souhaitent préparer l’avenir du pays. Ce programme est une base de travail ouverte : il a vocation à être discuté, documenté et enrichi.

445 propositions documentées
26 chapitres, en quatre piliers
5 à 15 ans pour stabiliser les transitions
2027 un horizon pour agir
01
Doctrine transversale

Les principes qui irriguent tout le programme

Sept principes forment la colonne vertébrale de nos propositions. Ils donnent un cap commun aux réformes économiques, sociales, environnementales et institutionnelles.

PRINCIPE 1

Étendre les droits existants

Renforcer un droit déjà reconnu est souvent plus solide et plus immédiatement applicable qu’une rupture juridique. Chaque mesure doit s’ancrer dans le droit positif et prolonger les protections déjà acquises.

PRINCIPE 2

Préférer l’incitation à la coercition

L’action publique obtient davantage en rendant le comportement vertueux avantageux. La contrainte doit rester ciblée sur les pratiques prédatrices, jamais sur les acteurs qui produisent, soignent, logent ou entreprennent.

PRINCIPE 3

Nommer les incompatibilités

Logement abordable et hausse perpétuelle des prix, retraites généreuses sans adaptation, décarbonation sans choix énergétique : gouverner suppose de dire clairement ce qui ne peut pas être promis simultanément.

PRINCIPE 4

S’appuyer sur des modèles éprouvés

Suède pour les retraites, Vienne pour le logement, Embrapa pour la recherche agricole, crédits d’impôt industriels américains : les solutions qui fonctionnent ailleurs doivent être étudiées, adaptées et évaluées.

PRINCIPE 5

Garantir la stabilité dans la durée

Aucune transition énergétique, industrielle ou agricole ne réussit si les règles changent à chaque alternance. Les trajectoires essentielles doivent être inscrites dans des cadres pluriannuels lisibles et révisées sur des critères techniques.

PRINCIPE 6

Faire des Français les copropriétaires du progrès

Quand l’automatisation réduit l’assiette du travail, les revenus du capital productif doivent contribuer à la protection sociale. Capitalisation collective, participation salariale et fonds publics productifs permettent de mieux partager la richesse des machines.

PRINCIPE 7

Flécher clairement les taxes comportementales

Les prélèvements sur le tabac, l’alcool ou le sucre doivent financer visiblement la prévention et l’hôpital. Chaque euro collecté doit avoir une destination publique lisible et vérifiable, afin de restaurer la confiance dans l’impôt.

02
Société et vivre-ensemble

Santé et grand âge

La santé publique doit investir davantage dans la prévention, rapprocher l’action des territoires et réorienter les économies vers le temps soignant. L’efficience n’a de sens que si elle améliore concrètement l’accès et la qualité des soins.

2.1 Un fonds de la dépendance identifié et sanctuarisé

Nous proposons de créer un fonds de la dépendance, financé par l’écrêtement des pensions les plus élevées et par une part des dividendes du fonds souverain : la solidarité entre retraités, plutôt qu’un nouvel impôt sur les actifs. L’écrêtement temporaire de la revalorisation des pensions les plus élevées ne disparaîtrait pas dans le budget général ; il alimenterait un fonds identifié.

Le chiffrage. À établir : ni le rendement de l’écrêtement ni la part de dividendes affectée au fonds ne sont chiffrés à ce jour.

2.2 La priorité donnée au reste à charge plutôt qu’au seul nombre de places

Nous proposons une prestation dégressive, ciblée sur les retraités modestes en établissement. Le problème n’est pas seulement le nombre de places : c’est ce qui reste à payer une fois l’aide versée.

Le chiffrage. Une chambre en EHPAD coûte en moyenne 2 800 € par mois, et dépasse 5 000 € à Paris. L’allocation personnalisée d’autonomie plafonne autour de 2 080 € pour les situations les plus lourdes, et ne couvre que la dépendance, pas l’hébergement. La pension moyenne nette est d’environ 1 540 €. Coût de la prestation proposée : à établir.

Ce que coûte une place, ce dont dispose le résident
Chambre en EHPAD à Paris plus de 5 000 € Chambre en EHPAD, moyenne 2 800 € APA, plafond (cas les plus lourds) 2 080 € Pension moyenne nette 1 540 €

En bleu, ce que coûte l’hébergement ; en rouge, ce dont dispose le résident. Montants mensuels, chiffres de l’article « Retraites : cinq questions », question 05. L’APA ne couvre que la dépendance, pas l’hébergement.

2.3 Un programme d’habitat intermédiaire entre le domicile et l’EHPAD

Nous proposons un programme d’habitat intermédiaire entre le domicile et l’EHPAD, avec un objectif chiffré à l’horizon 2050 et une programmation pluriannuelle votée par le Parlement. Construire des établissements sans résoudre le financement du reste à charge ne ferait que déplacer la difficulté.

Le chiffrage. La CNSA estime qu’il faudrait créer 500 000 places d’habitat intermédiaire d’ici 2050. Coût pour les finances publiques : à établir.

2.4 Un plan métiers du grand âge

Nous proposons un plan métiers du grand âge, articulé avec notre réforme de l’apprentissage et le reclassement des seniors : ces métiers manquent de bras, et ils manquent surtout de perspectives de carrière.

Le chiffrage. La CNSA estime qu’il faudrait recruter de l’ordre de 600 000 professionnels d’ici 2030 — aides à domicile et aides-soignantes. Coût : à établir.

2.5 Une programmation financière du grand âge adossée à la loi

Nous proposons d’adosser le financement du grand âge à une loi de programmation, plutôt qu’à l’annonce d’un plan reporté d’année en année depuis 2018. Il devait être présenté en février 2026 ; il a été reporté sine die après le départ de la ministre chargée du dossier. Huit ans d’annonces, aucun arbitrage de financement.

Le chiffrage. La branche autonomie porte un objectif de dépenses de 43,6 milliards d’euros en 2026, contre 42,6 milliards en 2025.

2.6 Attirer les médecins dans les zones sous-dotées

Des incitations puissantes à l’installation seraient complétées par un conventionnement sélectif inspiré du modèle infirmier. Dans les zones déjà bien dotées, une nouvelle installation conventionnée serait conditionnée à un départ ; la liberté d’installation resterait entière, tandis que le conventionnement s’adapterait aux besoins.

Chiffrage : Doubler les aides liées au zonage coûterait 0,09 à 0,12 Md€ par an ; 0,01 à 0,04 Md€ net si l’on supprime les exonérations fiscales zonées jugées inefficaces par la Cour des comptes (82 M€). Le conventionnement sélectif est sans coût budgétaire.

Sources : Cour des comptes, Les aides à l’installation des médecins libéraux, novembre 2025 ; Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027, n° 3211, octobre 2026.

2.7 Soumettre une génération sans tabac au référendum

Une trajectoire vers une génération sans tabac serait proposée directement aux Français. Le référendum donnerait une légitimité démocratique forte à cette politique de santé publique, après présentation transparente de ses effets attendus sur la mortalité et les dépenses de santé.

Chiffrage partiel : Le référendum lui-même coûte environ 0,17 à 0,19 Md€ (130,6 M€ en 2005, en euros de 2026), une seule fois. Reste à chiffrer : L’effet de la trajectoire dépend de la cohorte visée ; d’après la structure de coûts publiée par l’OFDT, la baisse des recettes du tabac serait à peu près compensée par la baisse des dépenses de soins.

Sources : Assemblée nationale, question écrite n° 70440 (coût du référendum de 2005) ; OFDT, Le coût social des drogues en France, juillet 2023.

2.8 Financer durablement la prévention

Les taxes sur le tabac, l’alcool et le sucre financeraient visiblement la prévention et l’hôpital. Les complémentaires santé seraient associées à des objectifs contractuels de prévention, afin d’apporter une ressource durable sans créer un prélèvement punitif supplémentaire.

Chiffrage partiel : De 0 à 1,0 Md€ par an pour l’Assurance maladie : neutre si le partenariat se limite à des objectifs de prévention, jusqu’à 1 Md€ si les complémentaires prennent en charge une part de la dépense. Reste à chiffrer : Le contenu des contrats de prévention reste à définir.

Sources : CAE, tableur des 170 mesures du Focus n° 124, octobre 2025 ; Assurance maladie, Charges et produits — propositions pour 2027, juillet 2026.

2.9 Sortir de la tarification à l’activité

La T2A serait remplacée par un financement mixte associant dotation selon la population, qualité des soins et activité résiduelle. L’intelligence artificielle pourrait améliorer la traçabilité et le pilotage, sans transformer chaque acte médical en objet de facturation.

Chiffrage partiel : Neutre dans l’enveloppe des établissements de santé (116 Md€ en 2027) : 6 à 20 Md€ passeraient du financement à l’activité vers des dotations selon le périmètre retenu. Reste à chiffrer : Les coûts de transition et des outils d’intelligence artificielle restent à chiffrer.

Sources : Commission des comptes de la Sécurité sociale, rapport de mai 2026 ; Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027, n° 3211, octobre 2026.

2.10 Refonder la gouvernance territoriale de la santé

Une organisation à trois niveaux remplacerait l’actuelle concentration : la région planifie l’offre de soins, le département agit au plus près des habitants et l’État garantit l’équité nationale ainsi que la gestion des crises. Le critère de réussite resterait l’accès effectif aux soins, non le redécoupage administratif.

Chiffrage partiel : Pour l’essentiel neutre : une part du fonds d’intervention régional (5,9 Md€ en 2027) serait déléguée aux départements ; gain de coordination au plus de l’ordre de 0,09 Md€ par an. Reste à chiffrer : Le coût de la réorganisation reste à chiffrer.

Sources : Sénat, rapport d’information n° 657 sur les agences régionales de santé, mai 2026 ; Mission Ravignon (IGF, IGA, IGAS), Coûts des normes et de l’enchevêtrement des compétences, mai 2024 ; Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027, n° 3211, octobre 2026.

2.11 Réinvestir chaque économie dans le soin

La lutte contre les dépenses évitables ne doit pas servir à fermer des services, mais à financer le temps soignant et la prévention. Chaque euro économisé sur l’inutile doit être réaffecté au soin, selon un principe simple : remettre l’hôpital au service des soignants et des patients.

Chiffrage : Neutre pour le solde : le gisement réaffecté au soin va de 3,9 Md€ (propositions de l’Assurance maladie pour 2027) à 7,9 Md€ par an en 2030 (efficience et prévention, CAE).

Sources : Assurance maladie, Charges et produits — propositions pour 2027, juillet 2026 ; CAE, tableur des 170 mesures du Focus n° 124, octobre 2025.

Le chapitre Santé proprement dit s’écrit en ce moment, au rythme de la série : accès aux soins, hôpital, médicament, prévention, territoires. Il rejoindra cette page dès que ses propositions seront arrêtées.

03
Société et vivre-ensemble

Éducation et enfance

3.1 Une loi de programmation décennale de l’école

La première mesure n’est pas pédagogique ; elle est institutionnelle. Nous proposons une loi de programmation décennale de l’école, sur le modèle des lois de programmation militaire, votée au cours de la première année du mandat après consultation des professionnels. Objectifs à 2036 : +0,6 écart-type en fin de collège, part des élèves sous le niveau 2 divisée par deux, 8 % de très performants en mathématiques, écart entre quarts favorisé et défavorisé ramené sous 85 points. Nous proposons que le ministre soit nommé pour sa compétence et pour la durée du plan.

Le chiffrage. Coût nul en soi : c’est le véhicule des autres mesures. Règle de sanctuarisation : tout euro libéré par la baisse démographique — 5 à 13 Md€ par an à horizon 2035 selon le CAE — resterait dans la mission Enseignement scolaire hors pensions.

Comment savoir si c’est raté. Si en 2033 la France n’a pas retrouvé au moins 478 points en mathématiques et 476 en lecture, la loi aura échoué et devra être refondue.

3.2 L’établissement décide

Nous proposons de créer un véritable chef d’établissement du premier degré, à l’échelle de l’école ou d’un regroupement décidé avec la commune ou l’intercommunalité. Les programmes resteraient nationaux ; les méthodes, les moyens et l’organisation seraient décidés dans l’établissement, par le chef d’établissement avec son conseil éducatif : enseignants, parents, représentants du financeur. Au collège, la marge d’autonomie horaire, aujourd’hui de trois heures par division contre douze au lycée, serait portée à douze heures en cinq ans.

Chiffrage partiel : 0,07 à 0,8 Md€ par an pour renforcer les équipes de direction ; environ 0,45 Md€ dans la combinaison jugée crédible par le CAE. Reste à chiffrer : Le statut de chef d’établissement au primaire et le conseil éducatif restent à chiffrer.

Sources : CAE, Focus n° 139 « Réformes éducatives : chiffrages budgétaires », septembre 2026 ; CAE, Note n° 93 « Éducation : un plan d’action », septembre 2026.

Comment savoir si c’est raté. Si, cinq ans après le vote de la loi, moins de la moitié des collèges utilisent effectivement leur marge d’autonomie, ou si les établissements en éducation prioritaire n’ont pas pourvu leurs postes à la rentrée, la mesure aura échoué.

3.3 Le contrat de service public, et de quoi vivre du métier

Nous proposons que tous les nouveaux entrants dans l’enseignement soient recrutés sous contrat de droit public à durée indéterminée. Les titulaires conserveraient leur statut ; ceux qui le souhaitent pourraient opter. Ce contrat ouvrirait l’école à la société civile : un ingénieur, un chef d’entreprise, un chercheur, un étudiant qui a terminé des études de mathématiques pourrait venir enseigner deux, trois, cinq ans, après une formation pédagogique obligatoire, courte et pratique. L’effort salarial serait ciblé sur le primaire, le collège et le milieu de carrière, là où l’écart avec l’Union européenne atteint près de 10 000 dollars par an.

Le chiffrage. 2 à 3 Md€ par an à terme, financés par la part du dividende démographique non affectée au maintien des postes et par la fin des primes cumulatives.

Comment savoir si c’est raté. Si, à la rentrée 2030, plus d’un tiers des collèges et lycées comptent encore un poste non pourvu, ou si le CAPES de mathématiques laisse plus de 100 postes vacants, la mesure aura échoué.

3.4 Enseigner mieux : formation, méthodes, tutorat, fondamentaux

Nous proposons de porter la formation continue à 80 heures annuelles, ciblées sur les mathématiques et la lecture, et d’en changer le format : petits groupes, en présence, ancrés dans la classe. Un réseau de conseillers pédagogiques assurerait 20 heures d’accompagnement annuel par professeur, et chaque débutant disposerait d’un mentor. Le tutorat, en groupes de deux à quatre élèves, serait déclenché automatiquement par les évaluations nationales pour les 10 à 15 % d’élèves sous un seuil, du CP au CM2. Les programmes du primaire seraient resserrés sur les fondamentaux : lire, écrire, compter, raisonner.

Chiffrage : Environ 0,7 Md€ par an si les 80 heures annuelles de formation ont lieu pendant les vacances, 1,6 Md€ si elles ont lieu sur le temps scolaire ; 0,7 Md€ de plus avec un accompagnement individuel.

Sources : CAE, Focus n° 139 « Réformes éducatives : chiffrages budgétaires », septembre 2026.

Comment savoir si c’est raté. Si les évaluations nationales de CE1 et de sixième ne montrent pas, à cohorte comparable, une baisse de la part d’élèves sous les seuils de maîtrise trois ans après le déploiement, la mesure aura échoué.

3.5 Moins d’élèves, mêmes professeurs

Nous proposons de conserver au primaire et au collège au moins la moitié des postes libérés par la baisse des effectifs, et de les affecter à l’allègement des classes : 19 élèves par classe au primaire, la moyenne européenne, contre 22 en France. Le lycée serait traité différemment — la France y dépense 24 % de plus que l’OCDE par élève. Le lycée professionnel, lui, serait réinvesti, en particulier ses filières industrielles, abandonnées faute de moyens.

Chiffrage : Économie nette d’environ 1,5 Md€ par an en 2030 et de 2,0 à 2,5 Md€ en 2035, soit environ la moitié du dividende démographique chiffré par le CAE.

Sources : CAE, Focus n° 139 « Réformes éducatives : chiffrages budgétaires », septembre 2026 ; CAE, tableur des 170 mesures du Focus n° 124, octobre 2025.

Comment savoir si c’est raté. Si la taille moyenne des classes de primaire n’est pas passée sous 20 élèves à la rentrée 2031, la mesure n’aura pas été tenue.

3.6 Le handicap : l’État construit une capacité

L’école inclusive partait d’une très bonne intention. Elle a été mal pensée et mal mise en œuvre, et elle a servi, dans les faits, à ne pas ouvrir de places en instituts médico-éducatifs et en instituts thérapeutiques. Nous proposons d’augmenter le nombre de places, assez proches des familles pour ne pas ajouter un traumatisme, avec un nombre garanti d’enseignants spécialisés par unité d’enseignement. Les AESH seraient maintenus et formés pour le handicap léger, et nous proposons de mettre fin à l’accueil forcé des handicaps lourds en classe ordinaire.

Chiffrage partiel : 0,16 à 1,3 Md€ par an de fonctionnement (une place d’IME coûte environ 51 000 € par an ; 25 000 élèves attendent une place), hors investissement ; AESH maintenus. Reste à chiffrer : Le coût d’investissement des places nouvelles et le rapatriement des enfants accueillis en Belgique restent à chiffrer.

Sources : CNSA, Coûts à la place dans les établissements et services médico-sociaux, mai 2025 ; Sénat, rapport général n° 139 (2025-2026), Enseignement scolaire.

Comment savoir si c’est raté. Si le nombre d’enfants français accueillis en Belgique n’a pas diminué de moitié en 2031, et si à la rentrée 2030 plus de 5 % des établissements manquent d’un AESH notifié (17 % en 2026), la mesure aura échoué.

3.7 Libérer le temps des enseignants

Un enseignant doit se concentrer sur trois choses : ses heures devant les élèves, ses heures de présence en établissement, ses heures de préparation. Tout ce qui s’ajoute autour, saisies, encodages, formulaires, plateformes qui plantent, doit être allégé au maximum. Recensement, avec les enseignants, de toutes les tâches non pédagogiques qui leur incombent ; transfert au secrétariat d’établissement, au rectorat ou à l’automatisation de tout ce qui peut l’être. Des outils qui marchent. Le corps enseignant a droit à des outils performants, qui ne plantent pas et ne se font pas pirater, pour gérer la classe et l’après-classe. La correction assistée. Un formalisme normé pour les devoirs écrits, un scanner par établissement, et la reconnaissance assistée par l’intelligence artificielle pour la pré-correction ; l’enseignant vérifie et note, il ne recopie plus. Les évaluations nationales […] sont corrigées et encodées par des cellules rectorales ou par la DEPP. Un enseignant de plus de 55 ans, fatigué de la classe, peut passer deux ou trois jours par semaine dans une cellule de correction et de soutien.

Le chiffrage. « Ces mesures relèvent de l’organisation plus que du budget. Leur coût est faible ; leur effet sur le temps disponible pour enseigner et sur l’attractivité du métier est immédiat. »

3.8 L’intelligence artificielle et la robotique, par expérimentation piste

L’enseignant reste central. Mais nous n’ignorons pas l’avènement de ces outils : les établissements volontaires expérimentent, dans le cadre des appels à manifestation d’intérêt du CAE (50 M€/an), avec évaluation indépendante avant toute généralisation. « La généralisation de l’intelligence artificielle en classe. Les effets mesurés sont très disparates ; on expérimente, on évalue, on généralise ce qui marche. »

Le chiffrage. 50 M€/an (appels à manifestation d’intérêt du CAE).

3.9 Passage de 36 à 38 semaines de classe piste

Nous sommes favorables au passage de 36 à 38 semaines de classe, ce qui rapproche la France de la moyenne de l’OCDE et allège chaque semaine. Ce qui est différent en France, ce n’est pas le nombre d’heures mais leur concentration : 36 semaines contre 38 en moyenne. Les modalités, quelles vacances raccourcir, Toussaint passée de dix à quinze jours en 2012 ou été, seront décidées en concertation avec les enseignants, les parents, les chefs d’établissement et les spécialistes des rythmes de l’enfant, et conditionnées à l’état du bâti : on ne fait pas classe à 35 degrés.

Le chiffrage. À établir.

3.10 Le sous-contrat : un financement sans contrepartie

Le privé sous contrat scolarise 13 % des élèves du primaire et 21 % des collégiens. Il reçoit environ 10 milliards d’euros de fonds publics par an. En pratique, son recrutement n’est soumis à aucune régulation, cas unique en Europe occidentale. Nous ne rouvrons pas la guerre scolaire de 1984. Nous proposons d’appliquer au sous-contrat la règle que nous proposons d’appliquer à toute dépense publique : pas de financement sans contrepartie ni contrôle. Les conditions du contrat d’association deviennent : une plateforme publique d’inscription permettant de comparer le profil social des candidats et des admis ; une tarification progressive obligatoire ; un contrôle budgétaire et pédagogique quinquennal ; et, en cas de baisse démographique dans un territoire, une règle de fermeture proportionnelle des classes entre public et privé.

Le chiffrage. À établir.

3.11 Outre-mer — la mesure : échantillon PISA et indicateurs par territoire

À notre connaissance, les résultats PISA publiés par la DEPP portent sur un échantillon métropolitain ; les évaluations nationales montrent dans les départements et régions d’outre-mer des écarts très supérieurs à ceux de la métropole. On ne pilote pas ce qu’on ne mesure pas : nous demandons que l’échantillon PISA France couvre les DROM, et que les indicateurs de la loi de programmation soient publiés par territoire.

Le chiffrage. À établir.

3.12 Outre-mer — démographie inverse : construire et recruter, rallonge majorée

Mayotte et la Guyane gagnent des élèves quand la métropole en perd. Il n’y a pas de dividende démographique à y redistribuer ; il y a des écoles à construire (25 millions d’euros de constructions scolaires à Mayotte dans la loi de finances 2026) et des enseignants à attirer, ce qui appelle une rallonge d’État majorée au titre de la mesure 3.

Le chiffrage. Repère cité : 25 M€ de constructions scolaires à Mayotte dans la loi de finances 2026. Montant de la rallonge majorée non chiffré.

3.13 Outre-mer — handicap et tutorat dimensionnés spécifiquement piste

L’offre médico-sociale et le tutorat sont à dimensionner spécifiquement, l’éloignement rendant l’exigence de proximité des structures plus contraignante encore.

Le chiffrage. À établir.

3.14 Une caisse autonome de retraite pour les fonctionnaires de l’État

Rendre visible ce qui est caché : une caisse autonome pour les fonctionnaires de l’État, comme le recommandent la Cour des comptes depuis 2016 et le rapporteur général du budget, et une subvention d’équilibre explicite, votée comme telle. Le budget de l’école ne présente alors plus que ce qui va à l’école.

Le chiffrage. À établir.

3.15 Reconnaître l’équivalence fonctionnelle piste

La réglementation des examens autorise un objet (la calculatrice) au lieu d’autoriser une fonction (le calcul hors connexion, mémoire verrouillée). Cette rédaction par l’objet crée mécaniquement le marché captif. Réécrire la circulaire relative aux matériels autorisés aux examens en termes de fonctions et de garanties de verrouillage, et non de catégories d’appareils. Toute application agréée s’exécutant en mode examen certifié sur un terminal verrouillé devient admissible au DNB et au baccalauréat.

Le chiffrage. « Résultat attendu. Suppression de l’obligation d’achat pour les familles déjà équipées d’un terminal ; entre 30 et 100 M€ par an rendus au budget des ménages. »

3.16 Publier un référentiel « Calcul Examen » libre et auditable piste

La confiance dans un verrou logiciel suppose que chacun — enseignant, surveillant, parent — puisse en vérifier le fonctionnement. Un logiciel fermé ne l’autorise pas. Faire publier par la direction générale de l’enseignement scolaire un cahier des charges ouvert : fonctions mathématiques exigées, comportement du mode examen, signalisation visible, procédure de déverrouillage. Toute implémentation conforme, publiée sous licence libre et auditée, reçoit l’agrément — y compris celles des fabricants actuels.

Le chiffrage. À établir.

3.17 Des listes qui prescrivent une fonction, jamais une marque piste

La liste de fournitures est un acte de prescription publique. Y inscrire un modèle commercial revient à orienter l’achat de centaines de milliers de familles vers une entreprise déterminée. En priorité, l’application agréée en mode examen sur le téléphone ou la tablette déjà possédés : aucun appareil à acheter. Tant qu’un appareil dédié reste demandé, la liste n’énonce que des critères : logiciel ouvert et auditable, même calculatrice disponible gratuitement en application sur téléphone et tablette, mode examen certifié. Rendre publiques les listes de chaque établissement, ce qui permet leur contrôle par les associations de parents.

Le chiffrage. « mesure de coût nul et d’application immédiate ». L’article 1909 précise : « Les deux dernières ne coûtent rien et peuvent s’appliquer dès la prochaine rentrée. »

3.18 Organiser le réemploi avant d’organiser l’achat

Chaque année, des centaines de milliers d’appareils en parfait état de marche quittent le lycée avec leur propriétaire et finissent dans un tiroir, tandis que la cohorte suivante en achète autant de neufs. Confier aux établissements, avec les associations de parents et les collectivités de rattachement, une bourse de réemploi : collecte en juin auprès des terminales et des troisièmes, contrôle et remise à niveau, redistribution en septembre, priorité aux familles boursières.

Le chiffrage. « Jusqu’à la moitié du flux annuel d’achats évitée sans aucune modification réglementaire ; dispositif applicable dès la rentrée suivante. » Statut : « [V] validée — ne requiert ni loi ni budget nouveau. »

3.19 OpenSocial : un réseau social public, progressif et européen piste

Ni le laisser-faire, ni la prohibition : un réseau social public, progressif, déconnecté de toute logique commerciale. Les fonctionnalités s’ouvrent avec l’âge et la maturité, plutôt qu’un accès binaire à quinze ans. Aucun algorithme commercial. C’est le cœur du réacteur : pas de fil optimisé pour l’engagement, pas de publicité ciblée, pas d’économie de l’attention. Une dimension européenne. Un tel projet n’a de sens qu’à l’échelle du continent — pour la masse critique d’utilisateurs comme pour la souveraineté de l’infrastructure. Un adossement à l’existant. Les espaces numériques de travail scolaires fournissent la base d’identification et le premier cercle social réel.

Le chiffrage. À établir.

3.20 De l’autonomie dans la classe piste

De l’autonomie dans la classe, pour adapter les méthodes aux élèves réellement présents plutôt qu’aux élèves théoriques d’une circulaire. Partout ailleurs, l’autonomie accordée aux enseignants a produit des effets mesurables : hausse du bien-être professionnel, amélioration des résultats des élèves, plus grande agilité des établissements. Les enseignants ne sont pas des exécutants. Ce sont des professionnels de la transmission.

Le chiffrage. À établir.

3.21 De l’autonomie dans l’établissement piste

De l’autonomie dans l’établissement, pour bâtir des projets éducatifs qui engagent une équipe plutôt qu’une addition d’individus isolés. En France, nous persistons à tout régenter depuis le sommet, jusqu’à étouffer les initiatives locales et la créativité pédagogique. La collaboration entre pairs reste très faible : 20 % travaillent en coordination sur les évaluations, et 3 à 4 % seulement enseignent régulièrement en équipe.

Le chiffrage. À établir.

3.22 Une revalorisation salariale adossée à un allègement administratif piste

Une revalorisation salariale adossée à un allègement administratif. L’un sans l’autre ne suffira pas : la charge administrative française est parmi les plus lourdes de l’OCDE. Seuls 27 % se déclarent satisfaits de leur salaire, contre 39 % dans l’OCDE. Plus inquiétant : la satisfaction relative aux conditions d’emploi hors salaire a chuté de 21 points depuis 2018. Ce n’est donc pas qu’une question d’argent.

Le chiffrage. À établir.

3.23 Refonte de la formation : numérique, IA, gestion de l’hétérogénéité piste

Une refonte de la formation, initiale comme continue, avec une priorité explicite sur le numérique, l’IA et la gestion de l’hétérogénéité — les trois retards les plus documentés. Seuls 53 % des jeunes enseignants jugent la qualité de leur formation initiale « bonne », contre 75 % dans l’OCDE. Pour la formation continue, 35 % seulement estiment qu’elle a eu un impact positif sur leur enseignement, contre 55 %. 74 % des enseignants français exercent dans des écoles comptant plus de 10 % d’élèves à besoins particuliers — contre 46 % dans l’OCDE. Mais seuls 53 % estiment pouvoir adapter leur enseignement à ces élèves (OCDE : 62 %).

Le chiffrage. À établir.

Ce que coûterait le chapitre, chaque année, à horizon 2035 — en Md€ par an
2.2 L’établissement décide ≈ 0,5 2.3 Contrat de service public 2 à 3 2.4 Enseigner mieux 1,8 à 1,9 2.5 Moins d’élèves ≈ 2,5 2.6 Handicap à calibrer

Chiffrages du rapport de propositions, p. 33. Les barres sont tracées à la borne haute. Total annoncé : 7 à 8 Md€ par an, financés par le dividende démographique sanctuarisé.

Le chapitre compte dix-sept autres propositions déjà écrites : libérer le temps des enseignants, le privé sous contrat, trois mesures pour l’outre-mer, les quatre leviers de l’article TALIS, les quatre mesures sur les calculatrices scolaires et le réseau social public OpenSocial.

04
Société et vivre-ensemble

Travail, salaires et protection sociale

4.1 Maintien de la durée légale à 35 heures

Les 35 heures ont été une faute de calendrier historique. Mais nous ne proposons pas d’y revenir : il faut les tenir, et préparer ce qui vient après. Maintien de la durée légale à 35 heures. Ni retour en arrière imposé, ni nouvelle réduction.

Le chiffrage. À établir.

4.2 Changement d’objectif national : le taux d’emploi

Changement d’objectif national : nous ne visons plus la durée hebdomadaire, mais le taux d’emploi. Cible de convergence vers la moyenne européenne d’emploi des seniors en cinq ans, soit près de cinq points à rattraper. Le problème français n’a jamais été la durée du travail. C’est la quantité de travail.

Le chiffrage. Écart à combler : taux d’emploi des 55-64 ans de 60,4 % en France contre 65,2 % dans l’Union européenne, « soit près de cinq points à rattraper » en cinq ans.

4.3 Élargissement du recours volontaire aux heures supplémentaires

Élargissement du recours volontaire aux heures supplémentaires par accord d’entreprise, sans dégradation de la majoration, pour ceux qui veulent travailler davantage. Le problème français n’a jamais été la durée du travail. C’est la quantité de travail.

Le chiffrage. À établir.

4.4 Conférence nationale sur le partage du temps de travail à l’horizon 2035

Conférence nationale sur le partage du temps de travail à l’horizon 2035, adossée à une mesure indépendante des gains de productivité réellement dégagés par l’intelligence artificielle. L’intelligence artificielle et la robotique vont réduire le contenu en travail humain d’une part croissante de la production, intellectuelle comme manuelle. Cette réduction ne se décrétera pas : elle sera subie ou négociée.

Le chiffrage. À établir.

4.5 Aucun coup de pouce discrétionnaire sur le SMIC

Faut-il augmenter le SMIC ? Non, pas par décret. Aucun coup de pouce discrétionnaire. Maintien de l’indexation légale, qui protège déjà le pouvoir d’achat, et fin des annonces politiques sur le SMIC.

Le chiffrage. Chiffres de cadrage : SMIC à 1 823 € bruts mensuels au 1er janvier 2026, 6e de l’Union européenne ; 62,5 % du salaire médian en 2024 ; 51 % du PIB par habitant.

4.6 Obligation renforcée de négociation de branche sur les grilles

Obligation renforcée de négociation de branche sur les grilles, avec sanction financière pour les branches dont les premiers coefficients restent sous le SMIC plus de deux exercices. Objectif : décoller l’échelle du plancher. Le SMIC doit être une porte d’entrée, pas une salle d’attente.

Le chiffrage. À établir.

4.7 Modulation territoriale des allégements de cotisations

Modulation territoriale des allégements de cotisations, expérimentée sur trois régions, plutôt qu’un SMIC régionalisé. Nous préférons un instrument qui n’écrit pas dans la loi que le travail vaudrait moins en province : une modulation territoriale des cotisations, pas un SMIC à deux vitesses.

Le chiffrage. À établir.

4.8 Refus du SMIC jeune généralisé

Refus du SMIC jeune généralisé, compensé par la massification de l’apprentissage et un contrat de première expérience pour les métiers qualifiés. Nous n’avons donc pas besoin d’un SMIC jeune. Nous avons besoin d’un apprentissage massifié.

Le chiffrage. À établir.

4.9 Un objectif national chiffré : la part des 15-29 ans NEET sous 10 % en cinq ans

Un objectif national chiffré : ramener la part des 15-29 ans NEET sous 10 % en cinq ans, contre 13,1 % aujourd’hui. Indicateur unique, publié chaque trimestre, opposable au Gouvernement. C’est cet indicateur que nous proposons de placer au cœur de la politique de la jeunesse, avec une cible chiffrée et publique.

Chiffrage : Chaque point de chômage en moins rapporte 7,6 Md€ par an aux finances publiques (3,06 Md€ de prélèvements et 4,5 Md€ d’allocations). Effet de croissance, non compté dans le bouclage budgétaire.

Sources : CAE, Focus n° 124 « Comment stabiliser la dette publique ? », octobre 2025.

4.10 La création de l’apprentissage par l’expérience

Nous proposons de créer une voie d’apprentissage par l’expérience : une formation intégralement en entreprise, avec une rémunération minorée en contrepartie explicite de la formation reçue, et une certification à la sortie. C’est le principe historique de l’apprentissage, débarrassé de son formalisme scolaire.

Le chiffrage. À établir.

4.11 Le recentrage des aides à l’apprentissage sur les niveaux 3 à 5

Le recentrage des aides à l’apprentissage sur les niveaux 3 à 5, c’est-à-dire les publics les plus fragiles, plutôt que sur l’enseignement supérieur qui absorbe aujourd’hui près de six contrats sur dix. 2025 marque la première baisse depuis dix ans, à 846 700 contrats, soit un recul de 5 %, concentré sur l’enseignement supérieur.

Chiffrage : Économie d’environ 0,5 Md€ par an (0,3 à 0,6 Md€) aux paramètres de 2026, avant effets de comportement (estimation Élysée Conseils).

Sources : OFCE, Policy brief n° 157 « L’apprentissage sous pression », mai 2026 ; France compétences, Les recruteurs d’apprentis, février 2026.

4.12 L’intégration systématique entreprise / université

L’intégration systématique entreprise / université : période en entreprise obligatoire dans tout cursus, conseils de perfectionnement co-pilotés par les branches professionnelles. Il y a un chômage des jeunes très diplômés dans des filières sans débouché. Et il faut dire pourquoi, parce que c’est notre ligne : la création de richesse se fait dans les entreprises.

Le chiffrage. À établir.

4.13 L’articulation avec l’aménagement du territoire

L’articulation avec l’aménagement du territoire : la redynamisation des villes moyennes de 5 000 à 30 000 habitants est une politique de l’emploi des jeunes, même si elle n’en porte pas le nom. Il y a une inactivité de long terme, concentrée dans certains territoires. Ces trois situations n’appellent pas les mêmes réponses.

Le chiffrage. À établir.

4.14 Aucun passage légal aux 32 heures

Aucun passage légal aux 32 heures. La durée légale reste à 35 heures. Favorables là où des gains de productivité réels les financent. Opposés à toute généralisation par la loi.

Le chiffrage. À établir.

4.15 Un cadre juridique clair pour l’accord « gains de productivité contre temps »

Un cadre juridique clair pour l’accord « gains de productivité contre temps » : mesure objectivée du gain, répartition négociée entre salaire, emploi et temps de travail, clause de retour en cas de non-réalisation. Le temps de travail ne peut baisser que là où la production par heure augmente.

Le chiffrage. À établir.

4.16 Télétravail : un droit à la négociation, et non un droit opposable

Télétravail : un droit à la négociation dans toute entreprise au-delà d’un seuil d’effectif, et non un droit opposable. Obligation de traiter dans le même accord la situation des postes non télétravaillables. Nous défendons donc un droit à la négociation du télétravail, pas un droit opposable, et une vigilance explicite sur les compensations dues à ceux qui ne peuvent, par nature, pas en bénéficier.

Le chiffrage. À établir.

4.17 Une clause de rendez-vous en 2030 sur l’effet de l’intelligence artificielle

Une clause de rendez-vous en 2030 sur l’effet mesuré de l’intelligence artificielle sur la productivité, préalable à toute évolution de la durée légale. Le temps de travail ne peut baisser que là où la production par heure augmente. Or les gains de productivité sont aujourd’hui extraordinairement inégaux selon les métiers.

Le chiffrage. À établir.

4.18 Une distinction juridique explicite entre cotisations et contributions

Une distinction juridique explicite, inscrite dans le code de la sécurité sociale, entre cotisations contributives — le salaire différé — et contributions de solidarité. Ce n’est pas le salaire qui est trop bas. C’est le bulletin de paie qui est chargé de ce qui ne le concerne pas.

Chiffrage : Neutre par construction. Environ 130 Md€ de cotisations maladie et famille (2025) seraient basculés sur des assiettes plus larges, soit l’équivalent d’environ 9 points de CSG.

Sources : Commission des comptes de la Sécurité sociale, rapport de mai 2026 ; CAE, Focus n° 124 « Comment stabiliser la dette publique ? », octobre 2025.

4.19 La bascule des contributions de solidarité vers la CSG et la TVA sociale

La bascule des contributions de solidarité vers la CSG et la TVA sociale, étalée sur cinq ans, à prélèvement global constant. C’est le seul levier qui augmente le net sans augmenter le coût. Aujourd’hui, les cotisations représentent encore 64 % des recettes de la Sécurité sociale […] quand la CSG en assure 17 %. C’est ce ratio qu’il faut inverser progressivement.

Chiffrage : Neutre à son lancement : chaque point de TVA au taux normal permet de baisser d’environ 6 Md€ les cotisations sur le travail (8,2 Md€ si tous les taux augmentaient d’un point).

Sources : CAE, tableur des 170 mesures du Focus n° 124, octobre 2025 ; Sénat, rapport n° 689 (2011-2012) sur la TVA sociale.

4.20 L’égalisation des taux de CSG entre catégories de contributeurs

L’égalisation des taux de CSG entre catégories de contributeurs, condition d’équité du dispositif. La neutralité distributive doit être garantie par construction — égalisation des taux de CSG entre catégories de contributeurs, et vérification que le gain de net compense la hausse des prix pour les premiers déciles.

Le chiffrage. À établir.

4.21 La neutralité garantie pour l’entreprise

La neutralité garantie pour l’entreprise : chaque point de cotisation supprimé se traduit intégralement en salaire net, avec clause de rendez-vous annuelle et publication de l’évaluation distributive avant le vote. Nous nous proposons d’engager à publier cette évaluation avant le vote, pas après.

Le chiffrage. À établir.

4.22 Une règle d’airain : aucune mesure de pouvoir d’achat financée par la dette

Comment augmenter les salaires sans tuer les entreprises ? En sortant du bulletin de paie ce qui n’y a pas sa place : la solidarité nationale. Une règle d’airain : aucune mesure de pouvoir d’achat financée par la dette.

Le chiffrage. À établir.

4.23 Une doctrine de l’État actionnaire industriel

Une doctrine de l’État actionnaire industriel : toute aide publique majeure à une installation fortement automatisée — usine sans personnel, centre de données, unité de production de semi-conducteurs — est convertie en participation au capital ou en redevance sur le chiffre d’affaires, et non versée en subvention à fonds perdus. La France, elle, continue de verser des avances remboursables et des subventions à fonds perdus — et n’en retire rien lorsque l’entreprise réussit.

Le chiffrage. Précédent chiffré cité : « en août 2025, l’administration américaine a converti 8,9 milliards de dollars d’aides publiques […] en 433,3 millions d’actions Intel, soit environ 10 % du capital ».

4.24 Foncier et infrastructure loués, jamais cédés

Foncier et infrastructure loués, jamais cédés : l’État et les collectivités conservent la propriété du terrain, du raccordement énergétique et du réseau, et les louent aux exploitants. Ce que nous proposons, c’est donc un capitalisme assumé, sans naïveté : l’État propriétaire du sol, de l’énergie et de l’infrastructure, qui les loue plutôt que de les céder.

Le chiffrage. À établir.

4.25 Un actionnariat salarié obligatoire renforcé

Un actionnariat salarié obligatoire renforcé dans les sites à très faible intensité de main-d’œuvre. Si la valeur se déplace du travail vers le capital, la réponse structurellement cohérente n’est pas de taxer davantage le capital — les capitaux sont mobiles, ils partiront. C’est de faire en sorte que les salariés et la collectivité en soient propriétaires.

Le chiffrage. À établir.

4.26 L’affectation des dividendes publics au fonds de retraite des citoyens

L’affectation des dividendes publics au fonds de retraite par capitalisation des citoyens, géré par la Caisse des Dépôts — la propriété citoyenne rendant ces actifs politiquement intouchables. Il transforme la richesse produite par les machines en revenu de retraite pour ceux que les machines auront remplacés.

Le chiffrage. À établir.

4.27 Le refus de toute taxe sur les robots ou sur l’intelligence artificielle

Faut-il taxer les robots et l’intelligence artificielle ? Aucun robot ne paiera jamais d’impôt : ce sera le consommateur. Le refus explicite de toute taxe sur les robots ou sur l’intelligence artificielle assise sur la production. Posséder les machines plutôt que les taxer.

Le chiffrage. À établir.

4.28 Afficher le vrai prix du travail : le salaire en brut-brut

Uniformiser l’affichage des salaires en brut-brut : le montant intégrant charges patronales et salariales. Le cœur de la proposition tient en une phrase : présenter le salaire en brut-brut, intégrant les charges patronales et salariales, dans les offres d’emploi comme sur les fiches de paie. Objectif : rendre visible le coût réel d’une embauche et le rôle du salarié dans le financement du modèle social. Le montant complet doit toujours figurer avec sa décomposition et le net à payer, jamais seul.

Le chiffrage. À établir.

4.29 Enseigner la fiche de paie au collège et au lycée

Enseigner la fiche de paie au collège et au lycée. Comme le propose Gilles Raveaud : faire de la lecture du bulletin et de la compréhension de la Sécurité sociale un élément du tronc commun. Coût quasi nul, effet durable. L’urgence n’est pas de simplifier le bulletin — on s’y essaie depuis vingt ans — mais d’enseigner sa lecture.

Le chiffrage. Coût quasi nul, effet durable.

4.30 Afficher le coût complet et les droits acquis

Afficher le coût complet et les droits acquis. Le bulletin indique déjà le « montant total des allègements ». Y ajouter, en clair, les droits ouverts — trimestres validés, points de retraite acquis — transformerait un document de prélèvement en document de contrepartie.

Le chiffrage. À établir.

4.31 Renommer ce qui porte un nom trompeur

Renommer ce qui porte un nom trompeur. Un impôt doit s’appeler un impôt. La confusion entretenue entre cotisation et contribution alimente la défiance qu’on prétend combattre.

Le chiffrage. À établir.

4.32 Refonder le financement sur l’adhésion

Supprimer les financements publics non liés à l’audience réelle. Mettre fin à la contribution patronale de 0,016 % et cesser de ponctionner 1,5 % des fonds de la formation professionnelle — ces sommes devant retourner à la formation elle-même. La proposition : refonder le financement sur l’adhésion, pour que les syndicats doivent convaincre plutôt que percevoir.

Le chiffrage. Masses visées : contribution patronale obligatoire de 0,016 % de la masse salariale, « soit une centaine de millions d’euros par an » ; l’AGFPN a distribué 147,2 millions d’euros en 2023, dont 96,8 millions aux seuls syndicats de salariés.

4.33 Faire de la cotisation la ressource principale

Faire de la cotisation la ressource principale. Avec une perception équitable et une transparence totale sur l’usage des fonds, l’adhésion redevient le lien vital entre l’organisation et sa base. Les cotisations d’adhérents ne représentent qu’environ 10 % des ressources syndicales.

Le chiffrage. À établir.

4.34 Imposer une transparence intégrale

Imposer une transparence intégrale. Publication obligatoire des comptes, audit indépendant, justification des mises à disposition, locaux et personnels devant une instance publique.

Le chiffrage. À établir.

4.35 Privilégier la négociation territoriale et sectorielle

Privilégier la négociation territoriale et sectorielle. Renforcer le dialogue social au plus près du terrain plutôt que les blocages nationaux systématiques, qui traitent des situations très diverses par un moyen unique.

Le chiffrage. À établir.

4.36 Revoir les critères de représentativité

Revoir les critères de représentativité. Audience électorale et taux d’adhésion, afin que le droit de signer des accords ou de déclencher des blocages majeurs appartienne à des organisations réellement enracinées.

Le chiffrage. À établir.

4.37 La loi générale piste

La loi générale. Autoriser explicitement les commerces de bouche, fleuristes et cinémas. Salaire doublé, volontariat écrit et vérifiable, grandes surfaces exclues. Il ne s’agit donc pas d’une réforme économique majeure, mais d’une mise en cohérence.

Le chiffrage. Ordre de grandeur cité : « l’INSEE estime qu’un jour férié coûte environ 1,5 milliard d’euros de PIB ».

4.38 La subsidiarité piste

La subsidiarité. Laisser chaque branche professionnelle négocier ses propres conditions d’ouverture — c’est déjà l’esprit de l’article L3133-6, il suffirait de l’assumer.

Le chiffrage. À établir.

4.39 La cohérence par l’absurde piste

La cohérence par l’absurde. Si personne ne doit travailler le 1er mai, alors les inspecteurs du travail non plus. Pas de contrôle, pas de verbalisation. Dans un pays qui a toléré la pratique pendant des décennies avant de sévir soudainement, cette solution aurait au moins le mérite de la cohérence.

Le chiffrage. À établir.

05
Société et vivre-ensemble

Retraites

Le vieillissement démographique impose une réforme d’architecture. Notre proposition associe transparence, adaptation progressive, capitalisation collective et solidarité renforcée envers les petites retraites.

5.1 Un système universel à points

Chaque euro cotisé crée des droits lisibles et portables. Le passage aux points apporte trois avantages décisifs : Transparence — chaque cotisant connaît en temps réel le nombre de points accumulés et la valeur de sa future pension. Portabilité — les points suivent le cotisant quel que soit son statut : salarié, indépendant ou fonctionnaire. Équité — un euro cotisé donne les mêmes droits à tous.

Chiffrage partiel : Neutre pour le solde public s’agissant de la remise à plat des financements : 29 à 40 Md€ par an côté État et environ 12,5 Md€ côté CNRACL deviendraient des subventions d’équilibre explicites. Reste à chiffrer : Le coût de la transition (convergence des taux, conversion des droits acquis, sort des primes) dépend des paramètres du régime.

Sources : CAE, Focus n° 121 « Retraites des fonctionnaires d’État », septembre 2025 ; Conseil d’orientation des retraites, rapport annuel, juin 2026 ; Commission des comptes de la Sécurité sociale, rapport de mai 2026.

5.2 Fusion universelle des régimes

Nous proposons la fusion totale de l’ensemble des régimes : régime général, fonction publique, professions libérales, régimes spéciaux, régimes agricoles. La convergence est progressive sur quinze à vingt ans pour les actifs en poste. Les droits acquis sont intégralement convertis en points selon une table d’équivalence publique, contrôlée par le Conseil d’orientation des retraites.

Le chiffrage. À établir.

5.3 L’ajustement automatique à l’espérance de vie

L’âge de départ cesse d’être un paramètre fixé politiquement — 62, 64, 65 ans — pour découler d’un ratio légal entre durée de cotisation et espérance de vie. Ce ratio, ancré dans la loi, garantit l’équilibre du pilier répartition sans intervention politique. À aucun âge fixé par la loi. Dans notre réforme, il n’y a plus d’âge de départ : il y a un nombre de points, une durée, et un coefficient qui tient compte de la dureté du métier.

Chiffrage : De 0 à environ 6 Md€ par an en 2030 selon la règle retenue. Repère : un an d’âge de départ supplémentaire améliore le solde de 17,7 Md€ par an en 2035 (11,7 Md€ de prélèvements et 6 Md€ de pensions en moins).

Sources : Conseil d’orientation des retraites, rapport annuel, juin 2026 ; Cour des comptes, Situation financière et perspectives du système de retraites, février 2025 ; CAE, tableur des 170 mesures du Focus n° 124, octobre 2025.

5.4 La pénibilité intégrée au calcul du point

L’acquisition des points est affectée d’un coefficient multiplicateur selon la catégorie de métier et l’exposition réelle : travail de nuit, port de charges lourdes, postures pénibles, exposition à des agents cancérogènes, intempéries, travail à la chaîne. La conséquence est automatique et juste : les métiers pénibles atteignent leur total de points plus tôt, donc partent plus tôt. Sans régime spécial, sans dérogation, sans commission d’examen. Ce mécanisme remplace à la fois les régimes spéciaux et le compte professionnel de prévention actuel.

Chiffrage partiel : Réintégrer les quatre critères supprimés en 2017 porterait la dépense du compte pénibilité à 1,8 Md€ en 2060, au lieu d’un peu plus de 1 Md€, soit 0,7 à 0,8 Md€ par an de plus, financés par la cotisation des employeurs. Reste à chiffrer : Le barème de bonification et le coût actualisé des départs pour carrière longue restent à chiffrer.

Sources : Cour des comptes, rapport sur l’application des lois de financement de la sécurité sociale, mai 2026.

5.5 Le droit à la seconde partie de carrière

Nous proposons donc de créer un droit à la seconde partie de carrière. À partir de 55 ans — plus tôt pour les métiers les plus durs — chaque travailleur des métiers physiquement éprouvants peut basculer vers des fonctions plus douces : postes administratifs, accueil, assistance, et surtout transmission et enseignement, dans le public comme dans le privé, avec une réduction progressive du nombre d’heures et de la difficulté. Cette mesure ne crée pas d’emplois publics supplémentaires. Elle réaffecte intelligemment des postes existants.

Le chiffrage. Gain budgétaire annoncé sans chiffrage : « Le travailleur usé reste en emploi et en cotisation au lieu de basculer en invalidité ou en préretraite coûteuse. »

5.6 Une valeur du point protégée par la loi

Une valeur du point protégée par la loi. La crainte centrale des syndicats était qu’un gouvernement puisse la baisser par décret. Nous proposons d’inscrire dans la loi son indexation sur l’inflation, avec un plancher légal.

Le chiffrage. À établir.

5.7 Un compte retraite numérique unique

Un compte retraite numérique unique, affichant en temps réel les points accumulés et la pension estimée à différents âges de départ. Vous savez en temps réel où vous en êtes, et ce que vous toucherez à différents âges de départ.

Le chiffrage. À établir.

5.8 La capitalisation à la Française : le peuple actionnaire

Nous proposons donc de créer un fonds souverain de retraite, géré par la Caisse des Dépôts et Consignations avec la Banque de France, Bpifrance et les organisations syndicales — sur le modèle de gouvernance néerlandais. Le fonds investit dans l’économie réelle française et européenne : PME, entreprises de taille intermédiaire, infrastructures, transition énergétique, robotique, agriculture. Pour financer les retraites dans une économie automatisée, le système de retraite doit posséder une part des machines.

Chiffrage partiel : Neutre pour le solde et la dette publics si le fonds reste public ; le budget de l’État renoncerait jusqu’à environ 4,2 Md€ de dividendes par an, réorientés vers les retraites. Reste à chiffrer : La liste des participations transférées et le classement statistique du fonds restent à arrêter.

Sources : Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, octobre 2026 ; Agence des participations de l’État ; Conseil d’orientation des retraites, rapport annuel, juin 2026.

5.9 Transférer les participations de l’État, non les vendre

Nous proposons de transférer progressivement ces participations, et leurs dividendes, dans le compartiment retraite du fonds souverain. Il faut être clair : il s’agit d’un transfert, pas d’une vente. L’État conserve les bijoux de famille et le contrôle stratégique, par les droits de vote, les actions de préférence et les minorités de blocage. Une participation logée dans le fonds de retraite des Français devient politiquement invendable.

Chiffrage partiel : Voir 5.8 « La capitalisation à la Française : le peuple actionnaire » : neutre pour la dette publique si le fonds reste public ; jusqu’à environ 4,2 Md€ par an de dividendes réorientés du budget de l’État vers les retraites (à ne pas additionner avec 5.8). Reste à chiffrer : Le mécanisme viager ou d’usufruit reste à définir.

Sources : Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, octobre 2026 ; Conseil d’orientation des retraites, rapport annuel, juin 2026.

5.10 La participation de toutes les entreprises

Toutes les entreprises de France, petites, moyennes et grandes, participent à l’alimentation du système : Les entreprises cotées contribuent en actions, versées au plan d’épargne retraite de leurs salariés. Les entreprises non cotées contribuent en numéraire, qui sert à acquérir des parts des fonds nationaux. L’ensemble alimente cinq à six fonds différenciés, gérés par la Caisse des dépôts, la Banque de France et Bpifrance. Le cadre d’un grand groupe et le salarié d’une PME locale détiennent les mêmes fonds.

Le chiffrage. À établir.

5.11 Le mécanisme viager : un capital qui ne meurt jamais

Les droits servis par ce pilier prennent la forme d’un droit viager aux revenus du capital. Juridiquement, il s’agit d’un usufruit, figure classique de notre droit civil que tout notaire pratique. Le capital sous-jacent est alors recyclé selon une clé de répartition, à titre indicatif moitié-moitié, modulable selon la taille des entreprises et les concertations à venir. Le capital ne meurt jamais : il se transmet aux salariés suivants.

Le chiffrage. Clé de recyclage annoncée : « à titre indicatif moitié-moitié », une part au plan de l’entreprise d’origine, l’autre au fonds général.

5.12 Mobiliser l’épargne des Français par l’incitation

Nous proposons d’en orienter volontairement une part vers les fonds de retraite, exclusivement par l’incitation : avantages fiscaux au transfert volontaire d’assurance-vie vers le plan retraite, fléchage d’une fraction de la collecte nouvelle des livrets, abondements employeurs exonérés. Jamais de transfert forcé des encours existants.

Le chiffrage. Assiette citée : « près de 3 000 milliards d’euros d’épargne financière : 2 000 à 2 100 milliards en assurance-vie […] et environ 900 milliards sur des livrets réglementés ».

5.13 Un PER citoyen simplifié

Un PER citoyen simplifié, avec avantage fiscal renforcé pour les revenus modestes et les jeunes actifs, et abondement employeur encouragé. Un fonds par défaut prudent et diversifié géré par la Caisse des Dépôts, sur le modèle du fonds AP7 suédois, pour tous ceux qui ne veulent pas choisir.

Le chiffrage. À établir.

5.14 Un plafonnement strict et une publication annuelle des frais de gestion

Un plafonnement strict et une publication annuelle des frais de gestion prélevés sur l’épargne retraite. Un plafonnement strict et transparent des frais prélevés, parce qu’une épargne retraite dont un tiers du rendement part en commissions n’est pas une politique publique. Nous proposons d’ajouter deux garde-fous : une désensibilisation progressive au risque à mesure que l’âge de la retraite approche […] et un plafonnement strict et transparent des frais prélevés.

Le chiffrage. À établir.

5.15 Un plancher autour de 1 000 € net

Nous proposons de fixer un objectif de pension minimale autour de 1 000 € net pour toute carrière complète, accompagné d’une revalorisation des petites retraites. Le financement vient du rendement du pilier de capitalisation et du redéploiement décrit ci-dessous. Un plancher contributif à 1 000 € net pour toute carrière complète, indexé sur l’inflation, jamais utilisé comme variable d’ajustement.

Chiffrage partiel : De 0, si la garantie vise les carrières complètes (la cible de 85 % du Smic net, en vigueur depuis 2023, dépasse déjà 1 000 € net), à environ 6,5 Md€ par an pour chaque tranche de 100 € mensuels comblée pour les retraités sous 1 000 € sans condition de carrière. Reste à chiffrer : La définition de la pension minimale (carrière complète ou non, proratisation, net ou brut) reste à arrêter.

Sources : DREES, Les retraités et les retraites, édition 2025 ; COR, évolution de la pension majorée de référence et du minimum contributif, février 2023 ; Conseil d’orientation des retraites, rapport annuel, juin 2026.

5.16 L’effort temporaire des très hautes pensions

Les pensions supérieures à 4 000 ou 5 000 € mensuels, soit environ 2 % des retraités, feront l’objet d’un effort temporaire de sous-indexation. Il ne s’agit pas de les punir, mais d’organiser une solidarité au sein de leur propre génération : les hautes retraites soutiennent les minimums retraite. Au-delà d’un seuil fixé autour de trois fois la pension médiane, la revalorisation peut être temporairement gelée lorsque la trajectoire s’écarte de l’équilibre. Les pensions élevées continuent d’être servies intégralement ; c’est leur seule revalorisation qui est suspendue.

Chiffrage : Recettes de 1,8 à 3,3 Md€ par an : 1,3 à 2 Md€ en recentrant l’abattement de 10 % sur les retraités modestes, 0,5 à 1,3 Md€ en alignant la CSG des retraités aisés sur celle des actifs. Ces recettes financent les petites pensions, l’ASPA anticipée et les mesures pour les femmes.

Sources : CAE, tableur des 170 mesures du Focus n° 124, octobre 2025 ; Évaluation des voies et moyens, tome II (dépenses fiscales), annexe au PLF 2026 ; Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, octobre 2026.

5.17 L’abattement de 10 % pour frais professionnels

Appliquer un abattement pour frais professionnels à des personnes qui ne travaillent plus est une anomalie conceptuelle. Sa suppression sèche a été rejetée par une coalition transpartisane en novembre 2025, parce qu’elle touchait les pensions moyennes dès 1 667 € mensuels. Nous proposons donc une suppression progressive au-delà d’un seuil de pension élevé, préservant intégralement les retraites modestes et moyennes.

Le chiffrage. Simulation de l’article 802, portant sur la suppression totale : « Rendement estimé : 3,4 milliards d’euros par an », 8,1 millions de retraités concernés, 8,0 millions non touchés. Scénario de redistribution retenu : « Pensions sous 800 € (recommandé) », 3,5 M de bénéficiaires, + 77 € par mois. Cette estimation « ne constitue pas un chiffrage officiel ».

5.18 L’alignement de la CSG

L’alignement de la CSG. Le taux normal applicable aux retraités, 8,3 %, sera aligné sur celui des actifs, 9,2 %, pour les seules pensions élevées. Les taux réduits et les exonérations des petites pensions sont intégralement maintenus.

Le chiffrage. Écart de taux : « 8,3 % » pour les retraités, « aligné sur celui des actifs, 9,2 % », pour les seules pensions élevées. Aucun rendement chiffré.

5.19 La clause de retour à meilleure fortune

Toutes ces mesures de restriction sont temporaires et conditionnées à un indicateur objectif : le taux d’emploi. Si le taux d’emploi français progresse de dix points, objectif de notre programme économique, les recettes supplémentaires réduisent mécaniquement le besoin de financement. L’effort demandé aux hautes pensions se relâche alors automatiquement. Nous proposons d’inscrire cette clause dans la loi : la vérité sur l’effort, et la garantie de sa réversibilité.

Le chiffrage. Déclencheur : « si le taux d’emploi français progresse de dix points ».

5.20 Des cotisations stables, autour de 28 % du salaire brut

Nous proposons de maintenir le niveau actuel, environ 28 % du salaire brut, parts employeur et salarié confondues. L’ajustement automatique, combiné au rendement croissant du pilier de capitalisation, permet d’équilibrer le système sans hausse des prélèvements. C’est l’inverse des 14 % de cotisations supplémentaires qu’imposerait le statu quo. Le redressement ne passe pas par une hausse des prélèvements sur le travail, déjà parmi les plus élevés de l’OCDE.

Le chiffrage. Référence citée : « + 14 % de hausse des cotisations serait nécessaire pour équilibrer le système à droit constant ».

5.21 Un verrou démographique automatique

Un verrou démographique automatique : si le ratio cotisants / retraités passe sous 1,4, la caisse saisit le Parlement d’un projet d’ajustement dans un délai de douze mois. Aucune décision ne peut être différée au-delà.

Le chiffrage. Seuil de déclenchement : ratio cotisants / retraités « sous 1,4 », saisine du Parlement « dans un délai de douze mois ».

5.22 La publication en open data de tous les paramètres

La publication en open data de tous les paramètres — valeur du point, rendement, réserves, projections à dix, vingt-cinq et cinquante ans — et un contrôle annuel de la Cour des comptes débattu au Parlement. Aucun organisme ne publie aujourd’hui, en quelques pages, les mêmes indicateurs pour tous les régimes. Il ne devrait pas falloir lire 1 393 pages pour savoir qui paie la retraite de qui.

Le chiffrage. À établir.

5.23 Une clause de revoyure quinquennale inscrite dans la loi

Une clause de revoyure quinquennale inscrite dans la loi, sur la base d’un rapport contradictoire de la caisse, de la Cour des comptes et du Conseil d’orientation des retraites. L’abandon de la logique paramétrique au profit d’une réforme d’architecture — la première depuis 1945. Cinq réformes en trente ans, ce n’est pas de la persévérance. C’est le signe qu’on répare la mauvaise pièce.

Le chiffrage. À établir.

5.24 La préservation intégrale des droits acquis

La préservation intégrale des droits acquis et l’absence de toute remise en cause des pensions déjà liquidées. Les retraités actuels ne sont pas touchés dans leurs droits acquis. Seules les revalorisations futures sont ajustées. Aucune pension n’est diminuée en valeur absolue.

Le chiffrage. À établir.

5.25 L’application immédiate aux nouveaux entrants

Dès l’entrée en vigueur de la réforme, toute personne entrant sur le marché du travail est affiliée au régime universel à points, quel que soit son statut : salarié, fonctionnaire, indépendant ou profession libérale. Les droits acquis dans les anciens régimes sont intégralement préservés et convertis en points selon une table d’équivalence publique. Le pilier de capitalisation monte en puissance par paliers.

Le chiffrage. À établir.

5.26 Volet natalité : combler l’écart entre fécondité réelle et désir d’enfant

Notre programme comporte un volet complet de soutien aux familles qui souhaitent avoir plus d’enfants. Il ne s’agit pas de natalisme idéologique, mais de lever les obstacles matériels qui empêchent les Français d’avoir les enfants qu’ils désirent : aides au logement des jeunes familles, développement massif des modes de garde, soutien au pouvoir d’achat. Combler ne serait-ce que la moitié de l’écart entre 1,6 et 2,3 transformerait les projections du COR à l’horizon 2070. La politique familiale est une politique de retraite à trente ans d’écart.

Le chiffrage. Écart visé : fécondité réelle « environ 1,6 aujourd’hui » contre un désir d’enfant mesuré « autour de 2,3 » ; hypothèse du COR abaissée « de 1,8 à 1,45 enfant par femme ».

5.27 Un tableau officiel unique

Un tableau officiel unique, sur le modèle du prototype ci-dessus : chaque année, pour chaque régime, cotisants, cotisations, pensionnés, pensions, solde, frais de gestion et contribution d’équilibre, pour la même année et selon les mêmes définitions, annexé au projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Qu’un citoyen puisse comprendre en dix pages ce qui nous a demandé 1 393 pages de lecture.

Le chiffrage. Masses révélées par le prototype : « la contribution d’équilibre atteint 49,3 Md€ pour les seuls fonctionnaires de l’État » ; 58,2 Md€ de contributions d’équilibre au total publié.

5.28 Des formats que les citoyens lisent vraiment

Des formats que les citoyens lisent vraiment : une fiche synthétique d’une page par régime, une version interactive du tableau et de courtes animations pour expliquer les flux d’équilibrage. Ce qui manque, ce sont des fiches synthétiques, de courtes animations et des tableaux dynamiques qui mettent les chiffres essentiels à portée de main.

Le chiffrage. À établir.

5.29 Une ligne budgétaire explicite

Une ligne budgétaire explicite regroupant toutes les subventions et contributions d’équilibre, votée chaque année par le Parlement, pour que chacun connaisse le coût de la solidarité envers les régimes publics sans que personne ne soit désigné comme responsable. Un régime peut afficher un solde nul parce que l’État verse chaque année la somme exacte qui manque : c’est le cas du régime des fonctionnaires de l’État, équilibré par une contribution de 49,3 Md€ en 2025.

Chiffrage : Neutre pour le solde ; les montants à rendre visibles sont de 28,9 à 40 Md€ par an pour l’État employeur, environ 9 Md€ pour les régimes spéciaux et environ 12,5 Md€ pour la CNRACL si elle était alignée.

Sources : CAE, Focus n° 121 « Retraites des fonctionnaires d’État », septembre 2025 ; Commission des comptes de la Sécurité sociale, rapport de mai 2026 ; Conseil d’orientation des retraites, rapport annuel, juin 2026.

5.30 Des frais de gestion publiés selon une méthode commune

Des frais de gestion publiés selon une méthode commune, afin de comparer ce que coûte réellement la gestion de chaque caisse. Les frais de gestion restent inconnus, sous une forme comparable, pour douze régimes sur dix-huit.

Le chiffrage. À établir.

5.31 Ramener 300 000 seniors vers l’emploi d’ici 2030

Des postes administratifs adaptés seraient ouverts dans les services publics aux plus de 55 ans, avec un effort massif de formation et d’aménagement du travail. Le doublement de la surcote et de la décote rendrait la prolongation volontaire de l’activité plus lisible et financièrement incitative.

Chiffrage partiel : Gain brut pour les finances publiques de 3,1 à 7,6 Md€ par an (prélèvements supplémentaires et allocations chômage en moins). Reste à chiffrer : Le coût des postes adaptés, de la formation et du doublement de la surcote reste à chiffrer.

Sources : CAE, Focus n° 124 « Comment stabiliser la dette publique ? », octobre 2025 ; Insee, Informations rapides n° 192, août 2026 ; Conseil d’orientation des retraites, rapport annuel, juin 2026.

06
Société et vivre-ensemble

Logement

Le logement doit redevenir un bien d’usage. Le cap proposé est une baisse progressive des prix en valeur réelle : des prix nominaux stabilisés pendant que les revenus rattrapent, afin de restaurer l’accession sans provoquer de rupture brutale.

« On ne peut pas promettre à la fois des logements abordables pour les enfants et des prix immobiliers toujours croissants pour le patrimoine. »

Le cap : la déflation contrôlée

6.1 Le cap : la déflation contrôlée

À partir de 2027, les prix de l’immobilier ne progressent plus qu’au rythme de l’inflation. Pas de krach, pas de spoliation des propriétaires : une stabilisation réelle, qui permet aux revenus de rattraper les prix et de revenir progressivement dans le « tunnel de Friggit ». L’indicateur de réussite : la durée d’endettement des primo-accédants, de 23 ans aujourd’hui vers 18 à 20 ans à horizon d’une génération. Ce chiffre, publié trimestriellement à partir des données de la Banque de France et de l’IGEDD, est incontestable et compris par tous.

Le chiffrage. +54 % de surcote des prix des logements anciens sur la tendance longue 1965-2001 (indice Friggit, IGEDD, octobre 2025) ; durée d’endettement de 15 ans (1965 et 2000) à 23 ans (2025).

Redevenir propriétaire sans s’endetter un quart de siècle

6.2 Fiscalité des plus-values anti-spéculation

Le principe central : indexer la valeur d’achat du bien sur l’inflation (indice INSEE) jusqu’à la date de cession, avec intégration, comme aujourd’hui, des travaux réalisés. Aucune plus-value réelle au-delà de l’inflation ⇒ aucune imposition, et suppression de toute durée de détention. Plus-value réelle jusqu’à +25 % (chiffre à peaufiner) : flat tax de 30 %. Au-delà de +25 % de plus-value réelle : surtaxe de 50 % (chiffre à peaufiner) sur la fraction excédentaire ; jusqu’à 80 % sur la rente d’urbanisme pure.

Chiffrage : De −0,5 à +2,4 Md€ par an selon le barème progressif retenu (estimation Élysée Conseils). Repère : supprimer les seuls abattements pour durée de détention rapporterait 3,6 Md€ par an (1,74 Md€ d’impôt sur le revenu et 1,85 Md€ de prélèvements sociaux).

Sources : CAE, tableur des 170 mesures du Focus n° 124, octobre 2025 ; Assemblée nationale, rapport d’information n° 1678 sur la fiscalité du patrimoine, 2023.

6.3 Taxe annuelle progressive sur les terrains constructibles non bâtis

Une taxe annuelle progressive sur les terrains constructibles non bâtis, à caractère obligatoire en zone tendue (elle existe aujourd’hui mais reste facultative et marginale). Détenir un terrain constructible sans construire ni vendre coûte chaque année davantage. Combinée à la taxation de la plus-value, elle crée un effet de ciseau : impossible de spéculer en vendant, coûteux d’attendre en gardant. Le terrain est mis sur le marché ou construit.

Le chiffrage. À établir.

6.4 L’acquisition publique au prix d’usage antérieur (modèle néerlandais)

L’acquisition publique au prix d’usage antérieur pour les grandes opérations d’aménagement (modèle néerlandais) : la collectivité achète le terrain au prix agricole avant de le rendre constructible. La plus-value d’urbanisme revient intégralement au public, sans même passer par la fiscalité. Les Pays-Bas et l’Allemagne ont résolu ce problème ; nous proposons d’adopter leurs deux mécanismes.

Le chiffrage. À établir.

6.5 Le foncier public ne s’achète plus aux enchères : il se mérite

Nous proposons d’interdire les enchères sur le foncier public destiné à la construction de logements. Aujourd’hui, l’État et les collectivités vendent leurs terrains au plus offrant : chaque euro d’enchère supplémentaire se retrouve mécaniquement dans le prix de sortie des logements. Le modèle à suivre existe et fonctionne depuis trente ans : les concours d’opérateurs viennois (Bauträgerwettbewerbe) — le prix du foncier public est fixé à l’avance, les promoteurs concourent sur la qualité du projet. Les garde-fous sont non négociables : critères publiés avant l’appel d’offres, jury mixte intégrant des personnalités indépendantes, publication intégrale des notations, contrôle a posteriori, et sanctions pénales lourdes.

Le chiffrage. À établir.

6.6 Crédit protecteur : plafonds gravés dans la loi, puis paliers vers 18-20 ans

Aujourd’hui : verrouiller les plafonds actuels. La durée maximale de 25 ans et le taux d’effort de 35 % (normes HCSF) sont gravés dans la loi et ne pourront plus être assouplis. Jamais de crédit à 30 ou 35 ans à l’américaine. Demain : redescendre par paliers, à mesure que les prix se détendent — la durée maximale sera ramenée progressivement vers 18 à 20 ans, et le taux d’effort de référence vers 33 %. Chaque palier est déclenché par la détente constatée des prix — jamais par une date fixée à l’avance. Le reste à vivre intégré à la norme : un taux de référence à 33 %, modulé par un plancher réglementaire de reste à vivre par unité de consommation du ménage.

Le chiffrage. « À 1 400 € de revenu mensuel, 35 % d’effort laissent 910 € pour vivre — intenable ; à 9 000 €, un effort supérieur reste confortable. »

6.7 La portabilité des droits de mutation sur la résidence principale

Quand un ménage vend sa résidence principale pour en acheter une autre, les droits de mutation déjà acquittés sur la première viennent en déduction des droits dus sur la seconde. On ne paie plein pot qu’une fois dans sa vie ; les étapes suivantes ne coûtent que le différentiel. Chaque étape coûte aujourd’hui 7 à 8 % du prix en droits et frais : un ménage qui ferait le parcours complet en quatre étapes perdrait l’équivalent de 30 % d’un logement en frottements fiscaux.

Chiffrage partiel : La portabilité des droits de mutation lors d’un changement de résidence principale réduirait de 0,5 à 4 Md€ par an les recettes des départements et des communes, selon le plafond retenu (droits de mutation des départements : 11,9 Md€ en 2025). Reste à chiffrer : Les autres volets (portabilité du prêt, crédit fondé sur le reste à vivre, lutte contre la rétention foncière, fin des enchères sur le foncier public) ont un effet budgétaire faible ou dépendent de paramètres à fixer.

Sources : Cour des comptes, Les finances publiques locales 2026, juillet 2026 ; CAE, tableur des 170 mesures du Focus n° 124, octobre 2025.

6.8 La portabilité obligatoire du prêt immobilier

La portabilité — transférer son crédit existant, à son taux, sur le nouveau bien, en n’empruntant au taux du jour que le complément — existait dans certains contrats français et a été supprimée par les banques. Nous proposons de la rendre obligatoire dans tous les nouveaux contrats de prêt immobilier, et négociable sur le stock existant. Un ménage qui a emprunté à 1,2 % en 2021 et veut passer du trois-pièces au cinq-pièces doit aujourd’hui solder son crédit et réemprunter à plus de 3,5 % : mathématiquement dissuasif.

Chiffrage partiel : La portabilité des droits de mutation lors d’un changement de résidence principale réduirait de 0,5 à 4 Md€ par an les recettes des départements et des communes, selon le plafond retenu (droits de mutation des départements : 11,9 Md€ en 2025). Reste à chiffrer : Les autres volets (portabilité du prêt, crédit fondé sur le reste à vivre, lutte contre la rétention foncière, fin des enchères sur le foncier public) ont un effet budgétaire faible ou dépendent de paramètres à fixer.

Sources : Cour des comptes, Les finances publiques locales 2026, juillet 2026 ; CAE, tableur des 170 mesures du Focus n° 124, octobre 2025.

6.9 Le déclic famille : encourager le passage au grand logement

Nous proposons un crédit d’impôt sur les droits de mutation, déclenché par le passage à un logement plus grand en présence d’enfants — renforcé à partir du deuxième, et amplifié au troisième. L’effondrement de la natalité française (1,56 enfant par femme en 2025, plus bas niveau depuis un siècle) a des causes multiples, mais l’impossibilité d’accéder à un logement familial en fait partie. La République ne doit pas faire payer une taxe aux familles qui s’agrandissent.

Le chiffrage. À établir.

6.10 PTZ recentré sur les vrais primo-accédants modestes piste

« Ces trois mécanismes complètent le PTZ recentré sur les vrais primo-accédants modestes (chapitre 6) et le Bail Réel Solidaire. » La mesure n’est citée que par ce renvoi : le chapitre 6 du rapport ne traite ni du PTZ ni du Bail Réel Solidaire, et aucun développement ne figure ailleurs dans le corpus.

Le chiffrage. À établir.

Rendre la confiance pour fluidifier la location

6.11 Visale+ universel : garantie publique des loyers pour tous les profils

Le dispositif Visale, aujourd’hui limité aux jeunes et aux salariés modestes, devient universel : ouvert à tous les salariés, sans condition d’âge ou de revenu ; intégrant les non-salariés (indépendants, étudiants, retraités, demandeurs d’emploi) via un accord global avec les organismes de sécurité sociale, la CAF, les collectivités locales et les représentants des professions non salariées. Éliminant les discriminations indirectes envers les profils atypiques (CDD, freelances, étudiants, retraités) en supprimant l’examen détaillé des dossiers par les bailleurs ou agences : la garantie publique suffit. L’idée n’est pas neuve : portée par la loi ALUR votée en 2014, elle n’a jamais été mise en œuvre.

Chiffrage : Coût de 1,8 à 4,0 Md€ par an : 1,5 à 3 Md€ pour le prélèvement forfaitaire, 0,3 à 1 Md€ net des recouvrements pour la garantie universelle des loyers (estimation Élysée Conseils).

Sources : Assemblée nationale, rapport d’information n° 1678 sur la fiscalité du patrimoine, 2023 ; SDES, Rapport du compte du logement 2024 ; IGF et IGEDD, Revue des dépenses publiques en faveur du logement social, 2025-2026.

Chiffrage : Coût de 0,3 à 1 Md€ par an net des sommes recouvrées sur les locataires défaillants (même dispositif que le « Visale+ » de la proposition 6.18 « Flat tax foncière à 30 % prélevée à la source », à ne compter qu’une fois).

Sources : SDES, Rapport du compte du logement 2024 ; IGF et IGEDD, Revue des dépenses publiques en faveur du logement social, 2025-2026.

6.12 Modulation territoriale des plafonds et paramètres de Visale+

Modulation territoriale — application du principe de subsidiarité. Les plafonds de loyers garantis et les paramètres du dispositif sont ajustés localement, par les intercommunalités, en fonction de la situation familiale, économique et géographique des ménages : un Visale+ calibré pour Lyon ne peut pas être identique à celui de Guéret. L’État garantit ; le territoire calibre.

Le chiffrage. À établir.

6.13 Bail numérique tripartite (État – locataire – propriétaire)

Un bail numérique tripartite est signé entre le locataire, le propriétaire et l’État (via Visale+). Il garantit au propriétaire le paiement du loyer sans délai ; il sécurise le locataire contre les ruptures arbitraires et garantit la confidentialité de son dossier personnel ; il permet une résiliation automatique dans des conditions prédéfinies en cas de défaut de paiement prolongé. Externalités revendiquées : un recensement permanent et automatisé de la population, une relance maîtrisée de la fiscalité locale, un accompagnement social proactif et ciblé, une traçabilité des rénovations.

Le chiffrage. À établir.

6.14 Versement des loyers via le Trésor Public

Le Trésor Public prélève directement le loyer auprès du locataire, en tenant compte des revenus, des aides (APL, CAF…) et des modalités de versement du salaire. Le propriétaire reçoit le loyer net, minoré d’une fiscalité à la source, et un versement mensuel garanti, ou fractionné (hebdomadaire, bi-hebdomadaire) si le locataire perçoit un salaire versé en plusieurs fois ; si le propriétaire a besoin du loyer intégral en début de mois, l’État joue le rôle d’amortisseur en avançant le solde. S’y ajoute l’intervention directe des services d’assistance de l’État (CAF, services sociaux, France Travail) en cas de difficulté de paiement — avant que la situation ne dégénère.

Le chiffrage. À établir.

6.15 Suppression de la caution de départ, caution travaux constituée progressivement

La caution de départ est supprimée : une caution travaux de remise en état se constitue progressivement dans le temps, jusqu’à trois loyers après dix ans, utilisable pour la remise en état si besoin — sinon restituée au locataire. L’annexe 2 la présente comme réponse aux peurs et risques perçus : location sans caution de départ, avec caution travaux constituée progressivement (trois loyers en dix ans), utilisable pour la remise en état ou restituée au locataire. L’encadré de conclusion du chapitre 2 la retient sous la forme caution constituée progressivement.

Le chiffrage. Constat associé en annexe 2 : « La garantie loyers impayés privée (GLI) n’a jamais décollé : un marché de 300 à 350 M€ de primes, trop petit pour intéresser les grands assureurs. »

6.16 Faciliter les baux courts et la récupération de l’usage personnel piste

« Faciliter les baux courts et améliorer la récupération de l’usage personnel sur bail mobilité ou meublé ; résiliation automatique prédéfinie du bail tripartite en cas de défaut prolongé. » Réponse apportée au motif de vacance « usage futur » : des logements gardés vacants « au cas où » pour les enfants ou les proches — notamment parce que récupérer un logement loué prend aujourd’hui jusqu’à 24 mois (procédure, trêve hivernale, recours).

Le chiffrage. À établir.

6.17 La location mixte : étudiante l’année universitaire, saisonnière l’été

La location mixte : permettre, dans les villes universitaires et touristiques, de louer un logement meublé à un étudiant pendant l’année universitaire et en meublé de tourisme l’été, sur le modèle expérimenté localement à Nice. Réponse au motif de vacance « logements saisonniers » : des biens utilisés uniquement en résidence secondaire ou en location touristique, vacants hors saison.

Le chiffrage. À établir.

Cesser de punir ce qui loge

6.18 Flat tax foncière à 30 % prélevée à la source

L’instauration d’un prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur les revenus fonciers, couplée au versement des loyers par le Trésor Public (via la garantie Visale+), constituerait une révolution silencieuse mais salutaire : sécurisation des revenus pour les propriétaires, collecte facilitée et moins coûteuse pour l’administration fiscale, simplification drastique des démarches pour les bailleurs. Le bailleur connaît son rendement net au moment où il signe : plus de mauvaise surprise fiscale, plus de déclaration complexe. Aujourd’hui : barème de l’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux.

Chiffrage : Coût de 1,8 à 4,0 Md€ par an : 1,5 à 3 Md€ pour le prélèvement forfaitaire, 0,3 à 1 Md€ net des recouvrements pour la garantie universelle des loyers (estimation Élysée Conseils).

Sources : Assemblée nationale, rapport d’information n° 1678 sur la fiscalité du patrimoine, 2023 ; SDES, Rapport du compte du logement 2024 ; IGF et IGEDD, Revue des dépenses publiques en faveur du logement social, 2025-2026.

6.19 Sortir les biens loués de l’IFI et relever le seuil à 3 millions d’euros

L’Impôt sur la Fortune Immobilière, instauré pour taxer les actifs improductifs, ne saurait s’appliquer aux biens loués, qui remplissent une fonction économique et sociale décisive : loger les Français. Nos propositions : sortir les biens loués de l’assiette de l’IFI — reconnaissance du rôle social du bailleur, stimulation directe de l’offre locative ; relever le seuil de déclenchement à 3 millions d’euros de patrimoine immobilier net (contre 1,3 M€ aujourd’hui). On ne loge pas dans un portefeuille d’actions.

Le chiffrage. « L’IFI rapporte environ 2,3 milliards d’euros par an à l’État (2,29 Md€ en 2024, en hausse constante). »

6.20 IFI productif : le Fonds France Productive

Réduction d’IFI de 75 % pour les sommes investies dans des fonds publics millésimés gérés par la BPI et la Caisse des Dépôts, bloqués 5 à 8 ans, disponibles dans les contrats d’assurance-vie ou PEA, et fléchés vers : les PME françaises en croissance, la réindustrialisation (semi-conducteurs, défense, santé, souveraineté), la transition énergétique. Rendement plancher garanti (2-3 %) pour sécuriser les épargnants âgés. Le précédent est la réduction d’ISF pour investissement dans les PME, créée par la loi du 21 août 2007.

Chiffrage : Coût de 1,4 à 2,5 Md€ par an : 1,4 à 2,0 Md€ sur la base du rendement de l’IFI en 2025 (2,3 Md€), 1,8 à 2,5 Md€ sur la base de la prévision du PLF 2027 (3,08 Md€). La mesure absorbe la plus grande partie du rendement de l’IFI (estimation Élysée Conseils).

Sources : Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, octobre 2026 ; Assemblée nationale, rapport d’information n° 1678 sur la fiscalité du patrimoine, 2023.

6.21 Exonération des loyers de l’ancienne résidence principale (mobilité)

Exonération totale d’imposition des revenus fonciers — impôt sur le revenu et prélèvements sociaux — sur les loyers tirés de la location de l’ancienne résidence principale, lorsque le ménage prend lui-même en location sa nouvelle résidence principale pour un motif professionnel. Un critère objectif et difficile à contourner : le changement de zone d’emploi au sens de l’INSEE, plutôt qu’un seuil kilométrique arbitraire. Un plafond symétrique : l’exonération est plafonnée à 110 % du loyer effectivement acquitté dans la ville d’arrivée. Une exonération pleine, puis dégressive : cinq ans à taux plein, puis une dégressivité linéaire jusqu’à la dixième année, avec extinction à l’achat, fenêtre de plus-value alignée (article 150 U du CGI) et garde-fou de six mois d’activité minimum.

Le chiffrage. « Le manque à gagner théorique est de l’ordre de 500 millions d’euros par an en régime de croisière — hypothèse volontairement haute, puisqu’elle suppose que tous ces logements auraient été loués sans le dispositif, ce qui est précisément faux. » « Elle ne fait sortir aucun euro du budget de l’État. »

Redonner la main aux territoires

6.22 Un principe transversal : la subsidiarité

Subsidiarité : transférer aux territoires les décisions que l’État central prend mal — zonages, priorités de construction, modulation des dispositifs. « L’État fixe le cadre et les garanties ; communes, intercommunalités et régions ajustent plafonds, zonages, priorités de construction et permis de louer. » C’est l’illustration la plus criante du besoin de subsidiarité : on ne pilote pas 35 000 communes depuis un ministère.

Le chiffrage. À établir.

6.23 Une contribution résidentielle universelle

La suppression de la taxe d’habitation, populaire à court terme, a désorganisé l’économie locale et rompu le lien fiscal entre le citoyen et sa commune. Nous proposons une contribution locale rénovée : une contribution résidentielle universelle, assise sur l’occupation du logement, modulée selon les revenus et la valeur locative du bien ; un taux délibéré localement par les conseils municipaux, dans un cadre national de plafonnement ; un mécanisme de péréquation pour éviter les inégalités excessives, avec dotation compensatoire ciblée sur les zones rurales et les communes sous tension.

Le chiffrage. Ordre de grandeur donné en annexe 1 au titre des arguments avancés par les partisans d’un retour de la taxe d’habitation, non comme chiffrage du rapport : « la réintroduction d’une contribution résidentielle pourrait rapporter jusqu’à 20 milliards d’euros par an ».

6.24 Valoriser le rôle d’aménageur des maires (dotations, fonds ZAN, bonus)

Nous proposons de majorer les dotations d’équipement (DSIL, DETR…) pour les communes qui atteignent un objectif minimal de délivrance de permis, adapté à leur taille ; de créer un fonds de compensation ZAN, abondé par l’État, finançant renaturation, requalification de friches et infrastructures durables nécessaires à la densification ; d’attribuer un bonus fiscal ou budgétaire aux communes réalisant une densification douce (petits immeubles, jardins partagés, écoquartiers à taille humaine), et non des barres anonymes ou des tours spéculatives. Les élus locaux doivent être considérés comme des stratèges de l’aménagement, non comme de simples guichetiers de la densité.

Le chiffrage. À établir.

6.25 Pour un ZAN intelligent et un crédit carbone foncier

Le ZAN doit devenir un outil de régulation qualitative, et non un interdit rigide : différencier les formes d’artificialisation (zone humide, parking, friche urbaine…) dans les calculs réglementaires ; exclure les constructions vertueuses à haute densité environnementale (toits végétalisés, bâtiments à énergie positive) du quota ZAN, sous conditions de performances climatiques ; mettre en place un crédit carbone foncier, permettant à une commune de compenser l’artificialisation autorisée par des projets de désimperméabilisation sur d’autres secteurs. La gestion du quota et des compensations est confiée à l’échelon intercommunal et régional, sous contrôle de légalité.

Le chiffrage. À établir.

6.26 Revaloriser le logement communal sur le modèle viennois

Nous proposons de refonder le rôle des communes comme actrices propriétaires du parc résidentiel : renforcer la capacité d’accueil des territoires, en logeant directement des familles aux profils variés (classes moyennes, jeunes actifs, seniors autonomes) ; sécuriser une ressource budgétaire stable et peu inflationniste pour les collectivités, via des loyers encadrés mais réguliers. Pour cela, il est nécessaire de libérer les communes du carcan exclusif du logement social, en leur permettant de gérer des logements ordinaires dans le cadre d’un conventionnement locatif sécurisé, et d’associer les bailleurs sociaux à la gestion quotidienne, en intégrant les garanties publiques (Visale+).

Le chiffrage. Référence viennoise : « La capitale autrichienne possède et gère en direct environ 220 000 logements, auxquels s’ajoutent quelque 200 000 logements gérés par des bailleurs à but non lucratif : environ 60 % de la population vit dans un logement social ou subventionné. »

6.27 La SCPI publique territoriale adossée à l’épargne populaire

Chaque épargnant place son épargne dans une structure transparente, gérée par un opérateur public ou semi-public (Banque des Territoires, Caisse des Dépôts) ; cette SCPI acquiert ou finance des logements communaux partout en France, avec un objectif de rendement stable, socialement responsable et géographiquement diversifié ; l’épargnant perçoit une part des revenus locatifs sous forme de dividendes, et peut retirer son capital à tout moment pour un projet immobilier personnel. Les communes seraient incitées à acheter directement les logements construits sur leur territoire par cette SCPI, ou à co-investir dans la structure.

Le chiffrage. « Le Livret A, le LDDS et le Plan d’Épargne Logement représentent ensemble plus de 600 milliards d’euros d’encours, dont une partie seulement finance réellement la production de logements. Une fraction de cette épargne, fléchée vers une SCPI publique territoriale, suffirait à reconstituer un patrimoine communal locatif significatif. »

6.28 Une loi SRU modulée selon la tension du marché piste

« Une construction sociale maintenue au rythme actuel pendant la transition, et une loi SRU (solidarité et renouvellement urbains) modulée selon la tension du marché. » La mesure figure dans l’encadré PROJET 2027 de l’état des lieux et dans son tableau récapitulatif (« Territoires : subsidiarité ; contribution résidentielle ; SPPI régionale ; loi SRU modulée ; permis de louer ciblé »).

Le chiffrage. À établir.

Rendre liquide la pierre

6.29 Créer un Crédit foncier national d’amorçage

Nous proposons de créer un Crédit foncier national, établissement public de crédit hypothécaire rattaché à la Caisse des Dépôts et refinancé par l’épargne du Livret A. Sa vocation est d’amorcer le marché, pas de s’y substituer durablement. Qui ? Tout propriétaire de 60 ans ou plus. Quels biens ? Tous les biens immobiliers, y compris les terrains. Quel taux ? Le taux du Livret A, majoré d’une marge réduite couvrant la collecte et la gestion, soit de l’ordre de 2,3 à 2,5 % aujourd’hui, contre plus de 6 % sur le marché actuel. Quelle valeur de référence ? La valeur indexée du bien : prix d’achat revalorisé de l’inflation, augmenté des travaux, et plafonnée à la valeur de marché. Quel usage ? Libre. Quelle protection ? Une dette jamais supérieure à la valeur du bien, un remboursement anticipé libre et sans pénalité, un conseil notarial obligatoire, une expertise indépendante et un délai de réflexion.

Le chiffrage. « Sur environ 700 milliards d’euros d’épargne réglementée, 406,5 milliards sont centralisés à la Caisse des Dépôts, dont 203,3 milliards placés en actifs financiers… Une tranche plafonnée, par exemple 10 % de ce portefeuille, soit environ 20 milliards d’euros, permettrait de prêter en moyenne 100 000 euros à 200 000 familles, sans toucher à la liquidité des livrets. »

6.30 À la succession, trois voies au choix des héritiers

Vendre librement le bien, rembourser le prêt et conserver la différence, y compris une éventuelle plus-value de marché. Garder le bien et reprendre le prêt, transformé en crédit classique amortissable à taux préférentiel au nom de l’héritier. Remettre le bien à la société publique de placement immobilier de leur région, qui le rachète à sa valeur indexée, dette déduite, sans frais d’agence ni délai — le logement rejoint alors le parc public et peut être loué à un ménage accompagné. Cette voie reste une option, jamais une obligation.

Le chiffrage. Exemple du rapport : « Un couple de 72 ans vit dans une maison dont la valeur indexée est de 300 000 €. Le barème lui ouvre 35 %, soit 105 000 €… Quinze ans plus tard, à 2,4 %, la dette atteint environ 150 000 €, soit la moitié de la valeur du bien. Au taux actuel du marché, elle aurait atteint 260 000 €. »

6.31 Un opérateur à construire pour le Crédit foncier national piste

La gestion du Crédit foncier national pourrait être confiée, pour le compte de l’État, à un groupe bancaire disposant de l’expérience du crédit hypothécaire. Le groupe des Caisses d’Épargne, qui a repris l’ancien Crédit Foncier de France, est un interlocuteur naturel. La distribution serait ouverte à tous les réseaux bancaires conventionnés, comme pour le prêt à taux zéro. Le choix du gestionnaire devra respecter les règles de la commande publique et du droit européen de la concurrence.

Le chiffrage. À établir.

Réformer en profondeur le logement social

6.32 Le ménage accompagné : l’aide suit le ménage, non le bâti

Nous proposons de substituer à la notion de logement social celle de ménage accompagné, afin de fonder une politique orientée non sur les murs (PLAI, PLUS, PLS, PLI), mais sur les personnes. À la place d’un parc social figé, un complément de loyer ciblé, attribué selon la situation réelle des ménages : revenus, composition familiale, handicap, perspectives de mobilité, projet familial. L’État garantit l’accès au logement dans le parc diffus (privé) en assurant au propriétaire le versement intégral du loyer, via Visale+ renforcé et universalisé. Ce basculement ouvre au ménage accompagné la quasi-totalité du parc français de 38,5 millions de logements — au lieu de le cantonner aux 5,4 millions de logements estampillés « sociaux ».

Chiffrage partiel : Coût net de 0,6 à 5,7 Md€ par an en régime de croisière selon le niveau de l’aide modulée (hors garantie des loyers, chiffrée en 6.18 « Flat tax foncière à 30 % prélevée à la source »). Base : l’avantage de loyer du parc social est estimé à 13,1 Md€ par an. Reste à chiffrer : Le barème de l’aide modulée et la règle de récupération de la créance de l’État restent à fixer.

Sources : IGF et IGEDD, Revue des dépenses publiques en faveur du logement social, 2025-2026 ; SDES, Rapport du compte du logement 2024.

6.33 Complément de loyer dégressif, sans effet de seuil, et accompagnement

Une gestion unifiée par le Trésor Public : le loyer est prélevé chaque mois auprès du locataire ; si celui-ci perd son emploi, l’assurance chômage prend le relais ; les aides sociales (CAF, aides locales) sont intégrées automatiquement. Un complément dégressif : le complément de loyer décroît progressivement et linéairement avec l’évolution des revenus du ménage ; le retour à l’autonomie ne crée aucun effet de seuil. Un accompagnement pluridisciplinaire : un référent social (petite enfance, isolement, violences conjugales…), un conseiller France Travail (emploi, formation), un conseiller logement.

Le chiffrage. Exemple du rapport : « Une famille modeste… souhaite louer un appartement à 1 500 € à Lyon. Elle peut assumer 900 €. L’État abonde — aides au logement, allocations familiales — garantit les 1 500 € et les verse directement au propriétaire. »

6.34 Conserver un parc social résiduel ciblé et mettre fin au logement social à vie

Ce modèle permettrait de réduire progressivement la part du logement social en dur, tout en préservant un socle résiduel indispensable : publics en grande précarité, personnes sans domicile fixe en attente de stabilisation, situations d’urgence (sorties de violences, mineurs isolés…). Objectif : ramener sa part de 17 % à 8 à 10 % du parc en dix à quinze ans, puis à une fourchette de 5 à 10 % à terme, à mesure que davantage de Français deviennent propriétaires, notamment en achetant le logement qu’ils occupent. Cette approche supprime l’effet pervers du logement social à vie.

Le chiffrage. Mécanisme de réduction indiqué dans l’encadré de conclusion du chapitre : « par la vente aux occupants et la croissance du parc ». Aucun chiffrage budgétaire.

6.35 Un parc social qui respire : conventions de 15 à 20 ans, puis sortie du statut piste

« Un parc social qui respire : conventions de 15 à 20 ans, puis sortie du statut ; option d’achat pour le locataire dès l’origine ; vente progressive des logements amortis (hors grands ensembles). À terme, environ 5 % du parc reste dédié aux 5 % de ménages les plus défavorisés. » Le rapport de propositions renvoie, sans les détailler, à la « limitation dans le temps du statut social des logements » (note de bas de page : changement de statut possible après 40 à 50 ans selon le Conseil d’analyse économique ; rapport Yché de juin 2024, critique du conventionnement « à perpétuité »).

Chiffrage partiel : Gain de 0,3 à 1,5 Md€ par an pour les finances publiques (prélèvement à la sortie du statut, impôt sur les plus-values, loyers selon les revenus) ; le produit des ventes (2,5 à 4,2 Md€ par an) revient aux bailleurs. Reste à chiffrer : Le taux du prélèvement à la sortie du statut et le calendrier des ventes restent à fixer.

Sources : IGF et IGEDD, Revue des dépenses publiques en faveur du logement social, 2025-2026.

La transition énergétique et le logement

6.36 Un DPE dynamique, fondé sur la réalité climatique et carbone

Aujourd’hui, le DPE applique presque les mêmes règles à toutes les communes de France : une limite d’altitude à 800 m et trois zones climatiques (H1, H2, H3). Nous proposons : un coefficient de chauffage et de climatisation calculé finement par Météo-France, commune par commune, avec perspectives à 10 et 20 ans ; une mise à jour annuelle automatique — le mapping climatique est révisé chaque année, et le DPE recalculé automatiquement puisque stocké à l’ADEME, sans nouveau diagnostic payant pour le propriétaire ; l’intégration aux outils publics, à l’outil de gestion des biens immobiliers de Bercy et à la base Visale+.

Le chiffrage. Justification carbone : « l’électricité française est parmi les plus décarbonées au monde : environ 21,7 gCO₂eq par kilowattheure produit en 2024 — contre près de 300 à 330 g/kWh chez certains de nos voisins ».

6.37 Le droit individuel à la déconnexion énergétique

Tout copropriétaire peut, par simple courrier recommandé, notifier sa volonté de se déconnecter du système collectif de chauffage ou d’eau chaude alimenté par des énergies fossiles (gaz, fioul). Effet immédiat, sans vote à l’unanimité. Verrou levé : « l’unanimité des copropriétaires en assemblée générale est requise ». Ce droit nouveau produirait un effet d’entraînement vertueux et encouragerait la sobriété — l’individualisation des charges crée une incitation directe à modérer sa consommation.

Le chiffrage. Témoignage de terrain cité : « la rénovation énergétique de deux appartements en copropriété, avec le soutien de l’ANAH (environ 30 000 euros de travaux par logement) » ; le locataire « subit des charges trois fois plus élevées que celles d’une pompe à chaleur ».

6.38 MaPrimeRénov’ : recentrer, objectifs de performance, stabilité sur cinq ans

Recentrer MaPrimeRénov’ sur les passoires thermiques fossiles : concentrer les aides sur les logements classés F et G chauffés aux énergies fossiles, fioul en priorité absolue. Libérer l’innovation par des objectifs de performance : fixer des objectifs de résultat (par exemple une résistance thermique R ≥ 5 pour l’isolation des murs) et laisser aux professionnels le choix des solutions techniques. Garantir la stabilité pluriannuelle : une enveloppe et des règles fixées pour cinq ans, sanctuarisées, avec contrôle anti-fraude renforcé en amont plutôt que suspensions générales en aval qui punissent les honnêtes pour les fraudeurs.

Le chiffrage. « Le budget 2026 s’élève à 3,6 milliards d’euros pour un objectif de 120 000 rénovations d’ampleur et 150 000 rénovations par geste. » Repères : 15,0 Md€ d’aides accordées depuis 2020 pour 40,9 Md€ de travaux ; aide moyenne d’une rénovation d’ampleur 38 918 €.

6.39 MaPrimeRénov’ transformée en crédits d’impôt pour les bailleurs piste

« MaprimeRénov transformée en crédits d’impôt Pour les bailleurs, ce qui permet d’étaler l’effort financier de l’État dans le temps. » La mesure répond au constat du chapitre 5 : « au premier semestre 2025, les propriétaires bailleurs ne représentaient qu’environ 4 % des logements rénovés avec MaPrimeRénov’ ».

Le chiffrage. À établir.

Le logement neuf — bâtir la France de demain, autrement

6.40 Revitaliser les villes moyennes par un plan décennal territorial

Nous proposons de réorienter une partie de la politique de construction neuve vers ces villes intermédiaires, dans le cadre d’un plan décennal de revitalisation et de réindustrialisation territoriale : développement d’infrastructures ferroviaires et numériques ; implantation d’activités économiques décentralisées (industrie, services publics, formations) ; coordination étroite entre régions, intercommunalités et État. Il répond aussi à la vacance des zones détendues : un logement vide dans la Creuse ne se remplit pas par décret, mais par l’activité économique qui revient.

Le chiffrage. Constat : 274 611 logements mis en chantier en 2025 contre 437 800 en 2017, pour un besoin estimé entre 400 000 et 450 000 par an — « la production couvre à peine 60 % des besoins ».

6.41 Repenser les normes de construction (SHON, balcons, terrasses, modularité)

La réglementation actuelle bride trop souvent l’innovation architecturale et la qualité d’usage. Nous proposons d’augmenter la surface de plancher admissible (logique SHON rénovée), notamment pour les logements bénéficiant d’aménagements extérieurs ; de revoir les coefficients de pondération des balcons, terrasses et loggias, afin de favoriser les espaces de transition entre intérieur et extérieur — essentiels pour la santé mentale, le confort climatique (épisodes caniculaires) et la convivialité ; d’encourager la modularité et l’adaptabilité des logements. Nous devons sortir de l’urbanisme de la densité contrainte pour entrer dans celui de la densité choisie.

Le chiffrage. À établir.

6.42 Supprimer la TVA sur la valeur du terrain dans les opérations neuves

Sur les constructions neuves, le taux normal de 20 % de TVA s’applique aujourd’hui à l’ensemble des postes, y compris au foncier lorsque le terrain est vendu dans une opération soumise à TVA. Cette taxation renchérit mécaniquement le coût d’acquisition et réduit la solvabilité des ménages, sans améliorer la qualité du bâti. Nous proposons de supprimer la TVA sur la valeur du terrain (ou, à défaut, d’appliquer un taux réduit), afin de faire baisser immédiatement le prix de sortie des logements neufs, de fluidifier l’accession et de relancer l’offre dans les zones tendues. Cette mesure s’articule avec la fiscalité anti-rétention du chapitre 1 : le terrain coûte moins cher à bâtir, plus cher à thésauriser.

Le chiffrage. À établir.

6.43 Un ZAN qualitatif : petits ensembles, surfaces partagées, dés-artificialisation

Le principe du ZAN, légitime dans ses objectifs, doit être réinterprété à l’aune des réalités locales et du bon sens paysager. Nous proposons de privilégier les petits ensembles de 3 à 4 étages, limitant l’impact visuel et facilitant l’intégration paysagère ; d’encourager les grandes surfaces extérieures partagées (jardins collectifs, potagers urbains, placettes arborées), vecteurs de lien social et de résilience climatique ; d’inciter à la dés-artificialisation partielle (parkings transformés en parcs, cours végétalisées, toitures productives) comme levier de compensation.

Le chiffrage. À établir.

Pour un permis de louer efficace, mais libéré de la lourdeur kafkaïenne

6.44 Permis de louer ciblé, valable cinq ans, accord tacite à quinze jours

Nous sommes favorables au maintien de ce permis, à condition de réorienter profondément son fonctionnement. Réserver le dépôt obligatoire de demande d’autorisation aux cas problématiques signalés par : les locataires eux-mêmes (via une application ou le portail Visale+), les syndics de copropriété, ou les signalements administratifs (CAF, services sociaux, mairies). Nous proposons une validité de 5 à 7 ans, sauf changement substantiel dans le bien ou signalement officiel. Un portail unique intercommunal, avec réponse sous 15 jours ouvrés maximum ; passé ce délai, l’accord est tacitement acquis. Accompagner plutôt que sanctionner : ingénierie gratuite, avances remboursables pour les travaux, soutien dans la constitution du dossier.

Le chiffrage. Résultats du dispositif actuel cités à l’appui : « À Mantes-la-Jolie, environ 480 logements sont rénovés chaque année… À Rouen, près de 10 % des demandes sont refusées. » Aucun chiffrage du coût de l’accompagnement.

Chantiers annoncés, non encore rédigés

6.45 Sans-domicile : statistique publique annuelle et sortie de la gestion hôtelière piste

« En construction : une statistique publique annuelle et fiable des personnes sans domicile, et la sortie progressive de la gestion hôtelière au profit du logement accompagné, en lien avec le ménage accompagné. Nos propositions détaillées seront élaborées avec les associations et les services de l’État. » Cible affichée au tableau de bord : 350 000 personnes sans domicile, « recensement annuel puis baisse ».

Le chiffrage. À établir.

6.46 Outre-mer : propositions à élaborer avec les territoires piste

En construction : nos propositions ultramarines seront élaborées avec les élus, les bailleurs et les associations de chaque territoire, dans l’esprit de subsidiarité qui guide l’ensemble du Projet 2027. Constat associé : Dans l’Hexagone, moins de deux logements sur cent sont indignes. À Mayotte, six sur dix. Tableau de bord : ≈ 150 000 logements indignes outre-mer, cible à définir avec les territoires.

Le chiffrage. À établir.

6.47 Les 120 premiers jours : séquence législative proposée piste

« Jour 1 à 30 : annonce du cap « bien d’usage » ; lancement de la concertation avec bailleurs, professionnels, associations et élus ; mission de préfiguration de la SPPI régionale. Jour 30 à 60 : loi de finances rectificative — flat tax foncière, biens loués hors IFI, exonération liée à la mobilité professionnelle. Jour 60 à 90 : extension de la garantie Visale vers une garantie universelle des loyers ; stabilisation pluriannuelle de MaPrimeRénov’. Jour 90 à 120 : dépôt du projet de loi « Logement, bien d’usage » — plus-values, foncier, crédit protecteur, ménage accompagné, subsidiarité. »

Le chiffrage. À établir.

Propositions issues des articles, hors rapport 2026

6.48 Des procédures judiciaires accélérées en cas d’impayés caractérisés piste

« Des procédures judiciaires accélérées en cas d’impayés caractérisés. La sécurisation juridique du bailleur de bonne foi, condition première du retour de l’offre. » Les deux mesures figurent dans le deuxième pilier de l’article 1218 (« Libérer la location nue d’une fiscalité confiscatoire »), aux côtés de la sortie de l’IFI et du forfait fiscal simplifié.

Le chiffrage. À établir.

6.49 Doubler la production de logement intermédiaire piste

« Doubler la production de logement intermédiaire — ce maillon manquant entre le social et le marché libre, réservé aux travailleurs. » Mesure du troisième pilier de l’article 1218 (« Relancer massivement l’offre »).

Le chiffrage. À établir.

6.50 Rattraper le retard en logement étudiant et jeunes actifs piste

« Rattraper le retard en logement étudiant et jeunes actifs : il manque environ cent mille places dans chacune de ces catégories, un goulet d’étranglement majeur pour l’emploi et la mobilité sociale. » L’état des lieux donne un repère convergent : 240 000 places sociales étudiantes, cible « à définir en concertation ».

Le chiffrage. « Il manque environ cent mille places dans chacune de ces catégories. »

6.51 Simplifier radicalement les normes de construction piste

« Simplifier radicalement les normes de construction, à l’image de ce qu’engagent l’Allemagne et les États-Unis. Nous savons produire des logements à énergie positive ; encore faut-il que le mille-feuille réglementaire cesse de rendre chaque chantier économiquement impossible. » L’article 1067 ajoute : « La baisse des coûts ne viendra pas de la hauteur. Elle viendra de la simplification des normes et de la duplication de procédés de fabrication éprouvés. C’est un levier industriel, pas architectural. »

Le chiffrage. « + 20 % de surcoût de construction pour économiser quelques kilowattheures qui, dans un pays à électricité largement décarbonée, n’ont quasiment aucun impact sur les émissions nationales. » (article 1067)

6.52 Réévaluation systématique de l’éligibilité au logement social piste

« Remettre à plat le logement social, qui doit redevenir un dispositif de transition et non un logement à vie, avec une réévaluation systématique de l’éligibilité. » Et : « Le dévoiement d’une partie du parc social — sous-locations touristiques, occupations sans lien avec le bassin d’emploi — scandalise à juste titre les Français qui travaillent et ne parviennent pas à se loger. On ne le dénonce jamais par crainte de la polémique. Il faut y remettre de l’ordre. »

Le chiffrage. À établir.

6.53 La hauteur comme exception, pas comme règle

La hauteur comme exception, pas comme règle. Elle peut être une solution ponctuelle pour libérer de l’espace au sol ou rénover un îlot. Elle ne peut pas constituer une politique nationale du logement. L’article ajoute : Plus on concentre les populations dans des mégalopoles verticales, plus on crée des systèmes fragiles — dépendants de flux massifs d’énergie, d’eau et de nourriture venant de l’extérieur, et défend un avenir polycentrique .

Le chiffrage. À établir.

6.54 Surtaxer les acquisitions résidentielles des grands investisseurs financiers

Une surtaxe de 15 à 25 % sur les acquisitions réalisées par des fonds, SCPI ou OPCI freinerait la financiarisation du parc. Les organismes HLM, coopératives et petites SCI familiales seraient protégés. Un statut de « bailleur d’intérêt général » pourrait offrir un régime préférentiel en contrepartie de loyers modérés et d’engagements de durée.

Chiffrage : Recette de 0,1 à 0,75 Md€ par an une fois pris en compte le recul attendu des achats des investisseurs (0,4 à 1,1 Md€ à volumes inchangés). Estimation Élysée Conseils sur les volumes d’investissement résidentiel de 2025.

Sources : Cushman &amp ; Wakefield, Investissement résidentiel en France, 4e trimestre 2025 (source privée) ; IGF et IGEDD, Revue des dépenses publiques en faveur du logement social, 2025-2026.

6.55 Rendre progressive la fiscalité des multipropriétaires

Au-delà de deux logements détenus par un particulier, la fiscalité progresserait avec le nombre de biens. L’objectif n’est pas de pénaliser le bailleur utile, mais de renchérir l’accumulation patrimoniale qui évince les primo-accédants et détourne l’épargne de l’investissement productif.

Le chiffrage. À établir.

6.56 Mettre fin aux dispositifs Pinel et construire directement

Les niches de type Pinel seraient supprimées sans dispositif successeur. Les moyens libérés financeraient la construction publique directe sur le modèle viennois, complétée par le bail réel solidaire et un prêt à taux zéro recentré sur les primo-accédants.

Chiffrage partiel : La réduction d’impôt Pinel, fermée aux nouveaux investissements depuis fin 2024, coûte encore 1,35 Md€ en 2026 et s’éteint d’ici 2038 : cette économie est déjà engagée. Construction publique directe : environ 1,85 Md€ d’investissement par tranche de 10 000 logements par an. Reste à chiffrer : Le coût de son successeur, le dispositif « Jeanbrun » créé en 2026, et celui du PTZ recentré seront connus avec les annexes du PLF 2027 ; les volumes de construction et de bail réel solidaire restent à fixer.

Sources : Cour des comptes, L’aide fiscale à l’investissement locatif Pinel, septembre 2024 ; Évaluation des voies et moyens, tome II (dépenses fiscales), annexe au PLF 2026 ; Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, octobre 2026.

07
Société et vivre-ensemble

Solidarités et pauvreté

08
Société et vivre-ensemble

Cadre de vie et tranquillité

09
Société et vivre-ensemble

Consommateurs et services du quotidien

Les technologies simplifient la souscription mais compliquent encore trop souvent la sortie d’un contrat ou l’accès à une preuve. Nous proposons d’étendre des droits existants avec des mécanismes simples, automatiques et opposables.

9.1 Garantir la résiliation en un clic

Une confirmation par SMS ou courriel suffirait pour résilier, sans davantage d’étapes que lors de la souscription. Les interfaces destinées à retenir artificiellement l’abonné seraient interdites, la reconduction tacite exigerait un consentement actif et les sanctions pourraient atteindre 4 % du chiffre d’affaires avec publication.

Le chiffrage. À établir.

9.2 Restituer automatiquement les appels enregistrés

Lorsqu’une entreprise enregistre un appel, une copie serait automatiquement remise au consommateur par lien SMS ou courriel, téléchargeable pendant sept jours. Un double enregistrement, associé à un hachage cryptographique et un horodatage, garantirait l’intégrité et la valeur probante du fichier.

Le chiffrage. À établir.

9.3 Permettre au consommateur de déclencher l’enregistrement

Un troisième droit est proposé à la concertation : permettre au consommateur d’enregistrer lui-même ses échanges avec un opérateur. L’objectif est de constituer une preuve utile en cas de médiation, dans le respect du cadre juridique et avec une information claire des deux parties.

Le chiffrage. À établir.

10
Climat, biodiversité, agriculture et énergie

Énergie : électricité, nucléaire, renouvelables

L’énergie est d’abord une contrainte physique. Notre approche reprend la méthode du Shift Project : planifier les transformations à partir des flux d’énergie, de matières et d’emplois, puis vérifier que les objectifs sont compatibles entre eux.

« La stabilité des règles est elle-même une politique énergétique. »
10.1 Suspendre l’adoption de la PPE 3 et confier à la Cour des comptes un audit

Suspendre l’adoption de la PPE 3 et confier à la Cour des comptes un audit de cohérence chiffrée. Le document sera réécrit sur la base d’un jeu de chiffres unique, vérifié et publié en données ouvertes. L’Académie estime nécessaire de procéder à une vérification et une correction exhaustives de l’ensemble des chiffres, suivies d’une réécriture garantissant la cohérence du document.

Le chiffrage. Coût budgétaire nul ; délai : six mois.

10.2 Faire voter la programmation énergétique par le Parlement

Faire voter la programmation énergétique par le Parlement. La loi de programmation énergie-climat, prévue par le code de l’énergie et repoussée depuis 2023, sera présentée dès la première session. Une politique qui engage la nation sur quinze ans ne peut plus être fixée par décret. C’est le sens d’une loi de programmation énergie-climat véritablement engageante : votée par le Parlement, chiffrée, assortie d’un calendrier de mise en service et d’une clause de rendez-vous, et non révisable au gré des arbitrages de fin d’exercice.

Le chiffrage. À établir.

10.3 Instaurer une clause d’indexation des volumes renouvelables sur la demande

Instaurer une clause d’indexation des volumes renouvelables sur la demande constatée. Les volumes d’appels d’offres éolien et solaire de l’année N+2 seront calés sur la consommation électrique observée en année N, publiée par RTE. Mécanisme symétrique : accélération automatique si la demande dépasse la trajectoire, ralentissement si elle reste en deçà. Notre doctrine tient en une phrase : la France pilote sa demande, et indexe le rythme de déploiement de sa production sur la demande réellement constatée.

Le chiffrage. Référence du constat : la PPE 3 prévoit de porter l’éolien et le solaire de 73 TWh en 2023 à 254-274 TWh en 2035, portant la part non pilotable à près de 40 % ; excédent d’offre de plus de 100 TWh en 2035 selon l’Académie des sciences.

Comment savoir si c’est raté. « C’est précisément l’objet du mécanisme de cliquet. Il est symétrique : si la consommation constatée dépasse la trajectoire, les volumes d’appels d’offres sont relevés automatiquement, sans nouvelle décision politique. »

10.4 Rendre obligatoire l’analyse en coût complet système

Rendre obligatoire l’analyse en coût complet système. Reprenant la proposition du Haut-Commissaire à l’Énergie atomique, soutenue par l’Académie des sciences, tout scénario de programmation devra être accompagné du chiffrage de son coût complet — production, réseaux, stockage, flexibilités — et comparé à au moins deux scénarios alternatifs. Ce travail, soutenu par le Haut-Commissaire à l’énergie atomique, n’est aujourd’hui pas fait.

Le chiffrage. Élément de référence : coût complet du parc existant à 60,3 €/MWh (Cour des comptes, juillet 2026) ; investissements de réseau de 16 Md€ pour Enedis et 4,2 Md€ pour RTE.

10.5 Ériger la maîtrise de la demande en objectif contraignant

Ériger la maîtrise de la demande en objectif contraignant, avec une cible de 130 TWh évités en 2050. Déclinée en objectifs sectoriels opposables : rénovation des logements, report modal, fret ferroviaire, efficacité industrielle. Financement par redéploiement des soutiens actuels aux surcapacités de production. La maîtrise de la demande cesse d’être une variable d’ajustement pour devenir un objectif contraignant, doté d’indicateurs et de moyens, au même rang que les objectifs de production.

Le chiffrage. 130 TWh évités en 2050, « l’équivalent en production annuelle » de 13 EPR2 (Shift Project, avril 2025). Sans effort de maîtrise, la consommation passerait d’environ 450 TWh à près de 700 TWh en 2050 ; avec, la hausse est divisée par deux (≈ 570 TWh).

10.6 Planifier le raccordement des centres de données

Planifier le raccordement des centres de données. Conditionner l’accès au réseau à un schéma national et territorial de déploiement, imposer la transparence des consommations réelles, et interdire le recours à des capacités thermiques hors réseau.

Le chiffrage. « Les demandes de raccordement en cours représentent déjà 14 GW. »

10.7 Hiérarchiser les raccordements électriques

Hiérarchiser les raccordements électriques. Sortie du « premier arrivé, premier servi », que le droit européen n’impose pas. Priorité explicite à l’électrification des procédés industriels et aux services essentiels, devant les projets de centres de données spéculatifs. Mise en place d’un couloir de consommation dédié, sur le modèle belge.

Le chiffrage. À établir.

10.8 Réserver les heures d’abondance aux ménages

Réserver les heures d’abondance aux ménages. Les tarifs préférentiels associés aux heures de production excédentaire reviennent à ceux qui ont financé le parc nucléaire pendant cinquante ans : les Français. Ils ne sont pas étendus aux centres de données. Y ajouter une subvention tarifaire serait un transfert du contribuable vers l’actionnaire.

Le chiffrage. « Un kilowattheure français vendu à l’export rapporte 6,1 centimes. Converti en tokens au tarif public d’un opérateur français, il peut rapporter jusqu’à 29 €. Soit un multiple de 480. »

10.9 Conditionner les nouvelles capacités au rapatriement effectif des usages

Conditionner les nouvelles capacités au rapatriement effectif des usages. Toute autorisation de raccordement de grande puissance est adossée à un engagement de relocalisation d’usages aujourd’hui hébergés hors de France, et non à une capacité purement additionnelle. Création d’un observatoire public des capacités installées et des consommations réelles, les estimations actuelles variant du simple au double selon les organismes.

Le chiffrage. À établir.

10.10 Des eurobonds énergie-climat à maturité longue

Des eurobonds énergie-climat à maturité longue, calée sur la durée de vie des actifs financés — trente à soixante ans — et non sur le cycle budgétaire. Une affectation stricte et vérifiable : production électrique décarbonée pilotable, réseaux de transport et de distribution, stockage, interconnexions. Rien d’autre. Aucune mutualisation des dépenses courantes. C’est la ligne rouge : on mutualise l’irréversible, jamais le fonctionnement.

Le chiffrage. « 750 à 800 Md€ par an — investissement supplémentaire jugé nécessaire pour l’Union européenne sur 2025-2030, soit environ 4,7 % de son PIB » (rapport Draghi, septembre 2024).

10.11 Le nucléaire assumé comme socle

Le nucléaire assumé comme socle, parce qu’il est la seule capacité décarbonée pilotable dont la France dispose à l’échelle industrielle, et parce qu’un programme de réacteurs est exactement le type d’engagement qu’un budget annuel est structurellement incapable de porter. Le programme nucléaire ne doit pas être soumis au cliquet de la demande : sa temporalité est différente : un EPR2 se décide quinze ans avant de produire. Il constitue le socle, et se planifie sur le renouvellement du parc existant, non sur la conjoncture de la demande.

Le chiffrage. Constat associé : devis EPR2 passé de 51,7 à 67,4 Md€2020, puis annoncé à 72,8 Md€2020 (+ 41 % depuis 2022) ; production nucléaire 373 TWh en 2025 ; l’Académie des sciences soutient une production de 360 à 400 TWh ; RTE retient 6 à 14 EPR2 selon les variantes.

Comment savoir si c’est raté. Objection assumée et retournée : « Sans construction neuve, la France subirait un effet falaise dans les années 2040, quelle que soit l’évolution de la demande d’ici là. » La Cour des comptes recommande au contraire de « retenir la décision d’investissement jusqu’au financement sécurisé ».

10.12 Réinvestir massivement dans notre génie nucléaire piste

Réinvestir massivement dans notre génie nucléaire n’est pas une option. C’est une nécessité pour notre économie et pour notre liberté énergétique. La quatrième génération de fission, elle, était à portée de main : ce réacteur à neutrons rapides relevait de la quatrième génération, celle qui permet de recycler le combustible plutôt que de l’enfouir. En sacrifiant cette filière, nous avons freiné notre indépendance. La fusion est l’avenir ; elle n’est pas le présent.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. Réserve posée par la source : « Les estimations d’autonomie énergétique permises par la filière à neutrons rapides varient très fortement selon les hypothèses retenues. […] Le principe est solide, la précision du chiffre ne l’est pas. »

10.13 Toute politique publique doit être évaluée à l’aune de son contenu énergétique piste

Toute politique publique doit être évaluée à l’aune de son contenu énergétique, et non seulement de son coût budgétaire. Un dispositif qui subventionne la consommation fossile aggrave la vulnérabilité qu’il prétend soulager. L’électricité pilotable et décarbonée est un actif stratégique, pas un sujet idéologique. La réindustrialisation suppose l’énergie avant tout le reste. Notre ligne est celle de l’abondance énergétique décarbonée et de la réindustrialisation.

Le chiffrage. À établir.

10.14 Soutiens aux renouvelables : nouveaux appels d’offres sans rachat à prix élevé piste

Document de propositions Énergie : soutiens aux renouvelables (nouveaux appels d’offres sans rachat à prix élevé ni indemnisation des arrêts). Constat qui la fonde : le soutien public se concentre sur le photovoltaïque, 4,58 Md€ prévus au titre de 2027 sur 8,38 Md€ pour l’ensemble des renouvelables électriques ; le surcoût unitaire moyen était de 91,9 €/MWh en 2025. Selon la CRE, la suppression totale des productions soutenues pendant les heures à prix négatif économiserait au plus une centaine de millions d’euros par an : l’enjeu est le volume de contrats et leur niveau de prix.

Chiffrage : Économie moyenne de 0,8 à 1,5 Md€ par an sur 2025-2060 avec un prix de l’électricité médian ; de −1,0 Md€ (prix élevés) à +3,3 Md€ par an (prix bas). L’effet est faible pendant la mandature et croît ensuite. Le PLF 2027 engage déjà 120 M€ d’économies en 2027.

Sources : CRE, délibération n° 2026-149 sur les charges de service public de l’énergie, juillet 2026 ; Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, octobre 2026 ; PPE 3, étude d’impact, février 2026.

10.15 Doctrine de modulation piste

Document de propositions Énergie : […] doctrine de modulation. Constat qui la fonde : 60 à 85 TWh à moduler faute de débouchés (trajectoire lente). Pour assurer l’équilibre offre-demande, il faudrait moduler la production nucléaire au-delà du raisonnable. Or un réacteur en fonctionnement ne peut, pour des raisons de sûreté, descendre sous 25 à 30 % de sa puissance nominale. Le facteur de charge du parc français est déjà inférieur à 70 %, quand il dépasse 90 % aux États-Unis.

Le chiffrage. 60 à 85 TWh à moduler faute de débouchés en 2035 (PPE 3 / RTE).

10.16 Programmation conditionnelle des renouvelables ; arbitrage sur l’éolien en mer piste

Approfondissements prévus : réseaux et flexibilité ; chaleur ; programmation conditionnelle des renouvelables ; arbitrage sur l’éolien en mer. Constat qui le fonde : l’éolien en mer passe de 1,9 GW fin 2025 à un objectif de 3,6 GW en 2030 et 15 GW en 2035, pour 1,31 Md€ de charges prévues en 2027. Nous proposons de continuer à déployer l’éolien et le solaire, y compris l’éolien en mer dont la montée en puissance est nécessaire.

Le chiffrage. Éolien en mer : 1,9 GW installés fin 2025 ; objectifs 3,6 GW (2030) et 15 GW (2035) ; 1,31 Md€ de charges prévues au titre de 2027.

10.17 Planifier la transformation secteur par secteur

La stratégie nationale partirait des flux physiques et des ordres de grandeur pour organiser la décarbonation de chaque secteur. Les objectifs d’énergie, de matières, d’emplois et d’infrastructures seraient évalués ensemble afin d’éviter les plans incompatibles.

Le chiffrage. À établir.

10.18 Assumer les choix nécessaires à la transition

Sortir des énergies fossiles suppose de conjuguer nucléaire durable, renouvelables, électrification massive, efficacité énergétique et sobriété organisée. Refuser simultanément tous ces leviers rendrait la trajectoire matériellement impossible et fragiliserait le pouvoir d’achat.

Chiffrage partiel : La transition demande en 2030 de 13 Md€ par an (SPAFTE 2) à 25-34 Md€ par an (rapport Pisani-Ferry et Mahfouz) de dépense publique supplémentaire. Reste à chiffrer : La répartition entre nucléaire, renouvelables, électrification, efficacité et sobriété reste à arbitrer.

Sources : France Stratégie, Les incidences économiques de l’action pour le climat (Pisani-Ferry et Mahfouz), mai 2023 ; Programmation pluriannuelle de l’énergie 2026-2035 (PPE 3), février 2026.

11
Climat, biodiversité, agriculture et énergie

Carburants et mobilité

11.1 Refuser la baisse générale des taxes et le blocage des prix

Nous proposons de refuser toute baisse générale des taxes sur les carburants et tout blocage administratif des prix à la pompe : ils coûtent cher, profitent d’abord à ceux qui roulent le plus et menacent les stations rurales. L’argent public serait réservé aux aides ciblées sur ceux qui roulent par nécessité et, surtout, à l’équipement des ménages et des professionnels. Le maillage des stations rurales serait protégé par des aides ciblées à leur modernisation.

Chiffrage partiel : 0,3 à 0,8 Md€ par an (barème kilométrique indexé : 0,3 à 0,5 ; crédit kilométrique des professions itinérantes : 0,1 à 0,3), à comparer à 4,8 Md€ pour une baisse générale de 10 centimes par litre. Reste à chiffrer : L’électrification des taxis et des ambulances reste à chiffrer.

Sources : CAE, tableur des 170 mesures du Focus n° 124, octobre 2025 ; Évaluation des voies et moyens, tome II (dépenses fiscales), annexe au PLF 2026.

Comment savoir si c’est raté. Mesure de refus : pas d’indicateur propre.

11.2 Instaurer un prix plancher par une accise variable

Nous proposons un prix plancher des carburants fossiles par une accise variable, dont le produit serait intégralement fléché vers l’équipement des ménages et des professionnels. Quand le baril reflue, l’écart est investi plutôt que rendu à la pompe : c’est ce qui permet de tenir le signal prix sans que la transition ne s’arrête à chaque détente du marché.

Chiffrage : Recette de 1,7 à 2,2 Md€ par an aux prix d’août 2026 ; de 14 à 20 Md€ par an si les prix revenaient à leur niveau moyen de 2025. Chaque 10 centimes par litre au-dessus du prix de marché rapportent environ 4,8 Md€ avant baisse de la consommation. Recette fléchée vers la transition (estimation Élysée Conseils).

Sources : Douanes, droits et taxes applicables au 1er octobre 2026 ; OFCE, Non, l’État ne profite pas de la hausse du pétrole, mars 2026.

Comment savoir si c’est raté. Indicateur de suivi : la part électrique des ventes de véhicules neufs et la consommation de carburants. La mesure s’éteint avec la consommation qu’elle taxe.

11.3 Réformer les certificats d’économies d’énergie

Nous proposons de réformer les CEE plutôt que de les supprimer : contrôle renforcé des opérations, mesure des économies réelles, recentrage sur les pompes à chaleur, les bornes domestiques, le leasing social et, après adaptation du cadre, le solaire des particuliers.

Le chiffrage. Selon la Cour des comptes, les CEE représentaient environ 7,3 centimes par litre de carburant en 2023, et 164 € par ménage. Le dispositif dépasse 8 milliards d’euros en 2026.

Comment savoir si c’est raté. Indicateur de suivi : les économies d’énergie réellement mesurées et la fraude détectée.

11.4 Indexer le barème kilométrique sur le prix réel des carburants

Nous proposons d’indexer chaque année le barème kilométrique sur le prix moyen réel des carburants de l’année écoulée. Le barème n’a pas été revalorisé en 2026, alors même que le prix du gazole flambait.

Le chiffrage. À établir : le rapport ne chiffre pas le coût de l’indexation.

Comment savoir si c’est raté. Indicateur de suivi : l’écart entre le barème et le prix réel. Mécanisme permanent, revu chaque année.

11.5 Créer un crédit d’impôt kilométrique remboursable

Pour les professions itinérantes, nous proposons un crédit d’impôt calculé sur les kilomètres parcourus, remboursable, plafonné au surcoût par rapport à un prix de référence et contrôlé par comparaison avec l’année précédente.

Le chiffrage. À établir : le rapport ne chiffre pas la mesure.

Comment savoir si c’est raté. Indicateur de suivi : le kilométrage déclaré d’une année sur l’autre, et le coût du dispositif.

11.6 Un barème forfaitaire pour les véhicules électriques

Nous proposons de maintenir pour les véhicules électriques un barème forfaitaire, indépendant de la taille de la batterie, limité aux trois ou quatre premières années du véhicule, pour alimenter le marché de l’occasion.

Le chiffrage. Fin de l’aide spécifique aux taxis au 31 décembre 2026. Le barème kilométrique est aujourd’hui majoré de 20 % pour les véhicules électriques.

Comment savoir si c’est raté. Indicateur de suivi : le volume du marché de l’occasion électrique.

11.7 Le double amortissement pour les professionnels

Nous proposons d’étendre le suramortissement aux utilitaires électriques de moins de 2,6 tonnes et aux véhicules électriques des professions itinérantes, avec un taux relevé, ouvert aussi aux transporteurs routiers.

Chiffrage partiel : Environ 0,75 Md€ de moindre impôt par tranche de 100 000 véhicules électriques professionnels par an. Reste à chiffrer : L’économie liée au barème kilométrique limité aux premières années du véhicule reste à chiffrer.

Sources : Évaluation des voies et moyens, tome II (dépenses fiscales), annexe au PLF 2026 ; Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, octobre 2026.

Comment savoir si c’est raté. Indicateur de suivi : la part électrique des utilitaires neufs.

11.8 Élargir le leasing social, financé par les CEE réformés

Nous proposons d’élargir le leasing social, en plafond de revenus et en nombre de véhicules, et de le financer par les CEE réformés — un prélèvement qui s’éteint de lui-même avec le pétrole.

Le chiffrage. À établir : le rapport renvoie le dimensionnement au produit des CEE réformés.

Comment savoir si c’est raté. Indicateur de suivi : le nombre de ménages équipés et le taux de non-recours.

11.9 Recharger chez soi, la nuit et au soleil

Nous proposons un tarif de recharge nocturne dédié aux véhicules électriques, compatible avec la recharge bidirectionnelle, en articulation avec le plan solaire du chapitre Énergie.

Chiffrage partiel : Aide à l’achat d’un véhicule électrique : 0,31 à 0,42 Md€ par tranche de 100 000 véhicules ; tarif de recharge nocturne sans coût budgétaire. Reste à chiffrer : Le coût du plan solaire dépend de son financement (certificats d’économies d’énergie ou budget).

Sources : Bonus écologique au 1er juillet 2025 (AFP) ; CRE, délibération n° 2026-149 sur les charges de service public de l’énergie, juillet 2026.

Comment savoir si c’est raté. Indicateur de suivi : la part des recharges effectuées en heures creuses.

11.10 Remettre les camions sur le rail électrifié

Nous proposons de développer les autoroutes ferroviaires sur les axes de transit — frontière espagnole vers le Benelux, et vers l’Italie —, d’en moderniser le réseau et les terminaux, et de porter au niveau européen une obligation progressive de recours au rail pour le transit international de marchandises.

Chiffrage partiel : Le plan existant prévoit 4 Md€ d’investissements d’ici 2032 (moitié État, environ 0,2 Md€ par an) et 170 M€ d’aide à l’exploitation ; une écotaxe poids lourds rapporterait environ 1 Md€ par an. Reste à chiffrer : Le coût des nouveaux axes (Espagne–Pays-Bas, Italie) reste à chiffrer.

Sources : Assemblée nationale, question écrite n° 12455 (fret ferroviaire) ; CAE, tableur des 170 mesures du Focus n° 124, octobre 2025.

Comment savoir si c’est raté. Indicateur de suivi : la part modale du rail.

11.11 Biocarburants pour l’agriculture et la pêche

Nous proposons de déplacer progressivement l’avantage fiscal du gazole non routier agricole vers le litre décarboné — B100 de colza français, HVO tracé —, à budget constant, et de financer l’avitaillement en HVO dans les ports de pêche. Nous proposons de ne pas supprimer cet avantage, mais de le déplacer.

Le chiffrage. À budget constant : l’avantage fiscal existant est redirigé, il n’est pas augmenté.

Comment savoir si c’est raté. Indicateur de suivi : la part de B100 et de HVO dans la consommation agricole et halieutique.

11.12 E-kérosène : les armées d’abord, l’aviation privée ensuite

Nous proposons d’adosser une filière d’e-kérosène au CO₂ capté des cimenteries : la moitié de la production réservée aux armées, l’autre moitié à l’aviation privée, tenue d’incorporer 50 % de carburant de synthèse.

Chiffrage : Surcoût de 1,7 à 2,4 Md€ par an pour couvrir les besoins des armées (0,33 million de tonnes), plus un investissement de l’ordre de 3,5 Md€ à confirmer (estimation Élysée Conseils).

Sources : The Shift Project et Aéro Décarbo, Pouvoir voler sans pétrole, février 2026 ; Vicat, lancement du projet VAIA, mars 2025 ; Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, octobre 2026.

Comment savoir si c’est raté. Indicateur de suivi : la part d’e-kérosène livrée aux armées et à l’aviation privée. Obligation permanente pour l’aviation privée.

11.13 L’électrification des équipements d’entretien

La transition vers des équipements électriques — autonomes ou montés sur véhicule — présente plusieurs avantages cumulés. La commande publique dispose ici d’un levier direct : les collectivités sont les principaux acheteurs de ces matériels. Une exigence progressive dans leurs marchés d’entretien suffirait à faire basculer la filière.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. Réserve posée par la source : « sur les usages les plus intensifs, l’autonomie des batteries reste un facteur limitant, et le surcoût d’acquisition demeure réel ».

12
Climat, biodiversité, agriculture et énergie

Climat et adaptation

12.1 Conditionner toute aide publique au reboisement à une projection biogéographique

Conditionner toute aide publique au reboisement à une projection biogéographique de l’essence retenue à l’horizon 2070, sur le modèle déjà appliqué aux plantations fruitières. Première incompatibilité : l’essence que le climat favorise est celle qui brûle le mieux. Le pin maritime que l’on replantera cet automne sera adulte en 2070.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « Une politique forestière ne produit ses effets qu’à cinquante ans. »

12.2 Plafonner à 70 % la part d’une même essence par unité de gestion

Plafonner à 70 % la part d’une même essence par unité de gestion pour tout peuplement reconstitué sur fonds publics. Le massif des Landes de Gascogne n’est pas une forêt primaire : un million d’hectares, très largement mono-spécifiques, alignés, denses, résineux. Elle remplit aussi, involontairement, une seconde fonction : celle d’un dispositif de propagation continue du feu sur des dizaines de kilomètres.

Le chiffrage. « À court terme, un plafond de mono-spécificité et une compensation de rendement représentent un coût pour la filière. Il faut l’assumer et le chiffrer honnêtement. » — montant non chiffré dans la source.

Comment savoir si c’est raté. « La diversification ne supprime pas le risque de mégafeu : elle réduit la fréquence des feux courants, ralentit la propagation en conditions ordinaires, et préserve une partie du capital forestier après sinistre. C’est une politique de réduction de l’exposition, pas d’élimination du risque. »

12.3 Réserver les 200 premiers mètres autour des zones habitées

Réserver les 200 premiers mètres autour des zones habitées à des peuplements feuillus adaptés, avec compensation du différentiel de rendement pour le propriétaire.

Le chiffrage. À établir.

12.4 Financer des ceintures agricoles en interface habitat-forêt

Financer des ceintures agricoles en interface habitat-forêt — vigne, oliviers, amandiers, pistachiers — comme pare-feu productifs et auto-entretenus, en s’appuyant sur les cartes de remontée des cultures méditerranéennes.

Le chiffrage. À établir.

12.5 Réorienter le plan de renouvellement forestier vers la reconstitution

Réorienter le plan de renouvellement forestier vers la reconstitution des massifs sinistrés et l’enrichissement des peuplements existants, et exclure du financement public les coupes rases de peuplements en bon état sanitaire. Selon les analyses de l’association Canopée, une part importante de ces plantations est intervenue après coupe rase de forêts en bon état sanitaire, dont environ 6 500 hectares en zone Natura 2000.

Le chiffrage. Référence du constat : plan d’un milliard d’arbres à l’horizon 2032 ; bilan intermédiaire de 50 millions d’arbres plantés sur environ 36 000 hectares, « un vingtième de l’objectif ».

12.6 Rémunérer le pâturage d’entretien des lisières, sous-bois et coupures

Rémunérer le pâturage d’entretien des lisières, sous-bois et coupures de combustible par convention pluriannuelle entre éleveurs, propriétaires et collectivités. Un troupeau qui entretient une lisière, un sous-bois ou une coupure de combustible produit exactement le même service qu’un débroussaillement mécanique — sauf qu’il le produit toute l’année, qu’il génère un revenu et qu’il ne coûte rien en argent public.

Le chiffrage. « Le sylvopastoralisme n’est pas une nostalgie : c’est la solution la moins chère que nous ayons. »

12.7 Créer un crédit d’impôt de 50 % sur les dépenses de débroussaillement

Créer un crédit d’impôt de 50 % sur les dépenses de débroussaillement en zone soumise à obligation légale, plafonné, ouvert aux prestations réalisées par entreprise agréée, collectivité ou éleveur sous convention. Notre position est constante, et conforme à la doctrine de l’ensemble du programme : l’incitation avant la coercition. Sanctionner un retraité qui n’a ni les moyens physiques ni les moyens financiers de débroussailler ne produit rien d’autre que du ressentiment.

Le chiffrage. Crédit d’impôt de 50 %, plafonné (plafond non chiffré dans la source). Coût de l’obligation pour le particulier : « débroussailler 50 mètres autour d’une maison représente plusieurs milliers d’euros ». Ordre de grandeur assumé : « ce sont des dispositifs qui se chiffrent en dizaines ou en centaines de millions d’euros. La destruction d’un massif se chiffre en milliards. »

Comment savoir si c’est raté. « nos propositions 12 à 18 produisent des effets en moins de trois ans »

12.8 Rendre le contrôle des OLD effectif et systématique

Rendre le contrôle des OLD effectif et systématique à l’issue d’une période de mise en conformité de trois ans. La loi de 2023 n’a pas besoin d’être réécrite, elle a besoin d’être appliquée.

Le chiffrage. Constat : « L’obligation légale de débroussaillement est appliquée dans environ 30 % des cas, alors que 90 % des maisons détruites se trouvent sur des terrains mal ou pas débroussaillés. » Sanctions existantes : jusqu’à 50 euros par mètre carré (loi n° 2023-580 du 10 juillet 2023).

12.9 Étendre les plans de protection des forêts contre les incendies

Étendre les plans de protection des forêts contre les incendies à tous les massifs classés à risque moyen ou élevé à l’horizon 2050 — Fontainebleau, la Sologne et l’Est dès 2027 — et imposer un plan de traitement des abords d’autoroutes, voies ferrées et lignes électriques. Le pronostic : Fontainebleau n’est pas une anomalie.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. Prévision opposable reprise de la source : « les modélisations disponibles pour la France montrent qu’après 2050, la quasi-totalité du territoire sera exposée à un risque comparable à celui des Landes au début du siècle ».

12.10 Instaurer une procédure accélérée pour les ouvrages DFCI et de rétention d’eau

Instaurer une procédure accélérée pour les ouvrages DFCI et de rétention d’eau : instruction en quatre mois, dossier unique, et obligation d’évaluer dans l’étude d’impact le risque évité autant que l’impact causé. Aujourd’hui, l’étude d’impact mesure ce que l’ouvrage détruit. Elle ne mesure jamais ce que son absence détruira. Une étude d’impact qui n’évalue que le coût de l’action, et jamais celui de l’inaction, n’est pas une évaluation. C’est un biais.

Le chiffrage. Instruction sous quatre mois ; évaluation environnementale proportionnée à l’emprise réelle.

Comment savoir si c’est raté. Objection assumée : « Vous voulez bétonner et couper au nom de la protection » — « Nous proposons de couper des dizaines d’hectares pour éviter d’en perdre des dizaines de milliers. Nous acceptons de discuter du dimensionnement, du tracé, des compensations et des méthodes. »

12.11 Faire du délai d’attaque l’indicateur central de la politique de sécurité civile

Faire du délai d’attaque l’indicateur central de la politique de sécurité civile : caméras thermiques automatisées, surveillance satellitaire, drones de reconnaissance pré-positionnés les jours de risque extrême, interconnexion des alertes entre SDIS, ONF, DFCI et gestionnaires d’infrastructures. Deuxième incompatibilité : tout se joue avant 10 hectares. Une saison se joue dans les dix premières minutes, pas dans les largages de Canadair.

Le chiffrage. « Les outils existent et ne coûtent pas 200 millions d’euros pièce. » Constat : « 96 % des feux sont éteints avant 10 hectares ».

12.12 Engager un programme européen de première intervention par essaims de drones

Engager un programme européen de première intervention par essaims de drones, avec cahier des charges imposant un agent extincteur biodégradable, et expérimentation sur deux massifs pilotes dès 2027. Nous proposons donc d’engager un programme français ou européen de systèmes de première intervention par essaims de drones, avec un cahier des charges intégrant dès l’origine la biodégradabilité de l’agent extincteur, et une expérimentation grandeur nature sur deux massifs pilotes — un méditerranéen, un du nord de la Loire — dès la saison 2027.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. Réserve posée par la source : « Larguer des gels ou des poudres retardantes en pleine forêt, y compris en zone protégée, pose un problème écologique et un problème de coût. »

12.13 Passer une commande d’État ferme et pluriannuelle sur au moins un programme

Passer une commande d’État ferme et pluriannuelle sur au moins un programme français de bombardier d’eau, adossée à un mécanisme européen d’agrégation de la demande — et redonner à l’ONF les effectifs correspondant à ses missions réelles. La lutte : onze ans pour deux avions. La souveraineté : trois industriels français, zéro commande.

Le chiffrage. « Le soutien public total à la filière française s’élève donc à 12 millions d’euros, à comparer aux 200 millions consacrés à deux appareils canadiens livrables en 2032, et aux 106 millions dépensés en locations d’aéronefs depuis 2020. » Le coût des locations est passé de 2 M€ en 2020 à 30 M€ en 2025. Programme Frégate-F100 estimé à 1 Md€ ; kit Kepplair 72 entre 9 et 12 M€ sur appareil d’occasion.

Comment savoir si c’est raté. Objection assumée : « Soutenir un avion français, c’est du protectionnisme » — « il existe un seul fournisseur mondial dans cette catégorie, dont le carnet est saturé pour une décennie. Créer un second fournisseur européen n’est pas une entrave au marché — c’est la condition de son existence. »

12.14 Le captage n’est pas une alternative à la réduction des émissions piste

Le captage n’est pas une alternative à la réduction des émissions. C’est ce qu’on emploie une fois qu’on a réduit tout ce qui pouvait l’être. La distinction est décisive pour la politique publique. Financer le CCUS sur des usages où une électrification est possible revient à subventionner le maintien du fossile. Le financer sur les émissions de procédé, c’est traiter le résidu que rien d’autre ne traitera.

Le chiffrage. « Pour capter les émissions de CO2 de l’ensemble des secteurs économiques, il faudrait mobiliser environ deux fois et demie la demande mondiale actuelle d’électricité. » Coût du captage estimé « autour de 100 dollars par tonne de CO2 ».

Comment savoir si c’est raté. La source borne elle-même son chiffre : « Ce chiffre est une borne théorique, calculée en supposant que l’on capterait la totalité des émissions de tous les secteurs. Il ne correspond à aucun scénario réellement envisagé. »

12.15 L’arbitrage sur la biomasse piste

L’arbitrage sur la biomasse, ressource finie déjà revendiquée par l’alimentation, la chimie et les biocarburants agricoles. Et le volume d’électricité décarbonée nécessaire pour produire les carburants de synthèse — un sujet que la France, avec son parc nucléaire, ne doit pas laisser à d’autres. La crédibilité de l’engagement lui-même : un objectif dont personne ne discute publiquement l’ordre de grandeur finit par ne plus engager personne.

Le chiffrage. « L’industrie estime avoir besoin de 450 milliards de litres de SAF par an au milieu du siècle. La production mondiale attendue en 2024 était de 1,9 milliard. » Soit un facteur 240 en vingt-cinq ans.

Comment savoir si c’est raté. Réserve posée par la source : « Le point n’est pas que ce soit impossible, mais que l’effort industriel requis est rarement énoncé à cette échelle dans le débat public. »

13
Climat, biodiversité, agriculture et énergie

Agriculture, pêche et alimentation

La recherche agronomique française est reconnue, mais son impact doit être davantage mesuré dans les exploitations. Notre référence est une recherche appliquée, construite avec les agriculteurs et orientée vers leur revenu, leur résilience et notre sécurité alimentaire.

13.1 Un Circuit Souverain de Carburant Professionnel

Le projet repose sur une idée simple et puissante : réserver l’intégralité de la production française de biodiesel aux professionnels qui nourrissent la France — agriculteurs et marins-pêcheurs — dans un circuit fermé, déconnecté des cours mondiaux du pétrole. Ce Circuit Souverain de Carburant Professionnel transforme l’agriculteur de simple fournisseur de matière première en copropriétaire de sa propre énergie. Les marins-pêcheurs intègrent ce circuit par un pacte Terre-Mer. Il ne manque qu’une décision politique : cesser de diluer notre biocarburant dans les réservoirs de voitures particulières.

Le chiffrage. Investissement initial estimé ≈ 2 Md€ (dont ≈ 1,6 Md€ d’intégration de l’outil industriel, ≈ 200 M€ pour les Fermes-Hubs, ≈ 200 M€ de modernisation portuaire) ; économie annuelle sur les importations ≈ 2 Md€/an ; retour sur investissement < 2 ans. Production disponible ≈ 2,9 Md L/an (2,2 Md L d'EMAG de colza + ≈ 700 M L de HVO) pour un besoin de 2,75 à 3,3 Md L : « nous couvrons donc 90 à 95 % du besoin ».

Comment savoir si c’est raté. La source qualifie elle-même ses chiffres : « Voici les ordres de grandeur qui démontrent la faisabilité du projet (estimations à consolider) ». Test implicite : « Si le pétrole passe à 200 dollars, les voitures de luxe s’arrêtent. Nos tracteurs continuent de labourer et nos chalutiers de pêcher. »

13.2 La production : sanctuariser la matière première

Définir le colza destiné au biocarburant professionnel comme une ressource de sécurité publique et alimentaire, en s’appuyant sur l’article 36 du Traité sur le fonctionnement de l’UE. Arrêter l’exportation de graines destinées au circuit souverain. Intégrer la collecte massive des huiles de cuisson usagées et des graisses animales pour le HVO. On cesse de l’exporter et de le diluer dans le diesel des citadines.

Le chiffrage. Surface de colza en France ≈ 1,5 million d’hectares ; rendement moyen en biocarburant ≈ 1 500 litres/hectare. « L’autonomie totale ne nécessite qu’un ajustement modéré des surfaces cultivées et une collecte systématique des huiles usagées. »

13.3 L’outil industriel : une Coopérative Souveraine Nationale

Créer une entité nationale — publique ou coopérative — qui intègre les grands sites de trituration et d’estérification existants (notamment ceux du Groupe Avril/Saipol et, à terme, les sites détenus par des multinationales comme Cargill ou Bunge sur le sol français). L’actionnariat serait réparti entre producteurs historiques, petites exploitations, filière maritime et État. L’agriculteur devient copropriétaire de son énergie, et non simple fournisseur de matière première. Ce n’est pas une nationalisation sauvage.

Le chiffrage. Intégration de l’outil industriel estimée à ≈ 1,6 Md€ sur les 2 Md€ d’investissement initial.

13.4 La distribution : un réseau de Fermes-Hubs

Déployer environ 2 000 Fermes-Hubs (grosses exploitations céréalières équipées de cuves de stockage) et intégrer les quelque 200 points de ravitaillement portuaires existants. Chaque professionnel accède au carburant souverain à moins de 15 à 20 km de son lieu de travail, via un système de badges de tirage. Pour les marins-pêcheurs : du HVO à prix souverain dans les cuves des ports, sans modification des moteurs.

Le chiffrage. ≈ 200 M€ pour le déploiement des 2 000 Fermes-Hubs ; ≈ 200 M€ de modernisation portuaire.

13.5 Un prix fixe à 0,70 €/L

Un prix fixe à 0,70 €/L, calculé sur le coût de revient réel — culture plus transformation — et non sur le cours du pétrole à New York. Remplacer l’achat-vente classique par un système d’apport en nature et de rétribution coopérative : l’agriculteur apporte son colza à sa propre structure, récupère son carburant et ses tourteaux, et touche une rémunération sous forme d’un socle fixe mensuel complété par une ristourne annuelle calculée au prorata de ses apports.

Le chiffrage. ≈ 0,70 €/L à prix fixe contre 1,15 à 1,30 € pour le GNR aujourd’hui (prix volatil), soit « une facture de carburant en baisse d’environ 40 % » pour les agriculteurs.

13.6 La Convention Citoyenne : une option souveraine piste

En cas de blocage réglementaire ou politique, une Convention Citoyenne pour la Souveraineté Énergétique et Alimentaire pourrait être convoquée afin que le peuple tranche souverainement.

Le chiffrage. À établir.

13.7 Un volet agricole aux eurobonds

Un volet agricole aux eurobonds : autonomie protéique européenne — soja, légumineuses, fourrages —, stockage et gestion de l’eau, modernisation des outils d’abattage et de transformation de proximité. L’agriculture est une infrastructure de souveraineté dont la dégradation produit des émissions supplémentaires. Importer sa nourriture ne supprime pas l’empreinte carbone : cela la délocalise, et l’aggrave le plus souvent.

Le chiffrage. Enveloppe européenne de référence : 750 à 800 Md€ par an sur 2025-2030 (rapport Draghi), dont le volet agricole n’est pas chiffré séparément.

13.8 Des clauses miroir effectives

Des clauses miroir effectives : ce qu’on interdit au producteur français ne doit pas entrer librement par la frontière. Sans quoi la norme environnementale devient un simple avantage compétitif offert à l’extérieur. Sur le papier, les clauses miroirs sont une victoire : nous proposons de refuser d’importer ce que nous proposons d’interdire de produire. Sans moyens de contrôle, les clauses miroirs ne sont que du papier.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. Test posé par la source : « Comment s’assurer qu’un bœuf argentin débarqué au Havre n’a pas été élevé avec des antibiotiques activateurs de croissance interdits chez nous ? Un simple test à l’arrivée ne suffit pas à tracer l’historique d’un animal. »

13.9 Le renouvellement des générations traité comme un investissement

Le renouvellement des générations traité comme un investissement d’infrastructure et non comme une politique sociale : une exploitation qui disparaît ne se reconstitue pas.

Le chiffrage. À établir.

13.10 Armer, pas compenser

Armer, pas compenser. Il ne s’agit pas de faire l’aumône, mais d’investir dans la modernisation des exploitations exposées. Ne nions rien : il y aura des secteurs moins gagnants. L’élevage bovin et avicole sera bousculé. C’est un fait.

Le chiffrage. À établir.

13.11 Financer par les gains de l’accord

Financer par les gains de l’accord. Les milliards gagnés par l’industrie, les services et le luxe doivent financer la transition agricole — c’est la condition morale de la signature.

Le chiffrage. « Les milliards gagnés par l’industrie, les services et le luxe » — aucun montant dans la source.

13.12 Rémunérer les services environnementaux

Rémunérer les services environnementaux, plutôt que de multiplier les aides compensatoires sans contrepartie. Ces petites exploitations cherchent souvent une autre voie : un travail de la terre plus respectueux, un lien charnel avec l’animal, une harmonie avec le vivant. C’est sans doute vers cela qu’il faudra aller — une agriculture gardienne du vivant. Mais cette transition a un coût, et ces agriculteurs n’ont pas les moyens de la payer.

Le chiffrage. À établir.

13.13 Alléger la surtransposition

Alléger la surtransposition : réduire les délais d’autorisation au niveau de la moyenne européenne serait le plus efficace des soutiens, et le moins coûteux. Quand un éleveur veut construire un bâtiment pour moderniser son élevage de poulets, il lui faut deux ans et demi de démarches — là où ses voisins européens en mettent six mois. Nous leur demandons de courir un cent mètres avec des boulets aux pieds.

Le chiffrage. Cible implicite : ramener à six mois des délais aujourd’hui de deux ans et demi. « le moins coûteux » des soutiens.

13.14 Conditionner la signature à un plan de contrôle chiffré

Conditionner la signature à un plan de contrôle chiffré, avec effectifs douaniers et vétérinaires identifiés. L’Europe doit donc cesser d’être naïve. Signer suppose d’investir massivement dans nos douanes et nos services vétérinaires — avec une capacité de vérification sur place, et une sanction automatique en cas de tricherie avérée.

Le chiffrage. « effectifs douaniers et vétérinaires identifiés » — aucun effectif ni montant dans la source.

13.15 La grande distribution doit assumer sa part dans la formation de la valeur piste

Le sort de nos agriculteurs ne se joue pas seulement à Bruxelles : il se joue chaque samedi dans les rayons. La grande distribution ne peut plus se contenter de casser les prix ; elle doit assumer sa part dans la formation de la valeur. Le problème fondamental, c’est que le travail ne paie plus. Ce n’est pas le libre-échange qui fixe des prix d’achat indécents en grande surface. C’est notre propre système de répartition de la valeur.

Le chiffrage. À établir.

13.16 Transformer l’INRAE sur le modèle d’Embrapa

L’organisme de recherche travaillerait avec les agriculteurs sur la transformation concrète des exploitations. Les indicateurs de réussite évolueraient : hectares adaptés, revenus améliorés, exploitations consolidées et innovations effectivement déployées compléteraient l’évaluation académique traditionnelle.

Chiffrage partiel : Réorganisation neutre si elle est financée par redéploiement (INRAE : 870 M€ de subvention de l’État ; chambres d’agriculture : 335 M€ de taxe affectée). Reste à chiffrer : Le coût d’un réseau de terrain supplémentaire dépend de sa taille.

Sources : Assemblée nationale, rapport spécial « Recherche », annexe n° 36 au PLF 2025 ; Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, octobre 2026.

13.17 Mutualiser la recherche agronomique en Europe

La France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne pourraient mettre en commun des moyens pour atteindre une masse critique face aux géants agricoles mondiaux. Ce cadre européen permettrait également d’harmoniser les normes et de réduire les distorsions qui pénalisent les producteurs.

Le chiffrage. À établir.

13.18 Élever la souveraineté alimentaire au rang d’intérêt vital

Programmation longue, stabilité des règles, adaptation climatique des cultures, gestion de l’eau, variétés résistantes et conseil de terrain : l’agriculteur doit être reconnu comme un acteur de sécurité nationale, justifiant un investissement public durable dans la recherche appliquée.

Le chiffrage. À établir.

Le chapitre reste à compléter : revenu agricole, foncier et eau ne sont pas encore traités sous forme de propositions.

14
Climat, biodiversité, agriculture et énergie

Biodiversité et eau

14.1 Faire du taux de matière organique des sols un indicateur national suivi

Faire du taux de matière organique des sols un indicateur national suivi, et financer sa progression par un paiement pour service environnemental, en assumant la compensation des pertes de rendement pendant la phase de transition. Ce dernier point est le plus rentable et le moins visible. Un sol vivant, riche en matière organique, retient plusieurs dizaines de millimètres d’eau supplémentaires par mètre. À l’échelle d’un bassin versant, l’augmentation de la teneur en matière organique des sols agricoles et forestiers représente une capacité de stockage supérieure à celle de tout ouvrage envisageable — sans béton, sans évaporation et sans contentieux.

Le chiffrage. « plusieurs dizaines de millimètres d’eau supplémentaires par mètre » de sol — aucun coût budgétaire chiffré.

Comment savoir si c’est raté. Réserve posée par la source : « Cette transition entraîne souvent une baisse de rendement pendant plusieurs années — un risque qui ne peut pas être assumé par les seuls agriculteurs. »

14.2 Lancer un programme national de ralentissement de l’eau

Lancer un programme national de ralentissement de l’eau : restauration de mares, étangs, zones humides et ripisylves, reméandrage des cours d’eau rectifiés, réimplantation de haies, talus et bandes enherbées. La politique que nous proposons tient donc en un mot : ralentir. Non pas stocker en prélevant, mais retenir ce qui part. Nous avons drainé pendant cent cinquante ans, et nous nous étonnons que les sols soient secs.

Le chiffrage. À établir.

14.3 Développer les petites retenues, micro-seuils et micro-barrages

Développer les petites retenues, micro-seuils et micro-barrages alimentés par ruissellement, avec un objectif explicite de recharge des nappes d’accompagnement — et non de prélèvement dans les nappes. Un micro-seuil ne stocke rien : il rehausse la ligne d’eau et prolonge l’infiltration.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. Objection assumée : « Les retenues d’eau, c’est le retour des bassines » — « Non, et la différence est technique, pas rhétorique. […] Ce sont trois objets différents, qui appellent trois jugements différents. Confondre les trois est la meilleure manière de ne rien faire. »

14.4 Interdire le remplissage des réserves agricoles par pompage direct

Interdire le remplissage des réserves agricoles par pompage direct dans les nappes pendant les périodes de recharge, et réserver le soutien public aux dispositifs alimentés par excédents de ruissellement. Prélever de l’eau dans une nappe l’hiver pour la stocker à l’air libre revient à transférer une ressource protégée de l’évaporation vers un dispositif qui, lui, s’évapore. Ce n’est pas une position idéologique : c’est un bilan hydrique.

Le chiffrage. À établir.

14.5 Intégrer l’humidité des sols et l’état des nappes dans le calcul du risque

Intégrer l’humidité des sols et l’état des nappes dans le calcul du risque incendie, en couplant les indicateurs de Météo-France et du BRGM dans un indice opérationnel unique à destination des préfectures et des SDIS.

Le chiffrage. À établir.

14.6 Repenser les paysages agricoles piste

Repenser les paysages agricoles : haies, arbres, bandes enherbées et mosaïques paysagères ralentissent le vent, limitent l’évaporation, favorisent l’infiltration et créent des microclimats. Ces services rendus à la collectivité devraient être rémunérés, comme le fait la Suisse pour certains services écosystémiques.

Le chiffrage. À établir.

14.7 Faire évoluer les filières vers des espèces et variétés plus tolérantes piste

Faire évoluer les filières vers des espèces et variétés plus tolérantes à la chaleur et moins exigeantes en eau — ce qui suppose de construire de nouvelles filières, avec les industriels, les distributeurs, la recherche et les pouvoirs publics, et non de laisser les agriculteurs porter seuls le risque économique de la transition. Poursuivre le progrès génétique sur l’efficience d’utilisation de l’eau, l’exploration racinaire, la régulation de la transpiration et la résistance aux fortes chaleurs.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. Constat qui la fonde : « au-delà de certains seuils thermiques, l’eau ne compense plus les pertes de rendement liées à la chaleur elle-même ». Donc : « L’irrigation n’est plus la seule solution. »

15
Économie, innovation et emploi

Finances publiques et dette

15.1 Adopter le cadre du CAE

Le Projet 2027 retient la cible de 112 Md€ sur six ans, avec un effort d’environ 27 Md€ la première année, comme contrainte commune à tous ses chapitres. Le Focus n° 124 devient la référence budgétaire commune à tous les chapitres du Projet 2027. Pour chaque mesure du programme qui touche aux finances publiques, indiquer la ligne correspondante du tableur du CAE, son montant et l’écart éventuel avec notre propre proposition.

Le chiffrage. 112 Md€ sur six ans, dont 27 Md€ la première année ; 127 Md€ en cas de hausse durable des taux ; ≈ 148 Md€ en ajoutant la dérive tendancielle de 6 Md€ par an.

Comment savoir si c’est raté. « Ces chiffres datent de 2025 : sont-ils encore valables ? Les ordres de grandeur, oui ; les montants exacts devront être actualisés avec les comptes 2026 et le budget en vigueur au moment de l’élection. »

15.2 Une règle de gage

Toute dépense nouvelle du programme est gagée sur un levier identifié du tableur du CAE ou sur une économie chiffrée équivalente. Le cadrage doit aussi intégrer les dépenses nouvelles que le Projet 2027 a déjà chiffrées : le plan d’urgence pour les PME et le service national.

Le chiffrage. 6,8 Md€ par an de dépenses nouvelles déjà chiffrées à gager : plan PME (0,8 Md€ la première année, 1,8 Md€ en régime de croisière) et service national (environ 5 Md€ par an en croisière).

15.3 Commencer par les leviers convergents

Taxe d’habitation, millefeuille, mutualisation, prévention, emploi, productivité, fraude : environ 73 Md€ d’ordre de grandeur. Plusieurs leviers recensés par le CAE rejoignent des choix déjà arrêtés dans les chapitres du programme. Le total d’environ 73 Md€ est une estimation Élysée Conseils ; il donne un ordre de grandeur, pas une trajectoire.

Le chiffrage. ≈ 73 Md€ : taxe d’habitation rétablie 21,8 Md€ (9,3 si limitée aux 20 % les plus aisés), baisse du chômage 15,1, productivité 12,3, santé prévention et efficience 7,9, millefeuille doublons 7,5 (1,5 + 6,0), fraude 4,1, achats mutualisés 3,0, écotaxe poids lourds 1,0, chambres consulaires et Bpifrance 0,8. La version limitée de la taxe d’habitation ramènerait le total vers 61 Md€.

Comment savoir si c’est raté. « Il additionne des montants de nature et d’horizon différents (2026 pour la taxe d’habitation, 2030 pour la plupart des autres, gains structurels incertains pour l’emploi et la productivité). Il donne un ordre de grandeur, pas une trajectoire. »

15.4 Arbitrer le reste au grand jour

Chaque chapitre (retraites, santé, fiscalité, PME) précise ses choix parmi les leviers restants, avec leurs effets sur la croissance et les inégalités. Pour atteindre 112 Md€, il restera environ 39 Md€ à trouver parmi des leviers sur lesquels le programme n’a pas encore tranché. Ces choix seront faits chapitre par chapitre, à découvert.

Le chiffrage. ≈ 39 Md€ restant à arbitrer. Principaux leviers listés par le CAE : hausse d’un point de CSG 14,6 ; niches sociales des compléments de salaire jusqu’à 18 ; suppression des bandeaux maladie et famille 11,4 ; héritage (assurance-vie, pacte Dutreil, démembrement) 8,0 ; hausse d’un point du taux normal de TVA 6,0 ; participation des assurés 5,5 ; ISF ou impôt plancher sur les hauts patrimoines ≈ 5 ; abattement de 10 % des retraités 4,8 ; taux réduits de TVA 4,2 + 4,5 ; subventions à l’enseignement privé 3,5.

15.5 Protéger l’avenir : éducation et investissement hors des coupes

Éducation et investissement productif sont exclus des coupes générales, conformément aux travaux de l’OCDE repris par le CAE. Le CAE rappelle que réduire les dépenses d’éducation pèse sur la croissance et sur les inégalités, à court comme à long terme. Le chapitre Éducation conserve au moins la moitié des postes libérés par la démographie pour réduire la taille des classes : une partie seulement de ce « dividende » est donc mobilisable.

Le chiffrage. Le CAE recense une baisse de la dépense éducative proportionnelle à la baisse démographique de 0,4 Md€ en 2026 et 3,4 Md€ en 2030 ; le « dividende démographique » est d’au moins 5 Md€ par an, contre un plan éducatif de 3,8 Md€ par an en 2035 (Note du CAE n° 93).

15.6 Évaluer et ajuster : clause de revue à 12-24 mois

Chaque mesure porte une clause de revue à 12-24 mois et une sortie progressive si elle ne tient pas ses promesses (méthode agile du programme), et le tendanciel est publié chaque année. Méthode du Projet 2027 : chaque loi votée comporte une clause d’extinction, une revue d’efficacité à 12 ou 24 mois et, le cas échéant, une sortie linéaire des aides sur trois ans.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. La proposition EST un critère de réfutation généralisé : « une sortie progressive si elle ne tient pas ses promesses ».

15.7 Publier le tendanciel et la trajectoire à politique inchangée

Le CAE demande que tous les éléments qui servent à construire le tendanciel des dépenses soient rendus publics, pour que chaque acteur du débat puisse refaire les calculs. Le Projet 2027 fait sienne cette exigence : un budget dont la référence est opaque n’est pas un budget débattu. Publier systématiquement, dans le rapport économique, social et financier, une trajectoire de moyen terme à politique inchangée, selon une méthode stable, en dialogue avec le Haut Conseil des finances publiques. Piste en construction : l’annexer chaque année au projet de loi de finances, sous une forme lisible et reproductible.

Le chiffrage. Illustration : le projet de budget de juillet 2025 annonçait 44 Md€ de « mesures nouvelles » pour une impulsion budgétaire réelle de 18,9 Md€, les 25,1 Md€ restants ne servant qu’à neutraliser le tendanciel.

15.8 Des budgets pluriannuels sur trois ans, avec droit de report

Des budgets pluriannuels sur trois ans pour l’État et les collectivités, avec droit de report des crédits non consommés et intéressement des services aux économies réalisées. Il s’agit de supprimer une absurdité que tout agent public connaît : le budget qu’il faut dépenser avant le 31 décembre sous peine de le perdre.

Le chiffrage. À établir.

15.9 La fin de la règle qui punit la bonne gestion

Un budget non consommé n’entraîne plus de réduction automatique de la dotation suivante.

Le chiffrage. À établir.

15.10 Deux rapports détaillés sur les retraites et la santé

Deux rapports détaillés sur les retraites et la santé, qui portent l’essentiel de l’effort, parce que c’est là que se trouve l’essentiel de la dépense. Pour les retraites, le Projet 2027 retient un régime universel par points avec ajustement automatique à l’espérance de vie, plutôt qu’un report de l’âge légal ; le rendement de cette réforme reste à chiffrer sur la même base que le CAE.

Le chiffrage. Leviers CAE traités autrement : report de l’âge légal 17,7 Md€ en 2035, gel de l’indexation 2,6 Md€ en 2026 et 15,7 Md€ en 2030. Le Focus n° 121 du CAE montre que la séparation entre cotisation employeur « normale » et subvention d’équilibre réduirait de 28,9 Md€ (2023) la dépense affichée des retraites de l’État, à solde inchangé.

Comment savoir si c’est raté. « Le rendement de notre réforme reste à chiffrer sur la même base que le CAE. »

15.11 Des obligations d’État destinées aux ménages piste

Une trajectoire budgétaire qui garantit l’éligibilité au TPI ; une doctrine publique, débattue au Parlement, des contreparties acceptables en cas d’intervention ; des obligations d’État destinées aux ménages pour élargir la détention domestique de la dette. Résultat attendu : une moindre dépendance aux investisseurs non-résidents, qui détiennent 56 % de la dette négociable, et un rapport de force préparé à froid.

Le chiffrage. Les investisseurs non-résidents détiennent 56 % de la dette négociable.

Comment savoir si c’est raté. Statut déclaré par la source : « À instruire. »

16
Économie, innovation et emploi

Fiscalité

Chaque prélèvement doit être compréhensible : qui paie, pourquoi, et pour quel service. La réforme distingue le salaire différé des dépenses de solidarité afin de financer la protection sociale sur des assiettes cohérentes.

16.1 Une loi de simplification fiscale dès le premier budget

Une loi de simplification fiscale dès le premier budget du quinquennat, qui reprend en un seul texte les suppressions et fusions des fiches, avec pour chacune sa compensation identifiée. Ce qui a manqué depuis 2018, c’est une méthode qui ne laisse pas chaque ministère défendre « ses » taxes. Aujourd’hui : conférences fiscales sans pouvoir de décision, 53 accords sur 209 propositions ; avec la réforme : une loi de simplification, arbitrée au niveau du Premier ministre.

Le chiffrage. Périmètre des 28 fiches ; les scénarios de la Cour des comptes « sont conçus sans perte de recettes significative ».

16.2 Un inventaire public et annuel de tous les prélèvements

Un inventaire public et annuel de tous les prélèvements, annexé au projet de loi de finances : base légale, collecteur, rendement, bénéficiaire, nombre de redevables. Le chiffre de 438 prélèvements deviendrait officiel. Aujourd’hui : aucun inventaire officiel, 117 rendements inconnus ; avec la réforme : inventaire annuel annexé au budget, rendement obligatoire.

Le chiffrage. 117 taxes au rendement inconnu sur 243 recensées ; 438 prélèvements selon le décompte non officiel de l’iFRAP.

16.3 Un collecteur généraliste et une période unique de déclaration

Un collecteur généraliste et une période unique de déclaration (septembre-octobre) pour les petites taxes des entreprises, avec une télédéclaration distincte de celle de la TVA. Aujourd’hui : 38 collecteurs spécialisés, calendriers dispersés ; avec la réforme : DGFiP ou URSSAF, période unique de déclaration.

Le chiffrage. 38 collecteurs spécialisés en plus des trois généralistes ; échéances dispersées sur l’année (taxe à l’essieu en janvier, main-d’œuvre étrangère en février, services numériques en avril, publicité et produits phytosanitaires en mai).

16.4 Une règle pour toute nouvelle petite taxe

Une règle pour toute nouvelle petite taxe : un rendement plancher de 10 M€ pour les taxes de rendement, une étude d’impact qui chiffre le coût pour les redevables, une clause d’extinction et une revue d’efficacité à 24 mois. La règle s’applique hors taxes comportementales et hors taxes compensant une nuisance locale. Aujourd’hui : 12 petites taxes créées entre 2019 et 2024 malgré la circulaire de 2018.

Le chiffrage. 37 taxes rapportent moins de 10 M€ ; les 7 microtaxes de la fiche 26 rapportent 20 M€ pour un coût net de 15 M€ pour les finances publiques (33 M€ de plus avec un seuil de 25 M€, 15 taxes).

Comment savoir si c’est raté. La proposition EST un critère de réfutation : « une clause d’extinction et une revue d’efficacité à 24 mois ».

16.5 Le plafonnement systématique des taxes affectées

Plafonner systématiquement les taxes affectées à des tiers autres que les collectivités et la sécurité sociale, et réaffecter au budget général les taxes de rendement des opérateurs de l’État. Le plafonnement permet de financer les suppressions sans dégrader le solde public : le surplus est affecté aux suppressions.

Le chiffrage. 84 taxes non plafonnées, 1 853 M€ non plafonnés, en hausse de 13 % en un an.

16.6 Supprimer ou remplacer sans délai — fiches 1 à 9

Neuf fiches reprenant le scénario 1 de la Cour des comptes, chacune refermée par une proposition : remplacer les 16 taxes affectées aux CTI et CPDE par des contributions volontaires des filières, avec une sortie progressive sur trois ans ; intégrer la taxe « premix » dans le droit des accises, ou la supprimer si la revue d’efficacité à 24 mois ne montre aucun effet ; impôt sur les maisons de jeux, mesure acquise ; supprimer la contribution sur les revenus locatifs après objectivation de son rendement ; supprimer la taxe sur l’emploi de main-d’œuvre étrangère au profit de l’amende créée en 2024 ; supprimer la taxe sur la publicité par imprimés ; supprimer la composante « lessives » de la TGAP et arbitrer la composante « granulats » ; supprimer les perceptions sur les petits envois et produits d’origine agricole après vérification du lien avec les droits européens ; demander la publication de la liste des 17 taxes DGFiP non nommées.

Chiffrage partiel : Neutre en cas de regroupement ; gain de gestion de 6 à 17 M€ par an. Une suppression pure et simple de toutes les taxes concernées ferait perdre jusqu’à environ 6 Md€. Reste à chiffrer : La liste des taxes supprimées ou regroupées reste à arrêter.

Sources : Cour des comptes, Les taxes à faible rendement, avril 2025.

Comment savoir si c’est raté. Fiche 2 : « supprimer la taxe si la revue d’efficacité à 24 mois de la nouvelle branche « stimulants » ne montre aucun effet ». Fiche 3 : « il reste à vérifier que les communes n’enregistrent plus de recettes à ce titre ».

16.7 Revoir le financement de quatre politiques — fiches 10 à 20

Onze fiches reprenant le scénario 2 : supprimer la part « rendement » affectée à l’Anses et financer la phytopharmacovigilance par une redevance calculée sur son coût ; ajuster chaque année le barème des taxes sur les médicaments vétérinaires au coût réel de l’instruction ; convertir les taxes d’évaluation en redevances pour service rendu ; évaluer l’effet dissuasif des taxes sur la publicité des produits de santé, puis les relever ou les intégrer à la fiscalité générale du médicament ; fusionner les onze taxes du contrôle sanitaire des aliments en une redevance par filière au coût réel ; créer une contribution unique des non-salariés versée à France compétences, à taux harmonisé ; remplacer les taxes ANFA et immatriculation des véhicules de transport par des contributions conventionnelles de branche ; transférer la collecte de la contribution formation BTP aux URSSAF ; intégrer la taxe additionnelle au foncier non bâti à la taxe foncière sur les propriétés non bâties ; instaurer un seuil minimal de collecte et simplifier la déclaration de la taxe sur la publicité extérieure.

Le chiffrage. Produits phytosanitaires 20,1 M€ (2024) ; médicaments vétérinaires 8,3 M€ ; taxes d’évaluation 12,8 M€ ; publicité des produits de santé 174,3 M€ ; 11 redevances sanitaires 97,3 M€ ; contributions formation des non-salariés 365,6 M€ ; taxe ANFA 28,0 M€ ; immatriculation des véhicules de transport 62,0 M€ ; collecte PRO BTP 128,4 M€ ; taxe additionnelle au foncier non bâti 91 M€ (2023) ; publicité extérieure 148 à 231 M€.

Comment savoir si c’est raté. Fiche 13 : « Si l’effet est réel, les relever ; s’il est nul, les intégrer à la fiscalité générale du médicament. » Fiche 14 : la fusion n’intervient qu’« après le bilan de la réforme de 2024 ».

16.8 Fusionner les doublons et fixer des règles — fiches 21 à 28

Huit fiches reprenant le scénario 3 : supprimer la taxe additionnelle à la Tascom et faire de la signature des accords une condition contractuelle ; fusionner les deux taxes sur les terrains devenus constructibles en une taxe unique affectée aux collectivités, d’abord à taux constant ; TLV et THLV, mesure acquise au 1er janvier 2027, dont il reste à évaluer les effets sur la remise en location ; fusionner les cotisations additionnelles CGLLS et ANCOLS en une cotisation unique dont la loi fixe la répartition ; supprimer le droit sur les boissons non alcoolisées, y compris sa composante « eaux de laboratoire », et compenser à rendement constant par la taxe sur les boissons sucrées ; seuil de 10 M€ pour les microtaxes ; plafonnement des taxes affectées ; réexaminer les trois taxes intempéries BTP, taxe Buffet et CVEC dans la loi de simplification.

Le chiffrage. Taxe additionnelle Tascom : inconnu. Terrains constructibles : 24 M€ + non publié. TLV : 346 M€ (2023). Cotisations CGLLS et ANCOLS : 56,4 M€ en 2024 (45,1 + 11,3), 69,3 M€ en 2023. Boissons non alcoolisées ≈ 75 M€. Microtaxes : 20 M€ pour 7 taxes. Taxes affectées non plafonnées : 1,85 Md€. Intempéries BTP, taxe Buffet, CVEC ≈ 350 M€.

Comment savoir si c’est raté. Fiche 23 : « Il reste à en évaluer les effets sur la remise en location des logements. »

16.9 Une règle de périmètre constant : aucune hausse globale des prélèvements

Aucune hausse globale des prélèvements. Toute recette nouvelle est gagée sur une baisse équivalente ailleurs.

Le chiffrage. Taux de prélèvements obligatoires le plus élevé de la zone euro : 43,6 % du PIB en 2025, 44,1 % attendus en 2026 ; 37 Md€ de hausses décidées sur 2025 et 2026.

16.10 Rétablir une taxe d’habitation modernisée

Le rétablissement d’une taxe d’habitation modernisée sur les résidences principales, progressive selon le revenu et la composition du foyer, avec exonération des ménages modestes et retour du pouvoir de taux aux communes. C’est une recette rendue aux communes, qui retrouvent un lien fiscal avec leurs habitants et une raison d’accueillir de nouveaux logements. Pour l’État, le gain vient de la fin des compensations qu’il verse aujourd’hui.

Chiffrage : Recette de 21,8 Md€ par an pour l’État, qui cesserait de compenser les collectivités par une fraction de TVA (18,8 à 20,3 Md€ si une baisse de la taxe foncière l’accompagne).

Sources : CAE, tableur des 170 mesures du Focus n° 124, octobre 2025 ; Cour des comptes, Les finances publiques locales 2026, juillet 2026.

16.11 Libérer la fraction de TVA affectée aux collectivités

La libération de la fraction de TVA aujourd’hui affectée aux collectivités, réorientée vers la baisse des charges sur le travail. La TVA est devenue le grand tuyau qui bouche les trous que la politique fiscale a creusés : une part est affectée à la Sécurité sociale, une autre compense la suppression de la taxe d’habitation et de la CVAE, une troisième finance l’audiovisuel public.

Le chiffrage. À établir.

16.12 Une contribution progressive à l’audiovisuel public

Une contribution progressive à l’audiovisuel public, adossée à la taxe d’habitation, garantissant une ressource pluriannuelle indépendante du vote budgétaire annuel. Une réforme de l’audiovisuel public — périmètre, gouvernance, économies — assortie d’un droit d’orientation des citoyens sur les grandes lignes éditoriales. Un rapport dédié sera publié.

Le chiffrage. À établir.

16.13 Pas de rétablissement de l’ISF

Pas de rétablissement de l’ISF. Le débat est symbolique, le rendement marginal au regard du déficit, et l’effet sur la localisation des capitaux réel. Rétablir l’ISF ne réglerait pas le déficit : le déficit public 2025 s’élève à 152,5 milliards d’euros.

Le chiffrage. L’IFI concerne environ 150 000 à 190 000 foyers pour un rendement de l’ordre de 1,5 à 2 Md€. Le CAE juge « ambitieux » d’espérer plus de 5 Md€ d’une taxation du patrimoine ; un impôt de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 M€ rapporterait 18,3 Md€ sur le papier, environ 4,75 Md€ une fois les réactions prises en compte.

16.14 Sortir de l’IFI les logements loués en longue durée

La sortie de l’assiette de l’IFI des logements loués en longue durée à usage de résidence principale. Les résidences secondaires, les logements vacants et la location touristique de courte durée restent taxés. L’IFI, tel qu’il existe, taxe celui qui loge des Français.

Le chiffrage. À établir.

16.15 Rétablir une réduction d’IFI pour souscription au capital de PME

Le rétablissement d’une réduction d’IFI pour souscription au capital de PME, sur le modèle de l’ancien dispositif ISF-PME, avec plafond et durée de conservation. Une extension inédite aux entreprises en difficulté, via des réseaux associatifs agréés d’accompagnement de dirigeants, qui instruisent et suivent les dossiers.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « Une évaluation publique du dispositif à trois ans, avec clause d’extinction s’il ne démontre pas son effet sur l’emploi et la survie des entreprises. »

16.16 L’extinction automatique des niches fiscales non évaluées

L’extinction automatique des niches fiscales et dispositifs d’intervention non évalués, à échéance fixe inscrite dans la loi.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. La proposition EST un critère de réfutation : l’extinction est automatique à défaut d’évaluation.

16.17 La bascule des cotisations non contributives vers la CSG et la TVA

La bascule des cotisations non contributives — maladie, famille, dépendance — vers la CSG et la TVA, étalée sur cinq ans et à prélèvement global constant. La TVA est déjà sociale ; la vraie question est de savoir ce qu’on lui demande de faire, et nous voulons qu’elle finance la baisse des charges sur le travail.

Le chiffrage. À prélèvement global constant, sur cinq ans. Repère CAE : un point de taux normal de TVA = 6,0 Md€ ; un point de CSG = 14,6 Md€.

Comment savoir si c’est raté. « La publication de l’évaluation distributive décile par décile avant le vote, et non après, avec engagement de compensation si les premiers déciles y perdent. »

16.18 Le maintien intégral des taux réduits de TVA

Le maintien intégral des taux réduits : les produits de première nécessité restent à 5,5 %, et le taux super-réduit de 2,1 % est préservé. La progressivité est rendue par ailleurs : nouvelle taxe d’habitation progressive et égalisation des taux de CSG entre catégories de contributeurs.

Le chiffrage. Leviers CAE écartés de fait : taux réduits de TVA (restauration, travaux) 4,2 + 4,5 Md€.

16.19 Un taux majoré de TVA sur les biens de luxe piste

L’ouverture d’une négociation européenne sur la possibilité d’un taux majoré applicable aux biens de luxe.

Le chiffrage. À établir.

16.20 Maintenir le pacte Dutreil et le resserrer sur les holdings

Le maintien ferme du pacte Dutreil pour la transmission de l’outil professionnel, garant de la survie des PME et ETI familiales. Son resserrement sur les holdings : exclusion explicite des biens privés logés dans des structures présentées comme des outils de production, dans le prolongement des travaux de la Cour des comptes et de la loi de finances pour 2026.

Le chiffrage. Levier CAE recensé, non retenu en l’état : allègements sur l’héritage (assurance-vie, pacte Dutreil, démembrement) 8,0 Md€.

16.21 Un choc de transmission anticipée

Un choc de transmission anticipée : abattements fortement relevés et délai de rappel fiscal raccourci pour les donations, notamment aux petits-enfants. On hérite aujourd’hui à un âge où l’on n’en a plus besoin, pendant que les trentenaires n’ont rien. Une contrepartie assumée : une fiscalité un peu plus lourde sur les successions non anticipées et sur les très gros héritages, à rendement global constant.

Le chiffrage. À rendement global constant.

16.22 Réviser les dispositifs dérogatoires les plus concentrés

La révision des dispositifs dérogatoires les plus concentrés, à commencer par le régime de transmission de l’assurance-vie, dont l’avantage croît avec le patrimoine.

Le chiffrage. À établir.

16.23 Six garde-fous indispensables à toute taxe sur le patrimoine piste

Si une taxation du patrimoine était instaurée : aménager les actifs professionnels illiquides par une exonération partielle jusqu’à un seuil ou un coefficient de liquidité ; ne taxer que les fortunes réellement disponibles, c’est-à-dire les distributions effectives plutôt que les valorisations latentes ; conditionner le régime des holdings ; lisser les valorisations sur une moyenne mobile pluriannuelle ; prévoir des paiements étalés adossés à une garantie ; coordonner à l’échelle internationale, et envisager un seuil européen pour réduire l’arbitrage.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « Ces conditions compliquent la mise en œuvre. Elles sont pourtant nécessaires pour éviter qu’une taxe destinée à corriger une injustice n’en produise d’autres. »

16.24 Distinguer réinvestissement productif et consommation privée

Maintien du régime favorable (quasi-exonération mère-fille) si les bénéfices financent des projets créateurs d’emplois, d’innovation ou de capital industriel ; taxation majorée — de l’ordre de dix points — sur les sommes extraites pour un usage privé non productif. Instaurer une clause d’usage : report d’imposition tant que l’argent reste investi dans l’économie française ; imposition immédiate, à taux ajusté, dès qu’il en sort à des fins personnelles.

Le chiffrage. Taxation majorée « de l’ordre de dix points ».

16.25 Rééquilibrer salaires et dividendes

Aligner progressivement capital et travail : instaurer une contribution sociale spécifique sur les dividendes perçus par les dirigeants actifs de société, en alignement partiel avec les cotisations salariales — tout en maintenant la flat tax classique pour les actionnaires passifs, afin de ne pas décourager l’investissement. Réaffirmer le principe contributif : transformer une partie des 17,2 % de prélèvements sociaux sur dividendes en cotisations ouvrant des droits — retraite, dépendance.

Le chiffrage. Un salarié supporte 45 à 55 % de prélèvements globaux du super-brut au net, un dirigeant rémunéré en dividendes 30 % de flat tax ; 17,2 % de prélèvements sociaux sur les dividendes.

16.26 Protéger et encourager l’investissement productif

Exonérer partiellement les réinvestissements productifs : bonus fiscal pour les bénéfices réinjectés dans le tissu économique français — PME, start-ups, transition énergétique — avec plafonnement pour éviter les abus. Lisser les valorisations sur plusieurs années : en cas de taxe complémentaire, retenir une moyenne pluriannuelle plutôt qu’une photographie instantanée. Renforcer les outils anti-évasion : coopération européenne et internationale contre l’exil fiscal, transparence accrue sur les trusts, fondations et sociétés écrans.

Le chiffrage. À établir.

16.27 Facturation électronique : quatre questions laissées ouvertes piste

Faut-il imposer l’émission par plateforme à une entreprise en franchise en base, qui ne facture aucune TVA, ou un seuil d’activité serait-il plus juste ? Dès lors que l’État rend le canal obligatoire, doit-il garantir à chaque entreprise un accès gratuit et durable à l’émission et à la réception, indépendant de toute offre commerciale ? Qui supporte le préjudice lorsqu’une facture est bloquée par une plateforme indisponible ou radiée ? Les données de facturation collectées doivent-elles être strictement cantonnées à l’usage fiscal, sous un contrôle indépendant de leur exploitation ?

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « L’équilibre entre lutte contre la fraude, modernisation de l’État et respect des libertés économiques ne se tranche pas par la technique. Il relève d’un choix politique. »

16.28 Harmoniser la CSG et rendre l’impôt sur le revenu universel

Le taux de CSG serait progressivement harmonisé entre actifs et retraités. Un impôt sur le revenu universel, associé à un mécanisme d’impôt négatif pour les faibles revenus, rendrait visible la contribution de chacun tout en protégeant les ménages modestes.

Chiffrage partiel : Harmonisation de la CSG : 0,5 à 1,3 Md€ par an. Reste à chiffrer : L’impôt universel et l’impôt négatif dépendent du barème retenu (repère : la prime d’activité coûte 14,8 Md€ en 2027).

Sources : CAE, tableur des 170 mesures du Focus n° 124, octobre 2025 ; Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, octobre 2026.

16.29 Garantir le fléchage des nouveaux prélèvements

Tout prélèvement nouveau devrait indiquer explicitement ce qu’il finance et faire l’objet d’un suivi vérifiable. Ce principe renforcerait le contrôle du législateur, la lisibilité budgétaire et le consentement à l’impôt.

Le chiffrage. À établir.

17
Économie, innovation et emploi

Entreprises, PME et emploi

Notre diagnostic s’appuie notamment sur les travaux de la Banque de France. L’objectif est de reconstruire durablement la prospérité française en agissant sur trois leviers mesurables : le taux d’emploi, la durée effective du travail et la productivité.

17.1 Des délais opposables, à la banque comme à l’administration

Demande unique de pièces sous 7 jours, réponse bancaire motivée sous 30 jours, décision administrative sous 60 jours, interlocuteur unique. Extension de l’obligation de motivation des refus de crédit déjà prévue par le code monétaire et financier. Résultat attendu : des projets qui démarrent plus vite, sans dépense nouvelle. Origine : livre blanc IDEE PME n° 1 et 14.

Chiffrage : Coût de 0,8 Md€ la première année et de 1,8 Md€ par an en régime de croisière.

Sources : Élysée Conseils, plan d’urgence PME, documents de travail n° 1 et 2, septembre 2026 ; IDEE PME, livre blanc « Faisons de la France une terre d’entrepreneurs », 2021.

Comment savoir si c’est raté. « Vigilance : prévoir la sanction du dépassement de délai. » Statut [I] — à instruire.

17.2 La fin de la caution à vie du dirigeant

La caution personnelle reste figée au montant initial du prêt alors que le capital dû diminue chaque année ; elle survit aux plans de redressement. Proratiser de plein droit la caution au capital restant dû ; étendre à la caution le gel des intérêts accordé à l’entreprise pendant le plan. Résultat attendu : un risque personnel proportionné à la dette réelle. Origine : livre blanc n° 12 et 13.

Le chiffrage. « Coût public nul. »

Comment savoir si c’est raté. « Vigilance : articulation avec la réforme du droit des sûretés de 2021. » Statut [I] — à instruire.

17.3 Une garantie publique qui garantit vraiment

La garantie Bpifrance couvre 50 % du prêt de reprise, 70 % seulement si la Région intervient, et n’est honorée qu’après épuisement des biens de l’entreprise, parfois de ceux du repreneur. Quotité de 70 % sans cofinancement régional pour la transmission ; mise en jeu à la défaillance de l’emprunteur. Les entreprises garanties croissent de 10,1 points de plus que des entreprises comparables et survivent mieux à trois ans (+ 6 points), selon le PAP 2026. Origine : livre blanc n° 9 et 26.

Le chiffrage. 20 à 35 M€ par an de dotation supplémentaire (risque couvert de 4,8 Md€ en 2025, part de la transmission supposée de 20 à 25 %, levier de 15 à 21).

Comment savoir si c’est raté. « Vigilance : la part réelle de la transmission reste à confirmer. » Statut [I] — à instruire.

17.4 Un fonds citoyen d’obligations PME

Un compartiment d’épargne adossé à la Caisse des Dépôts, rémunéré à l’OAT nette de prélèvement forfaitaire, prêtant aux PME en prêts participatifs, avec garantie publique des premières pertes sur le modèle des prêts participatifs Relance. Règle d’indexation proposée : rémunérer l’épargnant au rendement de l’OAT à 10 ans net du prélèvement forfaitaire, soit 4,45 % × (1 − 31,4 %) ≈ 3,05 %. C’est le niveau retenu pour la société publique de placement immobilier du chapitre Logement : une même règle pour les deux véhicules. Origine : livre blanc n° 4 et 30.

Le chiffrage. Pour 10 Md€ d’encours : environ 95 M€ d’exonération et 10 à 100 M€ de garantie nette, soit 100 à 200 M€ par an à maturité (20 à 40 M€ la première année).

Comment savoir si c’est raté. « Vigilance : concurrence avec le Livret A ; taux de pertes à calibrer. » Statut [I] — à instruire.

17.5 Une déduction pour fonds propres des PME

La fiscalité favorise la dette : les intérêts se déduisent, les fonds propres non, et l’écart grandit avec les taux. Déduction, au taux de l’OAT, d’un rendement notionnel sur la hausse des fonds propres des PME, limitée aux cinq derniers exercices. Résultat attendu : des PME mieux capitalisées, donc plus résistantes aux chocs. Refonte de la proposition n° 23 du livre blanc.

Le chiffrage. Environ 0,2 Md€ la première année (0,2-0,4), environ 1 Md€ après cinq ans (fourchette de 0,9 à 1,8 Md€). « La version d’origine, l’exonération totale des réserves, aurait coûté 4 à 5 Md€ par an. » Hypothèse : hausse annuelle des fonds propres de 20 à 40 Md€.

Comment savoir si c’est raté. « Vigilance : hypothèse de stock à remplacer par des données de la DGFiP ; compatibilité européenne. » Statut [I] — à instruire.

17.6 Un taux unique de 0,1 % sur les mutations d’entreprise

Céder une SAS coûte 0,1 %, une SARL 3 %, un fonds de commerce jusqu’à 5 % : la forme juridique décide du coût de la transmission. Taux unique de 0,1 %, compensation des départements et des communes. Sur un fonds au prix médian, les droits passent de 2 691 € à 113 €. Origine : livre blanc n° 29.

Le chiffrage. Environ 260 M€ pour les fonds de commerce, plus les parts de SARL : 0,3 à 0,5 Md€ par an. Données Altares, cessions 2025 : un peu moins de 30 000 cessions, prix moyen 241 781 €, médian 112 700 €.

Comment savoir si c’est raté. « Vigilance : estimation à confirmer par l’état A du PLF. » Statut [I] — à instruire.

17.7 Sauver les entreprises viables en difficulté

Une entreprise en plan de continuation est classée en défaut par les banques, qui ne lui prêtent plus, alors que le tribunal vient d’attester sa viabilité. Pérenniser la procédure accélérée rétablie par le Sénat ; garantie publique de l’argent frais apporté pendant le plan, qui allège la charge en fonds propres des banques. Résultat attendu : des redressements qui aboutissent au lieu de liquidations différées. Origine : livre blanc n° 11, 48 et 51.

Le chiffrage. 50 à 150 M€ par an, « fourchette large ». La procédure accélérée, prorogée jusqu’au 31/12/2028, « a permis un plan dans 72 % des cas ».

Comment savoir si c’est raté. « Vigilance : nombre annuel de plans à documenter. » Statut [I] — à instruire.

17.8 Une justice économique et des garanties pour le contribuable

Échevinage dans les procédures collectives au moment de la généralisation des tribunaux des activités économiques ; présomption de bonne foi effective ; perquisition fiscale instruite à charge et à décharge ; fin de l’évaluation des vérificateurs au taux de rectification ; groupements de prévention agréés rendus opérationnels. Origine : livre blanc n° 34, 44, 45, 46, 53 et 55.

Le chiffrage. 15 à 20 M€ par an (environ 150 magistrats).

Comment savoir si c’est raté. « Vigilance : rapport d’évaluation des tribunaux des activités économiques attendu avant le 1er juillet 2028. » Statut [I] — à instruire.

17.9 Pacte pour le travail et l’expérience

Aligner le taux d’emploi des seniors sur le standard scandinave de 75 %, par la valorisation de l’expérience, l’accès massif à la formation continue et une refonte des fins de carrière.

Le chiffrage. Objectif de 75 % de taux d’emploi des seniors. Repère CAE : une hausse de l’emploi des seniors vaut 17,7 Md€ en 2035 ; une baisse du chômage de 0,4 point par an pendant cinq ans, 15,1 Md€ en 2030 (un point de chômage en moins améliore les comptes de 7,6 Md€ par an).

17.10 Choc d’investissement stratégique

Réallouer 2 à 3 points de PIB des frais de fonctionnement publics vers trois piliers : recherche et développement, transition énergétique, défense.

Le chiffrage. 2 à 3 points de PIB réalloués.

17.11 Renaissance de la France productive

Baisser drastiquement les impôts de production pour recréer un tissu dense de PME industrielles, sur le modèle de l’Italie du Nord.

Le chiffrage. À établir.

17.12 Contrat de transparence publique

Une règle budgétaire privilégiant l’investissement sur le fonctionnement, chaque euro public étant évalué à l’aune de son impact sur la richesse par habitant.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. La proposition EST un critère d’évaluation : « chaque euro public étant évalué à l’aune de son impact sur la richesse par habitant ».

17.13 Priorité à la jeunesse et à l’apprentissage

Généraliser l’apprentissage précoce et orienter l’enseignement supérieur vers les métiers de la technologie, de l’énergie et de l’industrie. Accélération de l’entrée dans la vie active : généraliser l’apprentissage dès 16 ans et simplifier les ponts entre école et entreprise, pour supprimer les années de stagnation post-diplôme.

Le chiffrage. À établir.

17.14 Choc de productivité par l’innovation

Orienter les investissements vers la robotisation, l’intelligence artificielle et l’automatisation, pour une croissance intensive.

Le chiffrage. Repère CAE : une croissance de la productivité plus forte de 0,2 point par an vaut 12,3 Md€ en 2030.

Comment savoir si c’est raté. Le CAE précise que ces gains « ne se décrètent pas » : ils sont lents et parfois coûteux au départ.

17.15 Plan « Épargne Innovation »

Créer des dispositifs d’épargne longue et des fonds de pension à la française pour flécher l’épargne des ménages vers le capital-risque national et les entreprises stratégiques.

Le chiffrage. À établir.

17.16 Arbitrage intergénérationnel

Stabiliser la part des dépenses liées au passé pour réallouer chaque euro économisé vers l’éducation, la formation et les universités.

Le chiffrage. À établir.

17.17 Relier chaque réforme à un levier de croissance

Chaque politique sectorielle doit démontrer sa contribution à l’emploi, à la quantité de travail effectivement produite ou à la productivité. Ce cadre commun permet d’évaluer les résultats, de hiérarchiser les dépenses et d’éviter l’empilement de mesures sans effet mesurable sur la prospérité du pays.

Le chiffrage. À établir.

17.18 Concilier expertise, pédagogie et évaluation

Les réformes doivent reposer sur un diagnostic documenté, compréhensible par tous et accompagné d’indicateurs publics. L’analyse de long terme fournit les preuves ; une présentation accessible explique ce que le décrochage coûte aux ménages et comment chaque mesure contribue à refermer l’écart.

Le chiffrage. À établir.

18
Économie, innovation et emploi

Industrie et réindustrialisation

Les semi-conducteurs constituent un cas d’école : investissements massifs, compétition mondiale et horizons longs. La même méthode peut être appliquée aux autres filières stratégiques.

18.1 Publier chaque année les vrais indicateurs

Substituer au seul « poids de l’industrie dans le PIB » trois indicateurs officiels et opposables : le solde manufacturier hors énergie, hors matériel militaire et hors aéronautique ; le contenu importé de la consommation des ménages ; et l’origine réelle des importations, corrigée de l’effet Rotterdam. On ne pilote pas ce qu’on mesure mal.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. La proposition EST un dispositif de réfutation : trois indicateurs « officiels et opposables » publiés chaque année.

18.2 Fermer la porte d’entrée à l’échelle européenne, pas nationale

L’épisode de mars 2026 l’a démontré : une mesure française sur les petits colis se contourne en vingt-quatre heures et détruit des emplois logistiques français sans réduire les flux d’un seul colis. Le traitement douanier, le contrôle de conformité et la traçabilité de l’origine doivent être harmonisés et appliqués aux 27, avec les moyens humains correspondants.

Le chiffrage. Référence : la taxe sur les petits colis (2 € par article sur les colis de moins de 150 € venant de pays tiers) créée par la loi de finances pour 2026 pour 500 M€ attendus, dont l’application a été suspendue au 1er juillet 2026 au profit d’un droit de douane européen.

Comment savoir si c’est raté. « Les colis chinois n’ont pas cessé d’arriver après la taxe de mars 2026 : ils changent de porte d’entrée et deviennent statistiquement européens. »

18.3 Exiger la réciprocité normative

Un produit vendu en France doit respecter les mêmes règles sociales, environnementales et sanitaires, quel que soit son lieu de fabrication. Ce n’est pas du protectionnisme : c’est l’égalité devant la règle. Un producteur français qui respecte le droit du travail, paie ses cotisations et décarbone son énergie ne peut pas être mis en concurrence avec un producteur dispensé des trois. L’accès à notre marché doit être la contrepartie d’un accès équivalent au leur, sur les marchés publics comme sur les transferts de technologie.

Le chiffrage. À établir.

18.4 Faire de l’électricité décarbonée et de l’automatisation notre avantage

La France dispose d’un atout que peu de pays possèdent : une électricité abondante, pilotable et faiblement carbonée. Couplée à l’automatisation, elle permet de produire ici à un coût compétitif, avec un contenu carbone inférieur à celui des importations. C’est l’inverse exact de la stratégie suivie depuis trente ans. Souveraineté énergétique et industrielle : un plan décennal fondé sur le pragmatisme — nucléaire et énergies décarbonées — pour offrir à nos industries l’énergie la moins chère d’Europe.

Le chiffrage. À établir.

18.5 L’État propriétaire de l’outil, l’industriel exploitant

Plutôt que de nationaliser l’usine, nationalisons les infrastructures industrielles d’avenir. Les 850 millions d’euros d’aides publiques destinés à la décarbonation de Dunkerque servent à acquérir l’unité de réduction directe du minerai et les fours à arc électrique, qui restent propriété de l’État et sont mis à disposition d’ArcelorMittal sans redevance. L’État déclenche immédiatement les travaux, sans attendre une décision d’investissement du groupe. En cas de retrait futur, la France dispose de l’outil de production et peut le proposer à un autre industriel.

Chiffrage partiel : Gain sur le déficit de 0 à environ 7 Md€ par an, seulement si les apports en capital ont une perspective de rendement (règle européenne de l’investisseur avisé) ; la dette n’est pas réduite. Reste à chiffrer : La liste des aides converties et leur rendement attendu restent à définir.

Sources : IGF, Revue de dépenses : les aides aux entreprises, avril 2024 ; Sénat, commission d’enquête sur les aides publiques aux grandes entreprises, juillet 2025.

Comment savoir si c’est raté. La source pose la limite de son propre argument : « Ce constat vaut pour la gestion industrielle directe et opérationnelle. Il ne remet pas en cause la capacité de l’État à porter des infrastructures de long terme. »

18.6 Capital stratégique : droits de vote renforcés et autorisation préalable

Actions à droits de vote renforcés pour les fondateurs ; autorisation préalable de l’État pour toute prise de participation étrangère. Pilier « Capital stratégique » de la doctrine d’intérêt national proposée d’ici 2027, tirée de l’affaire Gemplus.

Le chiffrage. À établir.

18.7 Technologie : cryptographie souveraine et hébergement national

Cryptographie souveraine ; hébergement des données stratégiques sur infrastructures françaises. Données, algorithmes et clés numériques localisés, protégés et chiffrés sous contrôle français ou européen.

Le chiffrage. À établir.

18.8 Créer un statut d’entreprise d’intérêt national stratégique

Création d’un statut d’entreprise d’intérêt national stratégique. Pilier « Protection juridique » de la doctrine, assorti d’un droit de veto public dans les secteurs critiques et de la présence de fonds souverains au capital.

Le chiffrage. À établir.

18.9 Un fonds souverain pour la néo-industrialisation

Fonds souverain dédié à la néo-industrialisation et au rapatriement technologique. Pilier « Financement » de la doctrine d’intérêt national.

Le chiffrage. À établir.

18.10 Talents : retenir les compétences scientifiques

Incitations fiscales et salariales pour retenir les compétences scientifiques. Chaque réimplantation doit soutenir des bassins d’emploi, former les jeunes, requalifier les seniors, réintégrer les territoires délaissés.

Le chiffrage. À établir.

18.11 Réindustrialiser proprement, à haute valeur ajoutée

Réindustrialisation à haute valeur ajoutée, localisée, robotisée et bas carbone. Écologiquement responsable : réindustrialiser proprement — technologie circulaire, locale, cohérente avec nos objectifs climatiques.

Le chiffrage. À établir.

18.12 Réduire les dépendances critiques

Composants électroniques, terres rares, principes actifs pharmaceutiques : identifier les points de rupture et y remédier en priorité. Reconstituer les capacités de production sur les segments où nous avons laissé filer le savoir-faire, plutôt que de subventionner la consommation d’importations. Diversifier nos marchés.

Le chiffrage. À établir.

18.13 Mercosur : armer les exploitations, pas compenser

Il ne s’agit pas de faire l’aumône, mais d’investir dans la modernisation des exploitations exposées. Les milliards gagnés par l’industrie, les services et le luxe doivent financer la transition agricole — c’est la condition morale de la signature. Rémunérer les services environnementaux, plutôt que de multiplier les aides compensatoires sans contrepartie. Alléger la surtransposition : réduire les délais d’autorisation au niveau de la moyenne européenne serait le plus efficace des soutiens, et le moins coûteux. Conditionner la signature à un plan de contrôle chiffré, avec effectifs douaniers et vétérinaires identifiés.

Le chiffrage. « Financer par les gains de l’accord » : pas de montant dans la source.

Comment savoir si c’est raté. « Conditionner la signature à un plan de contrôle chiffré, avec effectifs douaniers et vétérinaires identifiés. »

18.14 Financer par des crédits d’impôt temporaires et prévisibles

Des crédits d’impôt automatiques, simples et limités dans le temps remplaceraient les avances remboursables négociées au cas par cas. Inspiré de l’Inflation Reduction Act américain, ce mécanisme donne aux investisseurs une visibilité immédiate tout en bornant le coût public.

Chiffrage partiel : Coût supplémentaire de 0 à 0,7 Md€ par an, le crédit d’impôt industries vertes déjà voté étant compris dans le budget actuel ; environ 1,4 Md€ par an au total si l’automaticité doublait l’assiette. Reste à chiffrer : Le périmètre exact d’un crédit d’impôt automatique (investissements visés, durée) reste à définir.

Sources : Évaluation des voies et moyens, tome II (dépenses fiscales), annexe au PLF 2026 ; CAE, Focus n° 143 « Des PIA à France 2030 », septembre 2026 ; Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, octobre 2026.

18.15 Déployer sept orientations pour les semi-conducteurs

Sécuriser les maillons où la France possède un avantage réel ; monter les méga-investissements à l’échelle européenne ; former massivement techniciens et ingénieurs ; mobiliser la commande publique ; stabiliser le soutien sur dix ans ; articuler industrie et politique énergétique ; évaluer les résultats de façon indépendante.

Chiffrage partiel : 0,6 à 1,0 Md€ par an pour un soutien stable sur dix ans au rythme constaté, soit 6 à 10 Md€ cumulés. Reste à chiffrer : La contribution française à un second règlement européen sur les puces et le coût des formations restent à chiffrer.

Sources : Cour des comptes, Le soutien à la filière des semi-conducteurs 2018-2025, avril 2026 ; CAE, Focus n° 143 « Des PIA à France 2030 », septembre 2026.

18.16 Faire de la souveraineté numérique un fil rouge

Sans maîtrise des composants et des infrastructures critiques, la France dépend des décisions industrielles et géopolitiques d’autres puissances. La réindustrialisation doit relier production, défense, énergie, données, logiciels et commande publique dans une stratégie d’autonomie.

Le chiffrage. À établir.

19
Économie, innovation et emploi

Numérique, intelligence artificielle et robotique

19.1 La carte d’identité comme clé d’accès

L’accès aux données sensibles de l’État se fait avec la carte d’identité électronique, validée automatiquement auprès d’un registre central des habilitations tenu par l’ANSSI ; en attendant, aucun service n’est ouvert sans un second facteur robuste, le simple code reçu par courriel n’étant plus accepté. Ce registre est chiffré, et chaque modification y est scellée par une empreinte cryptographique dans un journal infalsifiable. À terme, cette même carte a vocation à réunir nos autres titres, comme la carte Vitale ou le permis de conduire.

Chiffrage partiel : Équipement des postes : environ 10 M€ par million de postes et par tranche de 10 € de lecteur. Reste à chiffrer : Le coût du registre central des habilitations demande une étude de l’ANSSI et de la DINUM.

Sources : CNIL, sanction de France Travail, janvier 2026.

19.2 Un délai maximal pour appliquer les correctifs critiques

Une faille activement exploitée sur un service exposé à Internet est corrigée sous 72 heures, comme l’exige l’administration fédérale américaine ; à défaut, le service est suspendu jusqu’à sa mise à jour, et ses journaux sont analysés pour vérifier qu’il n’a pas été compromis entre-temps.

Le chiffrage. Référence du cas : correctif disponible depuis le 6 août 2026 pour une faille notée 10 sur 10, non appliqué.

Comment savoir si c’est raté. La proposition EST un critère vérifiable : 72 heures, puis suspension du service.

19.3 Un responsable nommé pour chaque base de données

Chaque base de données personnelles de l’État est rattachée à un responsable identifié, inscrit dans un registre consultable, qui rend compte chaque année de son niveau de sécurité. Le Projet 2027 retient le principe qui guide l’ensemble de ses chapitres institutionnels : une compétence, un responsable, un euro.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « qui rend compte chaque année de son niveau de sécurité ».

19.4 Pérenniser les pouvoirs de REACTIV

Le pouvoir d’injonction confié à l’ANSSI devient permanent, plutôt que de créer une nouvelle structure, avec une revue d’efficacité à douze mois.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « avec une revue d’efficacité à douze mois ».

19.5 Fermer les accès depuis des postes non maîtrisés

Les applications sensibles de l’État ne sont plus accessibles depuis des ordinateurs personnels non administrés, ni pour les agents ni pour les partenaires privés qui s’y connectent ; chaque réinitialisation de mot de passe révoque toutes les sessions ouvertes.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. Cas qui fonde la mesure : « la réinitialisation du mot de passe n’a même pas coupé sa session ».

19.6 Cloisonner, superviser et publier

Aucun outil de statistiques n’est branché directement sur une base nationale de données nominatives ; chaque application est placée sous supervision, avec des quotas de consultation ; chaque incident significatif donne lieu à un rapport public, sur le modèle du rapport DGFiP publié par l’ANSSI.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « chaque incident significatif donne lieu à un rapport public ».

19.7 Voter la loi Résilience et interdire les portes dérobées

Voter la loi Résilience avant le 31 décembre 2026, publier les décrets d’application dans les quatre-vingt-dix jours, et clore le différend sur le chiffrement en inscrivant dans la loi l’interdiction des portes dérobées. On ne demande pas aux entreprises ce qu’on ne s’impose pas à soi-même.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. Échéances datées : loi avant le 31 décembre 2026, décrets sous 90 jours.

19.8 Audit d’intrusion externe annuel obligatoire

Audit d’intrusion externe annuel obligatoire pour toute administration détenant plus de cent mille dossiers personnels, réalisé par un prestataire qualifié et non prévenu, avec publication d’une note de niveau — de A à E — au rapport annuel. La sécurité cesse d’être déclarative le jour où l’écart devient public.

Le chiffrage. Seuil : plus de 100 000 dossiers personnels.

Comment savoir si c’est raté. « publication d’une note de niveau — de A à E — au rapport annuel ».

19.9 Interdire la centralisation par défaut

Tout nouveau système d’information de l’État manipulant des données personnelles est conçu sur une architecture d’échange décentralisée du type X-Road : pas de base unique, journalisation signée et consultable par le citoyen, quotas de consultation et alerte automatique sur volume anormal.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « alerte automatique sur volume anormal » : critère opérationnel, à rapprocher des 11 Go exfiltrés sans alerte à la DGFiP.

19.10 Responsabilité personnelle du directeur d’administration

Responsabilité personnelle du directeur d’administration sur le niveau de sécurité de son système d’information, à parité exacte avec ce que NIS 2 impose déjà aux dirigeants d’entreprise. Le ministre est responsable politiquement ; le directeur l’est administrativement.

Le chiffrage. À établir.

19.11 Un titre, une identité

Fusion de France Identité et de l’appli carte Vitale dans un portefeuille unique conforme eIDAS 2 — identité, permis de conduire, droits sociaux — avec un émetteur unique, un protocole unique, la présentation sélective d’attributs, et une carte physique unique maintenue pour tous ceux qui ne veulent pas du téléphone.

Chiffrage partiel : Économie de fabrication plafonnée à environ 17 M€ par an pour la carte Vitale. Reste à chiffrer : Les coûts de bascule et le volet permis de conduire restent à chiffrer.

Sources : IGF et IGAS, Carte Vitale biométrique, avril 2023.

19.12 Un corps d’ingénieurs cyber de l’État

Un corps d’ingénieurs cyber de l’État doté d’une grille de rémunération dérogatoire, adossé à une obligation de sauvegarde souveraine hors territoire des registres critiques — état civil, cadastre, fichier fiscal, registre national des comptes bancaires — sur le modèle de l’ambassade de données estonienne. Ce qui manque n’est pas l’argent : c’est la décision de faire faire le travail à des ingénieurs plutôt qu’à des organigrammes.

Le chiffrage. « Les 200 millions d’euros débloqués en avril 2026 et l’affectation des amendes de la CNIL suffisent à amorcer ces six chantiers. »

19.13 Rendre obligatoire la traçabilité des poids dans la commande publique

Tout produit d’intelligence artificielle acquis par une personne publique déclare son modèle de base, sa filiation et sa licence — l’équivalent, pour l’IA, de la nomenclature logicielle déjà exigée en cybersécurité. Effet immédiat sur l’auditabilité et la réversibilité. Un modèle dont on ignore la filiation n’est ni auditable ni remplaçable.

Le chiffrage. « Coût budgétaire nul. »

19.14 Constituer une alliance industrielle européenne de commande de processeurs

Engagement de volumes pluriannuels garantis par les grands groupes cotés de chaque pays européen, condition préalable au financement d’une unité de production à deux lignes : une ligne grand public ARM sur nœuds matures, mobilisable rapidement, et une ligne haut de gamme pour l’inférence et l’imagerie. Ouverture du dispositif au Canada, à l’Australie et à l’Inde. Séquencement assumé : silicium d’abord, système d’exploitation européen ensuite. Un premier marché existe : les administrations, les collectivités, les hôpitaux, les armées, l’éducation.

Le chiffrage. Ligne A : nœuds matures déjà maîtrisés sur le continent (STMicroelectronics à Crolles, GlobalFoundries à Dresde, substrats de Soitec, briques de l’Imec). Ligne B : « un investissement à deux chiffres en milliards d’euros et une décennie de montée en compétence ». Enjeu : « la capture des 95 % du coût du token ».

Comment savoir si c’est raté. « Une unité de production européenne n’a de sens que si son carnet de commandes est garanti avant sa construction. » Et le ch. 13 : si l’inférence locale devient dominante, « la valeur ne va ni au modèle ni au centre de calcul » ; « Investir massivement en capital au sommet d’un cycle n’est pas un pari sans risque. »

19.15 Hiérarchiser les raccordements électriques

Sortie du « premier arrivé, premier servi », que le droit européen n’impose pas. Priorité explicite à l’électrification des procédés industriels et aux services essentiels, devant les projets de centres de données spéculatifs. Mise en place d’un couloir de consommation dédié, sur le modèle belge. Les Pays-Bas priorisent déjà certains projets au regard d’objectifs sociaux et de sécurité nationale.

Le chiffrage. 14 GW de raccordements contractualisés par les projets de centres de données au 1er novembre 2025, dont 7 GW en Île-de-France, « soit dix-huit fois la puissance actuellement souscrite par les centres en service, et environ la moitié de la demande de raccordement tous secteurs confondus ». Projection RTE : 21 à 32 TWh en 2035.

Comment savoir si c’est raté. « Un token vaut-il plus qu’un four électrique ? Économiquement, aujourd’hui, oui. Stratégiquement, c’est un arbitrage — et il doit être rendu par le politique, pas par une file d’attente. »

19.16 Réserver les heures d’abondance aux ménages

Les tarifs préférentiels associés aux heures de production excédentaire reviennent à ceux qui ont financé le parc nucléaire pendant cinquante ans : les Français. Ils ne sont pas étendus aux centres de données. Les opérateurs de calcul disposent déjà d’une électricité quasi entièrement décarbonée à un tarif compétitif, et revendront le kilowattheure sous forme de tokens à plusieurs dizaines de fois son prix d’achat.

Le chiffrage. La source calcule un multiplicateur entre le prix du kilowattheure vendu par la France et la valeur des tokens produits ; l’électricité ne pèse qu’une part faible du coût d’un token (95 % relevant du silicium).

19.17 Conditionner les nouvelles capacités au rapatriement effectif des usages

Toute autorisation de raccordement de grande puissance est adossée à un engagement de relocalisation d’usages aujourd’hui hébergés hors de France, et non à une capacité purement additionnelle. Création d’un observatoire public des capacités installées et des consommations réelles, les estimations actuelles variant du simple au double selon les organismes.

Le chiffrage. Environ 60 % des usages numériques français sont hébergés à l’étranger. Selon l’ADEME, à tendance inchangée, les centres de données servant un usage français consommeront 250 TWh en 2050, dont 22 % seulement en France.

Comment savoir si c’est raté. « Les estimations actuelles variant du simple au double selon les organismes » — d’où l’observatoire public.

19.18 Créer un dispositif souverain d’évaluation des biais et de l’alignement

Audit public de tout modèle déployé dans la sphère publique, quelle que soit son origine, avec publication des résultats et des méthodes. La souveraineté d’exécution ne neutralise pas les biais inscrits dans les poids : seule l’évaluation le fait.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « avec publication des résultats et des méthodes ».

19.19 Cinq exigences pour un marquage au service du public

La gratuité de la vérification : un signal de provenance imposé par la loi ne peut pas donner lieu à un service de lecture facturé par celui-là même qui l’a apposé. La séparation du marqueur et du vérificateur : un tiers de confiance, public ou consortial, doit détenir les clés de vérification. La publication des taux de faux positifs et de faux négatifs, mesurés par un tiers. La protection explicite de l’usage assistif : relire, traduire ou corriger n’est pas rédiger. La réciprocité d’interopérabilité : formats de marque et de vérification ouverts et interopérables.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « Aucun signal ne devrait pouvoir être invoqué dans un contexte contractuel, disciplinaire ou judiciaire sans que ses taux de faux positifs et de faux négatifs soient publiés, mesurés par un tiers, et réévalués périodiquement. »

19.20 OpenSocial : un réseau social public et européen pour les mineurs

Ni le laisser-faire, ni la prohibition : un réseau social public, progressif, déconnecté de toute logique commerciale. La progression par étapes : les fonctionnalités s’ouvrent avec l’âge et la maturité, plutôt qu’un accès binaire à quinze ans. Aucun algorithme commercial : pas de fil optimisé pour l’engagement, pas de publicité ciblée, pas d’économie de l’attention ; le classement chronologique ou choisi par l’utilisateur, rien d’autre. Une dimension européenne, pour la masse critique comme pour la souveraineté de l’infrastructure. Un adossement à l’existant : les espaces numériques de travail scolaires fournissent la base d’identification et le premier cercle social réel.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. La source répond elle-même à deux objections : « C’est utopique, cela prendrait des années. Oui. L’interdiction, elle, a pris trois ans pour aboutir à un texte dont l’applicabilité reste contestée » ; et « L’État est incapable de faire du bon produit numérique. L’objection est sérieuse et fondée sur des précédents réels. »

19.21 macommune.app mis gratuitement à disposition des communes

Site internet, agenda, service de signalement et dispositif de consultation citoyenne, mis à disposition gratuitement par convention, avec code source ouvert et propriété des données par la commune. Aucun marché public à passer, aucun engagement de durée, aucune clause de réversibilité à négocier. Deux voies de continuité garantissent l’indépendance : le regroupement, les communes utilisatrices se constituant en groupement d’intérêt économique pour mutualiser la maintenance ; ou la reprise directe, une commune faisant travailler un informaticien sur le code source.

Le chiffrage. 0 € de coût de mise à disposition pour la commune ; « réparti sur des dizaines ou des centaines de communes, le coût unitaire reste marginal ».

19.22 Former les élites dans des environnements numériques maîtrisés piste

Il est temps que nos élites intellectuelles, scientifiques et militaires soient formées dans des environnements numériques que nous maîtrisons. Ce que certains qualifiaient de choix « pragmatique » s’apparentait en réalité à une démission stratégique : un court-termisme technocratique qui raisonne en coût de licence là où il faudrait raisonner en dépendance de long terme.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. La source tire la leçon de méthode : « l’argument juridique pèse plus lourd que l’argument moral — c’est l’article L123-4-1 du Code de l’éducation, et non l’indignation, qui a fait bouger les lignes ».

20
Économie, innovation et emploi

Commande publique

20.1 Confier au Premier ministre le pilotage de la commande publique

Création d’un délégué interministériel à la commande publique placé sous l’autorité du Premier ministre, fusionnant les compétences éparses de la DAE, de la DAJ, du CGDD et de la DGOS. Mise en place d’un comité interministériel de l’achat public associant État, hôpitaux, collectivités et fédérations économiques. Adossée à la recommandation n° 4 du Sénat : « Aucune administration ne peut être sérieusement qualifiée de pilote de la commande publique à l’échelle nationale. »

Chiffrage partiel : Économies de 3,6 Md€ par an (socle documenté) à environ 10 Md€ par an en régime de croisière, montée en charge sur quatre à cinq ans. Reste à chiffrer : Plusieurs gisements (achats de l’État, UGAP, partenariats public-privé) doivent être confirmés par leurs sources primaires.

Sources : CAE, tableur des 170 mesures du Focus n° 124, octobre 2025 ; Mission Ravignon (IGF, IGA, IGAS), Coûts des normes et de l’enchevêtrement des compétences, mai 2024 ; Cour des comptes, Les finances publiques locales 2026, juillet 2026.

20.2 Lancer un « Programme PHARE des collectivités »

Reproduire pour les collectivités le programme PHARE qui a permis aux hôpitaux d’économiser 910 M€ sur 3 ans (5 %). L’État finance le déploiement initial (formation, outils, ingénierie d’achat) ; les collectivités conservent l’intégralité des économies réalisées. Pas de contrainte ; un appui méthodologique fort. Cible : généraliser les cinq pratiques identifiées par la Cour — définition précise des besoins, sourcing, allotissement intelligent, massification via centrales d’achat, suivi rigoureux de l’exécution.

Chiffrage : 1 Md€ par an au démarrage, 3 Md€ en 2030 ; la Cour des comptes vise 10 % des achats, soit environ 5 Md€ par an à moyen terme (comprise dans 20.1 « Confier au Premier ministre le pilotage de la commande publique », à ne compter qu’une fois).

Sources : CAE, tableur des 170 mesures du Focus n° 124, octobre 2025 ; Cour des comptes, Les finances publiques locales 2026, juillet 2026.

Comment savoir si c’est raté. « Le programme PHARE a mis 6 ans à atteindre son rythme de croisière. »

20.3 Refonder l’UGAP comme outil de souveraineté

Transfert de la tutelle au seul ministère chargé de la souveraineté industrielle et numérique. Intégration de deux parlementaires au conseil d’administration. Limitation à deux mandats successifs pour les membres du CA. Doublement à 5 ans de la part de marché de l’UGAP sur la commande publique française, de 3 % à 6 %. Inscription dans son mandat d’un objectif explicite de soutien aux filières industrielles françaises et européennes.

Le chiffrage. 0,5 à 0,8 Md€ par an (8,4 % d’économies sur un volume doublé). Calendrier : loi en année 1, montée en charge sur 5 ans.

20.4 Simplifier radicalement les procédures

Quatre mesures-phares : supprimer la procédure adaptée (MAPA), spécificité française inexistante ailleurs en Europe, et la remplacer par la procédure négociée libre en deçà des seuils européens ; créer le « passeport commande publique », plateforme unique attestant du respect des obligations légales par toute entreprise candidate, valable un an et transférable entre marchés ; versement automatique des intérêts moratoires en cas de retard de paiement imputable à l’ordonnateur, sans saisine préalable de l’entreprise ; porter à 30 % le taux d’avance pour les TPE et PME sur tous les marchés publics.

Le chiffrage. 1 à 2 Md€ par an en coûts de transaction (administration + entreprises), ces coûts étant estimés à 1 % du montant des marchés publics par la Commission européenne. Calendrier : loi de simplification en année 1, application en année 2.

20.5 Mettre en œuvre le Small Business Act européen

Porter à l’échelle européenne, dans le cadre de la révision des directives 2014 prévue en 2027, l’instauration d’un Small Business Act européen sur le modèle américain. Réserver 30 % en valeur des marchés publics aux PME, ainsi que tous les marchés inférieurs aux seuils européens (sauf infructuosité). Initiative française pour fédérer une majorité qualifiée au Conseil européen.

Le chiffrage. « Aucun coût budgétaire — au contraire, soutien massif au tissu économique français » : l’État passerait de 18 % à 30 % de PME en valeur. Calendrier : négociation des directives 2026-2027, application 2028-2029.

Comment savoir si c’est raté. « Sa transposition européenne se heurte au principe de non-discrimination des directives marchés publics — d’où la nécessité d’une révision au niveau européen, et non d’une initiative française isolée. »

20.6 Instaurer une préférence européenne assumée

Saisir l’occasion de la révision des directives européennes (négociation 2026-2027) pour instaurer un principe général de préférence européenne dans les marchés publics, sur le modèle du Buy American Act (1933) et du Build America, Buy America Act (2021), avec une marge de préférence pouvant aller jusqu’à 25 %. Inclusion d’une « exception alimentaire » européenne pour faciliter le recours aux producteurs locaux, jusqu’ici bloquée par la jurisprudence de la CJUE sur les critères géographiques. Rejet des offres de pays tiers non signataires de l’AMP de l’OMC.

Le chiffrage. « Redirection structurelle de 5 à 10 % de la commande publique vers les entreprises européennes (20 à 40 Md€/an à terme). »

20.7 Garantir la souveraineté numérique des données publiques

Cinq mesures qui s’appliquent immédiatement, sans révision des directives européennes : transfert sans délai de l’hébergement du Health Data Hub sur solution souveraine, en application enfin de l’article 31 de la loi SREN voté en 2024 ; insertion obligatoire d’une clause de non-soumission aux lois extraterritoriales étrangères dans tous les marchés publics d’hébergement et de traitement de données publiques en cloud ; qualification SecNumCloud obligatoire pour toute donnée publique d’une sensibilité particulière ; privilégier, parmi les offres SecNumCloud, celles qui reposent sur des technologies intégralement souveraines ; exigence d’immunité aux législations extraterritoriales pour tous les cabinets de conseil travaillant pour le secteur public.

Le chiffrage. « Coût : neutre à court terme (substitution d’offres), créateur de valeur à moyen terme (renforcement de l’industrie cloud française). » Calendrier : décret immédiat, transferts effectifs sous 24 mois.

Comment savoir si c’est raté. Fait qui fonde la mesure : interrogé sous serment sur la protection des données des citoyens français, le directeur des affaires publiques de Microsoft France a répondu « Non, je ne peux pas le garantir » (Sénat, 10 juin 2025).

20.8 Recentrer les marchés de partenariat sur leur usage légitime

Sans interdire les marchés de partenariat, restreindre leur usage aux projets où ils sont véritablement adaptés : spécifications stables, pouvoir adjudicateur disposant de compétences fortes, valeur élevée accordée à la prévisibilité des coûts et des délais. Quatre mesures concrètes : conditionner le versement du FCTVA aux collectivités au respect de l’obligation de transmission des contrats à Fin Infra ; transmission tous les 3 à 5 ans à Fin Infra d’un rapport d’exécution simplifié et standardisé ; audit technique régulier obligatoire sur les marchés de partenariat existants ; constitution d’une base de données publique des coûts effectifs.

Le chiffrage. 100 à 300 M€ par an sur les nouveaux projets et les renégociations. Surcoût intrinsèque des PPP pouvant atteindre 10 % du coût d’investissement, sur 13,7 Md€ engagés depuis 2004.

Comment savoir si c’est raté. « Constitution d’une base de données publique des coûts effectifs des marchés de partenariat » — le critère est produit par la mesure elle-même.

20.9 Publier le bilan GES de l’État avec la part des achats

Publication immédiate du bilan de gaz à effet de serre de l’État incluant la part des achats ; publication par segment d’achat (informatique, immobilier, véhicules, énergie, fournitures) pour permettre des actions ciblées ; guides méthodologiques par segment pour intégrer la mesure des émissions dans les critères de notation des offres. L’obligation date de 2012 ; treize ans plus tard, l’État ne l’a toujours pas respectée.

Le chiffrage. Les achats représentent 27 % des émissions de GES de l’État selon des travaux non publiés du CGDD. « Économies attendues : indirectes mais substantielles, via la concurrence sur la performance carbone. »

Comment savoir si c’est raté. Le risque identifié par la source : la loi Climat et Résilience, en imposant en août 2026 100 % de marchés avec clause environnementale, « génère du déclaratif sans portée réelle » faute de réforme préalable.

20.10 Instaurer un débat parlementaire annuel sur la commande publique

Inscription d’un débat annuel obligatoire sur la commande publique au Parlement, sous la forme d’un débat d’orientation des achats publics. Rapport annuel consolidé du délégué interministériel à la commande publique, couvrant État, entreprises publiques, hôpitaux et collectivités. Audition annuelle des dirigeants des principales centrales d’achat (UGAP, Resah) devant les commissions des finances. Publication systématique et accessible des données détenues par l’OECP.

Le chiffrage. « Coût : nul. Effet : lever l’opacité actuelle qui prive le débat public de l’information nécessaire. » Repère : 400 Md€ par an, « plus que le budget de l’éducation nationale (60 Md€) et de la défense (45 Md€) réunis ».

20.11 Une revue générale de la commande publique

Une revue générale de la commande publique : mutualisation des achats et publication comparative des prix obtenus par acheteurs publics de taille équivalente.

Le chiffrage. Levier CAE convergent : massifier les achats et mutualiser les circuits des collectivités, 1,0 Md€ montant à 3,0 Md€ en 2030. « Mutualisation au choix des communes, sans seuil imposé, en lien avec les centres de gestion. »

Comment savoir si c’est raté. La publication comparative des prix EST le critère : un acheteur public plus cher qu’un comparable de même taille devient visible.

21
Économie, innovation et emploi

Monnaie, banque et marchés

21.1 Renégocier le mandat de la BCE pour y inscrire l’emploi

L’article 127 du traité fait de la stabilité des prix l’objectif principal de la BCE ; face à un choc importé, cette hiérarchie conduit à freiner l’économie sans agir sur la cause. Porter une révision des traités (article 48 du traité sur l’Union européenne) inscrivant l’emploi et l’activité économique au même rang que la stabilité des prix, à l’image du double mandat confié par la loi à la Réserve fédérale américaine en 1977. Dans l’attente, demander que chaque décision de la BCE soit accompagnée d’une évaluation publique de ses effets sur l’emploi et la croissance.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « Statut. Validée. Vigilance : une révision des traités exige l’unanimité et la ratification de chaque État membre. »

21.2 Préparer la crise avant la crise piste

La protection de la BCE est conditionnelle, et ses contreparties se négocieraient dans l’urgence. Une trajectoire budgétaire qui garantit l’éligibilité au TPI ; une doctrine publique, débattue au Parlement, des contreparties acceptables en cas d’intervention ; des obligations d’État destinées aux ménages pour élargir la détention domestique de la dette. Résultat attendu : une moindre dépendance aux investisseurs non-résidents et un rapport de force préparé à froid.

Le chiffrage. Les non-résidents détiennent 56 % de la dette négociable.

Comment savoir si c’est raté. « Statut. À instruire. »

21.3 Que la BCE cesse de se délester de notre dette piste

L’Eurosystème détient environ 600 milliards d’euros de dette négociable française et, depuis 2023 pour son premier programme d’achats et fin 2024 pour le second, ne réinvestit plus les titres qui arrivent à échéance. L’État doit donc replacer chaque année environ 94 milliards d’euros auprès d’autres acheteurs, aux taux du marché. Demander au Conseil des gouverneurs de reprendre le réinvestissement des remboursements, comme la BCE l’a fait pendant des années. Aucune modification des traités n’est nécessaire.

Chiffrage partiel : Si la mesure abaissait les taux français de 10 à 30 points de base, la charge d’intérêts baisserait de 0,3 à 0,9 Md€ la première année et de 1,8 à 5,5 Md€ la cinquième année. Effet indirect. Reste à chiffrer : L’effet réel sur les taux n’est pas établi.

Sources : Banque de France, programme de détention de la dette publique, septembre 2026 ; Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, octobre 2026.

Comment savoir si c’est raté. « Statut. À instruire. Vigilance : décision collégiale, à négocier avec nos partenaires. »

21.4 Interdire la vente à découvert sur la Bourse de Paris

Notre programme porte une réforme assumée : l’interdiction de la vente à découvert sur la Bourse de Paris. Trois objectifs : sanctuariser nos fleurons, de sorte que les entreprises cotées à Paris ne craignent plus d’être la cible de raids déconnectés de leur santé industrielle ; attirer la bonne finance, Paris devenant la place de référence pour les investisseurs de long terme ; réconcilier les Français avec la Bourse, en rendant au marché sa fonction première, financer l’économie réelle.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. La source expose l’objection et l’assume : « une place isolée qui interdirait ce que ses voisines autorisent risquerait de voir partir une part de ses volumes. C’est vrai. Nous l’assumons. » Et la limite juridique : « Une interdiction permanente relèverait en revanche largement du droit européen. »

21.5 Cibler plutôt qu’arroser les aides face aux chocs de prix

La vraie question n’est pas de savoir s’il faut aider, mais comment. La France dispose de données fiscales et sociales suffisantes pour cibler les ménages qui en ont réellement besoin : travailleurs précaires, salariés des zones rurales dépendants de leur véhicule, métiers du soin parcourant de longues distances. Le bouclier tarifaire a supprimé le signal-prix pour un coût considérable, et sans gain politique. En 2022, Bercy a échoué à croiser les fichiers de cartes grises et les déclarations fiscales pour identifier les « gros rouleurs » aux revenus modestes.

Le chiffrage. Règle de sensibilité : 10 dollars de plus sur le baril ajoutent environ 0,1 à 0,2 point d’inflation.

Comment savoir si c’est raté. « L’incapacité française relève du manque de volonté politique, pas de l’obstacle technique. »

21.6 Revoir les conventions de mesure de l’inflation et du PIB piste

Décider d’exclure l’immobilier du panier, ou de pondérer la qualité d’une certaine manière, est un choix méthodologique — pas une fatalité. Ces règles peuvent être réécrites pour mieux coller à la réalité du XXIe siècle. Pour le PIB, la conclusion n’est pas qu’il faille l’abandonner : il doit être accompagné d’indicateurs complémentaires — indice de développement humain, indice de progrès véritable, indice de bien-être économique durable.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « La difficulté réelle n’est pas le volume de calcul, mais la collecte et la définition… c’est un travail de méthode, pas de puissance machine. » Et : « tout changement d’indice a des conséquences directes sur l’indexation des salaires, des pensions et des loyers ».

21.7 Quatre questions à poser au futur gouverneur de la Banque de France piste

Comment peser au sein du Conseil des gouverneurs de la BCE pour faire baisser des taux réels qui étranglent la zone euro, alors qu’on frôle la récession ? Quelle doctrine face aux effets de second tour inflationnistes, dans un contexte de choc pétrolier prolongé ? Quel rôle pour la Banque de France dans le débat sur la soutenabilité de la dette, alors que le spread avec l’Allemagne dépasse 66 points de base ? Que penser du modèle nordique — Pays-Bas, Danemark, Suède — combinant maîtrise budgétaire, retraite par capitalisation et fort taux d’emploi des seniors ?

Le chiffrage. À établir.

22
État, Europe et monde

Réforme de l’État et fonction publique

22.1 Fin du recrutement statutaire

À compter d’une date fixée par la loi, aucun recrutement nouveau n’est effectué sous statut de fonctionnaire, hors socle constitutionnel. Les nouveaux entrants sont recrutés par contrat de droit public à durée indéterminée ; le contentieux relève du juge administratif. Les exceptions sont les magistrats de l’ordre judiciaire, les membres des juridictions administratives et financières et les professeurs d’université : « aucune exception d’opportunité n’est retenue ». Le contrat de droit public et non le droit privé, parce que le cadre « existe déjà, appliqué à 1 358 500 agents » et que le risque constitutionnel y est nul.

Chiffrage partiel : Écart de masse salariale indicatif de 1,2 à 4,6 Md€ par an selon la part des départs remplacés par des contractuels (25 à 75 %). Reste à chiffrer : Le coût de transition pour le budget de l’État et la CNRACL (moindres cotisations) reste à chiffrer.

Sources : Cour des comptes, La montée en puissance des agents contractuels dans la fonction publique, juin 2026.

Comment savoir si c’est raté. « L’économie réelle est modeste, et elle ne vient pas de la retraite. Ce n’est pas une mesure budgétaire, c’est une mesure de gestion. » La réforme se juge donc sur l’attractivité et sur la capacité à supprimer un poste devenu inutile, non sur le solde budgétaire : « quiconque la présente autrement se trompe ou trompe ».

22.2 Une procédure objective d’accès

Le concours cesse d’être la voie d’accès de droit commun. Il est remplacé par une procédure objective obligatoire, opposable à tout employeur public : publicité préalable de la vacance sur une plateforme nationale unique ; examen par un jury pluraliste comportant au moins un membre extérieur à l’employeur, désigné par le centre de gestion dans le versant territorial ; décision motivée et communicable au candidat non retenu ; voie de recours devant le juge administratif. « Nous ne supprimons pas l’égal accès. Nous proposons de supprimer un concours qui ne le garantit plus. » Les lauréats déjà admis sont intégrés, les listes d’aptitude maintenues jusqu’à leur terme.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « La loi peut supprimer le concours. La loi ne peut pas supprimer toute procédure objective garantissant l’égal accès. Une réforme qui retirerait le concours sans lui substituer une garantie équivalente serait très probablement censurée. »

22.3 Un droit d’option pour les agents en poste

Aucun agent n’est contraint. Les fonctionnaires en poste conservent leur statut aussi longtemps qu’ils le souhaitent. Le régime statutaire est figé et placé en extinction : « il n’évolue plus, ce qui est la définition même d’un régime fermé ». Un droit d’option permet à tout agent de basculer volontairement vers le contrat de droit public, avec conversion de ses droits acquis. « La fin effective du statut n’a pas besoin d’être fixée arbitrairement : elle découle de la démographie. »

Le chiffrage. Extinction complète étalée sur une quarantaine d’années : âge moyen de 44 ans dans la fonction publique, 15 % des agents de moins de 30 ans, âge moyen de départ à la retraite des fonctionnaires de 62,3 ans en 2024.

Comment savoir si c’est raté. « Un agent fortement primé — policier, filière technique, hospitalier — a intérêt à basculer, puisque le régime statutaire exclut ses primes du calcul de sa pension. Un agent faiblement primé — un enseignant en particulier — y perdrait. » Une règle de conversion est donc nécessaire « pour que l’option reste un choix libre et non un arbitrage financier subi » ; trois mécanismes sont envisagés, le chiffrage reste à conduire.

22.4 La loi spéciale des sujétions et protections publiques

« C’est la mesure qui donne son sens à l’ensemble. » Les obligations qui protègent le citoyen et les protections qui sécurisent l’agent « migrent dans une loi courte, applicable à tous les agents publics quel que soit leur régime d’emploi ». Obligations : impartialité, neutralité, laïcité, discrétion et secret professionnels, encadrement du cumul d’activités, probité et obligation de signalement au parquet, continuité du service, transfert des régimes spéciaux de grève aujourd’hui portés par les statuts particuliers. Protections : protection fonctionnelle maintenue à l’identique, protection des lanceurs d’alerte, motivation obligatoire de tout licenciement et voie de recours devant le juge administratif, obligation d’emploi de travailleurs handicapés maintenue au taux de 6 %.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « Le droit de grève est conservé en l’état : la réforme ne modifie pas son équilibre, qui relève d’un chantier distinct. » La liste des sujétions et protections est arrêtée, mais « la rédaction juridique [reste] à conduire » et le périmètre exact de la loi figure parmi les arbitrages en cours.

22.5 L’interdiction de l’instruction individuelle

« C’est la disposition la plus importante de la loi spéciale, et celle qui n’a aujourd’hui aucun équivalent en droit français. » Le pouvoir politique fixe la politique, les priorités et les instructions générales ; il ne peut donner d’instruction sur un cas individuel en matière de contrôle, sanction, autorisation, attribution d’aide ou de marché, recrutement, évaluation. Toute instruction doit être écrite et tracée : « ce qui doit être écrit est rarement demandé, et ce qui est demandé par écrit devient défendable ». Toute mesure défavorable consécutive au refus d’exécuter une instruction individuelle est nulle.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « Cette disposition ne prétend pas faire disparaître une pratique qui existe quotidiennement. Elle la rend coûteuse et opposable. » Le critère de réussite est donc la traçabilité, non la disparition de la pratique.

22.6 Le plancher et l’enveloppe

La grille indiciaire disparaît avec le statut, remplacée par un dispositif à quatre étages dont le principe tient en une phrase : on n’encadre pas les salaires, on encadre les budgets. Étage 1 : une grille conventionnelle par filière et par niveau de qualification, négociée nationalement et révisable, fixant des minima opposables à tout employeur public. Étage 2 : une enveloppe salariale limitative calculée par une formule nationale — à l’intérieur, la liberté d’allocation est totale […] au-delà, rien. Étage 3 : une formule majorée selon des critères objectifs et publics, indice de position sociale des élèves, éloignement, isolement rural, profil de patientèle, précarité du bassin. Étage 4 : publication annuelle, par chaque employeur public, de l’échelle des rémunérations effectivement pratiquées.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « La mesure n° 5 du présent rapport — le plancher et l’enveloppe — n’est pas un complément facultatif mais une condition de validité de l’ensemble » : une réforme qui supprimerait le cadre statutaire sans organiser un cadre conventionnel de substitution serait « probablement inconstitutionnelle par omission » au regard du huitième alinéa du Préambule de 1946.

22.7 Le garde-fou indispensable : le taux d’encadrement plancher

Une enveloppe exprimée en euros permet de recruter moins de personnes et de mieux les rémunérer. Dans l’administration, c’est l’effet recherché. À l’école et à l’hôpital, ce serait un contresens. Dans ces deux versants, une contrainte physique s’ajoute donc à la contrainte budgétaire : un taux d’encadrement plancher opposable et non négociable. L’enveloppe fixe ce que l’on peut dépenser ; le plancher fixe le nombre minimal de personnes. Entre les deux, la liberté est entière.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. Le niveau du taux lui-même n’est pas fixé : il figure parmi « les questions à trancher dans le chapitre Éducation », et le ratio soignants par patient parmi « les points à instruire » du versant hospitalier.

22.8 Les retraites : rattachement de la CNRACL au pôle privé

La mission inter-inspections de février 2026 pose l’alternative dans sa proposition n° 8 : rattacher la CNRACL soit à un pôle « public », soit à un pôle « privé », la caisse rejoignant alors les régimes des salariés du secteur privé, « appliquant les mêmes règles d’assiette et de taux, avec versement de soultes assurant la neutralité financière ». « Ce rapport retient le pôle privé, qui est la conséquence logique de l’extinction du statut. » Le précédent invoqué est la loi du 27 juin 2018, qui a mis fin au recrutement au cadre permanent de la SNCF au 1er janvier 2020.

Chiffrage partiel : Neutre pour le solde public (transfert entre administrations). À expliciter : environ 12,5 Md€ par an d’écart de cotisation employeur en 2026 et 12,3 Md€ de dette fin 2025. Reste à chiffrer : Le montant de la soulte demande une étude actuarielle.

Sources : Commission des comptes de la Sécurité sociale, rapport de mai 2026 ; Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027, n° 3211, octobre 2026 ; Conseil d’orientation des retraites, rapport annuel, juin 2026.

Comment savoir si c’est raté. « La neutralité vaut pour les administrations publiques prises ensemble, non pour chaque acteur. Le rattachement transfère une charge des collectivités et des hôpitaux vers l’État. C’est une clarification de responsabilité, pas une économie. » Et « la soulte affecte le déficit et la dette de l’exercice au cours duquel elle est versée ».

22.9 L’assurance chômage : adhésion obligatoire au régime de droit commun

Les employeurs publics sont aujourd’hui, en règle générale, en auto-assurance : ils indemnisent eux-mêmes leurs anciens agents privés d’emploi, sans cotiser au régime d’assurance chômage. Le rapport propose de généraliser l’adhésion et de la rendre obligatoire pour tous les employeurs publics. La raison est simple : une commune de 800 habitants ne peut pas absorber seule le coût d’indemnisation d’un agent dont elle vient de supprimer le poste. La mutualisation du risque est la condition pour que la suppression de poste soit économiquement praticable par les petits employeurs comme par les grands.

Chiffrage : Neutre pour l’ensemble des administrations publiques ; pour les employeurs, environ 0,2 Md€ par an de contributions par cohorte de nouveaux contractuels, compensés par la fin des allocations qu’ils versent eux-mêmes.

Sources : Cour des comptes, La montée en puissance des agents contractuels dans la fonction publique, juin 2026 ; Centre Inffo, contributions d’assurance chômage des employeurs publics, mai 2025.

Comment savoir si c’est raté. « Ce calcul est un ordre de grandeur : il ne tient compte ni du plafonnement de l’assiette, ni des adhésions existantes, ni de l’économie corrélative sur l’auto-assurance et sur les charges de prise en charge. Le chiffrage précis reste à établir avec l’UNEDIC, la DGAFP et la DGCL. » « Le solde net doit être établi. »

22.10 Les opérateurs : trois métiers, trois responsables

La réforme n’a pas besoin de fusionner des institutions. En éteignant le statut, elle supprime la raison d’être des doublons. Placement et retour à l’emploi : France Travail, opérateur unique, tous versants et tous agents publics. Formation continue : CNFPT, conservé et étendu aux contractuels. Appui RH mutualisé : les centres de gestion, transformés, cessent d’être des gestionnaires de statut pour devenir des agences d’appui mutualisé, toujours gouvernées par les élus locaux : paie, rédaction des contrats, conseil juridique, santé au travail, prévention, remplacements, secrétaires de mairie itinérants. Aucun seuil de population n’est imposé […] La mutualisation est un service offert, non une obligation.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. Le séquençage est explicitement progressif : guichet unique d’abord, bascule intégrale du placement « à mesure que le stock statutaire décroît », recentrage législatif des centres de gestion « lorsque le statut n’existe plus ». L’économie liée à la suppression du dispositif de prise en charge reste à chiffrer avec la Fédération nationale des centres de gestion et le CNFPT.

22.11 La mobilité : libre circulation professionnelle et décloisonnement

Le détachement, la mise à disposition et la disponibilité — trois procédures lourdes, adossées aux corps et aux cadres d’emplois, et cloisonnées entre les trois versants — sont remplacés par la libre circulation professionnelle entre employeurs publics, assortie de la portabilité des droits. Décloisonnement total des trois versants : un agent territorial peut être recruté par un hôpital ou par un ministère, et réciproquement, sans procédure particulière. Le décloisonnement s’applique également aux agents demeurés sous statut. La mobilité se fait sur les compétences et non plus sur les grilles et les équivalences de corps.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « Sans dispositif spécifique, la réforme réduirait la mobilité au lieu de l’augmenter » : sous contrat à durée indéterminée, changer d’employeur signifie démissionner, donc remettre l’ancienneté à zéro. « La convention de branche publique doit donc organiser la portabilité de l’ancienneté, du compte épargne-temps, de la complémentaire santé et de la prévoyance entre employeurs publics. »

22.12 Le reclassement : bassin d’emploi et choix de l’agent

En cas de suppression de mission, une obligation de reclassement s’applique à l’échelle du bassin d’emploi, tous employeurs publics confondus. L’agent conserve le choix : il peut accepter une proposition dans son bassin, ou mobiliser l’accompagnement au retour à l’emploi pour changer de région ou rejoindre le secteur privé. C’est une inversion complète de la logique actuelle, qui assigne l’agent de catégorie C à son département ou à un département limitrophe et qui l’immobilise pendant une décennie.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « Principe arrêté : périmètre du bassin d’emploi, avec choix de l’agent entre proposition locale et mobilité accompagnée. Modalités opérationnelles à préciser. »

22.13 Le stock de fonctionnaires momentanément privés d’emploi

Les 443 agents actuellement pris en charge relèvent d’un régime en extinction. Ce rapport propose de ne pas les laisser dans une position d’attente pouvant durer dix ans. Ils bénéficient d’un accompagnement actif conduit avec France Travail, ouvert au secteur privé comme au secteur public, et d’un dispositif de préservation de leurs droits à retraite en cas de reprise d’emploi hors de la sphère publique. L’objectif est le retour à l’emploi, non le maintien d’une indemnisation décroissante.

Le chiffrage. 443 agents concernés. Régime actuel : un an de surnombre, puis une fois et demie à deux fois le montant de référence pendant deux ans, la totalité ensuite, puis les trois quarts ; durée d’exposition jusqu’à onze ans ; rémunération dégressive de 10 % par an, sans mission confiée.

Comment savoir si c’est raté. Le décompte actualisé auprès de la Fédération nationale des centres de gestion et « les taux exacts de contribution au titre de la prise en charge », articles L.542-6 et suivants du code général de la fonction publique, font partie des vérifications documentaires en cours.

22.14 Le chiffrage que l’Assemblée nationale a déjà demandé piste

Lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2026, « la commission des lois de l’Assemblée nationale a adopté un amendement demandant au Gouvernement de transmettre, avant le 1er octobre 2026, un rapport évaluant le coût budgétaire total du recours à l’emploi titulaire et à l’emploi contractuel, par versant, filière et métier ». « C’est très exactement le chiffrage manquant. Ce rapport en demande la publication intégrale et propose de l’intégrer dès sa parution. » Le rapport demande aussi la publication du chiffrage de la soulte CNRACL par la structure administrative dédiée recommandée par la mission inter-inspections.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « Quatre montants conditionnent l’évaluation complète de la réforme. Aucun n’existe aujourd’hui sous forme publique » : soulte CNRACL, adhésion des employeurs publics à l’assurance chômage, suppression du dispositif de prise en charge, conversion des droits dans le droit d’option.

22.15 Donner aux acteurs locaux les moyens d’agir

Préserver le caractère d’EPIC de l’ADEME, maintenir ses dix-sept délégations régionales autonomes, consolider son rôle de tiers de confiance auprès des élus. Le guide Demain mon territoire, dépublié sur ordre de Matignon après quarante-huit heures, est exactement le type de production qu’il faut multiplier — les 35 000 maires de France en ont besoin. Démanteler l’ADEME ou l’OFB, ce n’est pas faire des économies. C’est se condamner à piloter à l’aveugle.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. La mesure s’oppose explicitement à l’article 7 du projet de loi de décentralisation, qui prévoyait « la mise à disposition d’office des salariés de l’ADEME ». L’article précise que « les éléments relatifs au projet de loi de décentralisation reflètent l’état du texte à la date de rédaction, fin avril 2026 » : les dispositions ont pu évoluer.

22.16 Produire des données factuelles, pas des récits

Protéger institutionnellement les organismes producteurs de données — ADEME, OFB, Météo-France, IGN, Cerema, INRAE, Haut Conseil pour le climat — en renforçant leur indépendance budgétaire, leur transparence méthodologique et leur capacité à publier des constats qui dérangent. Une démocratie sérieuse n’a pas peur de la vérité chiffrée. Un pays qui se prive de son expertise indépendante se condamne à piloter à l’aveugle.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. L’instrument juridique de cette protection institutionnelle n’est pas précisé par la source : l’article énonce un principe et une liste d’organismes, pas un véhicule législatif ni un niveau de ressources garanti.

22.17 Incarner la temporalité longue piste

« Raisonner sur quinze ou vingt ans en s’appuyant sur les scénarios disponibles — trajectoires du GIEC, scénarios Transition 2050 de l’ADEME, projections du Haut Conseil pour le climat. » « Un programme présidentiel sérieux n’est pas un catalogue de promesses pour 2027. C’est une feuille de route pour 2050 — et elle ne peut s’écrire qu’avec les agences d’expertise, non contre elles. »

Le chiffrage. À établir.

23
État, Europe et monde

Institutions et territoires

23.1 Fin des compétences partagées

Chaque politique publique se voit attribuer un responsable unique ou, à défaut, un chef de file dont la convention d’exercice concerté devient obligatoire et opposable. Les deux rapports constatent que la notion de chef de file se révèle peu opérationnelle et que le recours aux conventions territoriales d’exercice concerté (CTEC) est particulièrement rare, et que les CTAP instituées par la loi Maptam apparaissent comme des coquilles vides. Le chef de file ne pourrait empêcher les autres d’agir, mais les autres partenaires publics ne pourraient refuser la coordination.

Chiffrage : Rien à court terme ; de 1,5 Md€ (doublons) à 7,5 Md€ par an (doublons et clarification des compétences) à l’horizon 2030, plafond théorique.

Sources : Mission Ravignon (IGF, IGA, IGAS), Coûts des normes et de l’enchevêtrement des compétences, mai 2024 ; CAE, tableur des 170 mesures du Focus n° 124, octobre 2025.

Comment savoir si c’est raté. Deux versions concurrentes : « Ravignon : rendre les CTEC obligatoires » — sans révision constitutionnelle — et « Woerth (proposition 31) : engager une révision constitutionnelle afin de faire du chef de file le détenteur du pouvoir réglementaire ». « La version Ravignon ne nécessite pas de révision constitutionnelle. C’est celle à retenir en première intention, la version Woerth pouvant constituer l’horizon d’un second temps. »

23.2 Unification au département des solidarités

Grand âge, handicap, Sdis, avec délégation des crédits d’assurance-maladie et transfert intégral du financement des Sdis. Les doublons visés : Ehpad sous double tutelle département / ARS, handicap éclaté entre MDPH, ARS, rectorats (AESH) et CAF, Sdis financés à 45 % par le bloc communal mais pilotés par le département. Fondement : Ravignon 3.3.1, 3.3.2, 3.3.4 ; Woerth 3, 4, 5. Convergence des deux rapports sauf sur les Ehpad.

Chiffrage partiel : Transfert neutre pour les administrations publiques ; économie de coordination de l’ordre de 0,01 Md€ par an. Reste à chiffrer : Le coût d’une harmonisation des tarifs entre départements reste à chiffrer.

Sources : Mission Ravignon (IGF, IGA, IGAS), Coûts des normes et de l’enchevêtrement des compétences, mai 2024 ; Commission des comptes de la Sécurité sociale, rapport de mai 2026.

Comment savoir si c’est raté. Divergence frontale entre les deux rapports officiels, explicitement non tranchée : « Ehpad : unification départementale ou recentralisation ? Ravignon contre Woerth. Décision à coordonner avec le chapitre Santé et le futur chapitre Grand âge. » Le transfert de l’AAH « n’est pas tranché par la mission ».

23.3 La commune libérée

Transfert du pouvoir réglementaire d’application hors champ régalien, unification de la voirie en agglomération, gestion immobilière et matérielle scolaire complète, tranquillité publique au maire dans toutes les configurations. S’y ajoutent la police spéciale des débits de boisson entièrement au maire, le préfet gardant un pouvoir de substitution, et le dépistage scolaire confié à chaque gestionnaire du parcours. Fondement : Ravignon 3.3.3, 3.3.6, 3.3.10 ; Woerth 1, 2, 11 ; position AMF.

Le chiffrage. Postes concernés dans le chiffrage Ravignon : enseignement-coordination 1 134 M€, voirie 510 M€, urbanisme 684 M€. Médecine scolaire : « 18 % des visites de sixième année réalisées ».

Comment savoir si c’est raté. « Oui, sur ce point précis, notre ligne diverge de celle de la Cour, et de celle de l’État depuis quarante ans. » Le critère retenu est l’imputation du coût, pas le nombre de communes : « Ce n’est pas parce que la commune fait trop de choses qu’elle coûte cher, c’est parce qu’on l’empêche de faire correctement ce qui lui revient déjà. »

23.4 Extinction des structures redondantes

PETR, syndicats intercommunaux à compétence reprise par un EPCI, métropole du Grand Paris. Statut unique d’intercommunalité. Fondement : Woerth 32, 33, 39 ; HCSP. Mouvement déjà engagé : de plus de 16 000 syndicats en 2003 à environ 8 000 aujourd’hui. S’y ajoutent la suppression de la clause générale de compétence de la métropole de Lyon (Woerth 41) et la transformation des EPT en EPCI, avec à terme une région-métropole Île-de-France.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. Contradiction documentée entre deux rapports officiels : « Woerth — engager un processus de dissolution des PETR, structures redondantes » contre « Mission d’information parlementaire — soutenir la création et la consolidation des PETR dans les territoires ruraux, comme mailles d’assemblage de l’ingénierie ».

23.5 Clause anti-doublon sur les dotations d’ingénierie

Aucune dotation d’ingénierie versée à une collectivité pour un service déjà assuré par l’échelon supérieur ou par un opérateur de l’État sur le même territoire. Le volet 2 la précise : aucune dotation ni aucun poste d’ingénierie financé par l’État là où la prestation est déjà assurée par le département, la région ou une agence locale. Cartographie départementale opposable sous l’autorité du préfet. Mention explicite de la source : Mesure propre au Projet 2027. Répond au risque, documenté par la Cour des comptes sur les fusions régionales de 2015, de reconstitution du doublon après clarification.

Le chiffrage. « 35 structures dans le Loiret, 200 M€ ADEME-CEREMA-ANCT, offre développée en silo et redondante. »

Comment savoir si c’est raté. « Objection 3 — Rationaliser l’ingénierie, c’est éloigner l’expertise du terrain. Réponse. […] Trente-cinq structures dans un département ne produisent pas trente-cinq fois plus d’expertise : elles produisent trente-cinq portes d’entrée et autant de temps perdu à les identifier. »

23.6 Étude d’impact consolidée obligatoire

Toute norme nouvelle applicable aux collectivités doit chiffrer son coût sur les quatre niveaux, sous le contrôle d’un CNEN rattaché au Premier ministre et doté d’un canal direct vers le Parlement. Fondement : Ravignon 4.4 ; Woerth 22. S’y ajoutent le renforcement des études et fiches d’impact et des évaluations ex post par expertise extérieure.

Le chiffrage. « Le dispositif actuel ne couvre qu’environ 2 % du flux réglementaire. » Le dispositif « une norme créée, une norme supprimée » issu de la circulaire du 26 juillet 2017 « a produit 95 compensations depuis septembre 2017, pour une économie nette de 71,1 M€ globalement et 98,5 M€ pour les seules collectivités ».

Comment savoir si c’est raté. La portée reste bornée par construction : « les décrets autonomes représentent environ 2 % du flux réglementaire ». Une étude d’impact consolidée n’atteint donc l’essentiel du flux normatif que si son périmètre dépasse les décrets autonomes.

23.7 Un territoire, un contrat, un guichet

Deux contrats et deux seulement : le CPER à l’échelle régionale, le CRTE à l’échelle intercommunale. Tous les autres dispositifs contractuels de l’État s’y intègrent ou s’éteignent au terme de leur génération. Guichet unique et dossier unique pour l’ensemble des dotations d’investissement, à enveloppe constante, à taux de FCTVA inchangé et à gouvernance départementale maintenue. Le volet 2 ajoute une annexe financière obligatoire à peine de nullité et un suivi confié à une instance unique. C’est aussi la contre-proposition opposée à la recommandation III-3/3 de la Cour, qui proposait de réduire le taux du FCTVA.

Le chiffrage. « 849 CRTE, 12 CPER et des dispositifs “si nombreux qu’ils ne sauraient être tous recensés” (RPA 2026, III-3). 406 M€ dépensés chaque année par les seules communes à chercher des financements pour leur propre patrimoine (Ravignon). »

Comment savoir si c’est raté. « La condition, non négociable, est que le regroupement ne serve pas à réduire l’enveloppe — exactement la réserve formulée par Intercommunalités de France. » Et : « Le gain n’est pas budgétaire, il est administratif. » La position arrêtée est « OUI à la rationalisation contractuelle […] NON au contrat financier contraignant : aucune trajectoire de dépense imposée unilatéralement à une collectivité ».

23.8 Fin des appels à projets pour l’investissement local de droit commun

L’appel à projets met en concurrence des collectivités inégalement outillées et morcelle les cofinancements ; il est réservé aux dispositifs expérimentaux et limité dans le temps. Le volet RPA la formule comme une extinction programmée des appels à projets pour les compétences obligatoires des collectivités. Fondement : RPA 2026, conclusion générale, orientation 5 ; Régions de France ; AMF. Woerth converge : encadrer drastiquement les appels à projets nationaux (proposition 47).

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. Le volet 2 signale lui-même la redondance : « Les mesures 1 et 2 du volet 2 peuvent être présentées comme une seule. » Conserver les deux séparément suppose de justifier qu’un guichet unique ne suffit pas à éteindre les appels à projets.

23.9 La clause de caducité universelle

Tout zonage, tout dispositif dérogatoire, tout programme national créé à compter de 2027 porte, dès son acte de création, sa date de fin et son critère de sortie. Les dispositifs existants font l’objet d’un audit général en début de mandat et se voient assigner un terme de cinq ans, renouvelable sur évaluation publique. Le volet 2 retient une durée de vie de six ans alignée sur le mandat municipal, évaluation publiée obligatoire avant reconduction, extinction automatique à défaut et une suppression immédiate des ZSP, qui font doublon avec les QRR.

Le chiffrage. « Le zonage FRR couvre 57 % des communes françaises ; la Cour constate que les nombreuses modifications apportées à ces dispositifs n’ont jamais conduit à les remettre en cause, malgré des évaluations mitigées. » 1 609 QPV, dont 247 outre-mer, soit 8,7 % de la population.

Comment savoir si c’est raté. Deux durées contradictoires entre les deux documents : « un terme de cinq ans » (PDF 1851, p. 31) contre « une durée de vie de six ans alignée sur le mandat municipal » (PDF 1852, p. 25). À trancher avant rédaction.

23.10 Le droit commun d’abord

« Aucun dispositif spécifique territorialisé ne peut être créé sans démonstration préalable, publiée, que les moyens de droit commun ont été mobilisés sur le territoire concerné et n’ont pas suffi. Corollaire : obligation d’identifier et de publier les moyens de droit commun effectivement déployés, territoire par territoire. » Fondement : « Recommandation III-1/2 de la Cour, élargie de la politique de la ville à l’ensemble des politiques territorialisées. Répond au risque documenté de substitution des crédits de droit commun par les crédits spécifiques. »

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. La mesure n’est applicable que si les moyens de droit commun sont mesurables : or la Cour écrit que « les crédits de la politique de la ville ne sont pas spatialisés à l’échelle des quartiers qu’ils financent » et que « les dépenses de la sécurité sociale au bénéfice des territoires ne sont pas identifiées à ce jour ». La proposition « Un euro, un compte territorial » en est donc le préalable technique.

23.11 Un euro, un compte territorial

Expérimentation puis généralisation de la mesure de la totalité de la dépense publique réalisée sur un territoire donné, État, opérateurs, sécurité sociale et collectivités confondus. Publication annuelle, à l’échelle de l’intercommunalité. Le volet 2 y ajoute la redevabilité territoriale : publication annuelle, commune par commune, du total des concours publics reçus, toutes sources confondues. Fondement : Orientation 6 de la Cour, qui propose l’expérimentation sur l’éducation et le logement. Sans ce compte, aucun débat honnête sur la solidarité territoriale n’est possible.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « La Cour reconnaît que les dépenses de sécurité sociale au bénéfice des territoires “ne sont pas identifiées à ce jour” » : la faisabilité du compte territorial dépend donc d’une capacité statistique qui n’existe pas encore. La Cour ne propose elle-même qu’une expérimentation sur deux politiques.

23.12 La Conférence annuelle des territoires

« Une instance unique, présidée par le Premier ministre, associant de droit les associations d’élus, se substituant au comité interministériel des villes, au comité interministériel des ruralités, au Conseil national des villes et au Conseil national de la montagne. Ordre du jour public, compte rendu publié, arbitrages opposables aux administrations centrales et aux opérateurs. » Fondement : « Orientation 3 de la Cour, qui propose explicitement “une instance annuelle des territoires apte à surplomber les différents comités thématiques existants”. Le comité interministériel créé en 1960 ne s’est plus réuni depuis 2010. »

Le chiffrage. « Coût : nul. Suppression : quatre à six instances. » (PDF 1852, p. 6)

Comment savoir si c’est raté. « Recommandation de la Cour, pas invention du programme. » Mais le socle note aussi que « les conférences territoriales de l’action publique et les comités locaux de cohésion territoriale sont obligatoires depuis 2014 et 2019, et ne se réunissent pas » : créer une instance ne garantit pas qu’elle siège. Le critère retenu est donc le caractère opposable des arbitrages, pas l’existence de l’instance.

23.13 Le panier de services essentiels, rendu opposable

« Définition législative du panier de services publics de base — soins, éducation, logement, transports, sécurité, accès aux droits — assortie d’engagements de temps d’accès mesurables et de la garantie d’une voie non numérique pour toute démarche administrative. Contrôle annuel de l’effectivité du canal papier et téléphonique. » Fondement : « Orientation 1 de la Cour, durcie. »

Le chiffrage. « 44 % de la population rencontre des difficultés dans les démarches en ligne, 32 % des adultes y ont renoncé au moins une fois et 8 % définitivement. »

Comment savoir si c’est raté. « La Cour constate qu’“aucun dispositif ne permet actuellement de contrôler la qualité et l’effectivité du canal papier”. » Le panier n’est donc opposable qu’une fois ce dispositif de contrôle créé : c’est lui, et non la définition législative, qui porte la charge de preuve.

23.14 La péréquation d’abord corrigée, ensuite augmentée

« Suppression des six biais contre-péréquateurs identifiés par la Cour avant tout basculement de masse : modulation du montant selon le rang de classement, intégration de la DNP dans la DSR et la DSU, prise en compte du revenu des habitants et des dépenses sociales des départements, recentrage de la fraction bourg-centre sur les communes assumant réellement des charges de centralité. Basculement des dotations forfaitaires étalé sur le mandat 2026-2032, à effets individuels mesurés et publiés. » Fondement : « Recommandation III-4/1 de la Cour, dans l’ordre inverse. »

Le chiffrage. « Après 14,4 Md€ de péréquation, les écarts de potentiel financier entre ensembles intercommunaux vont encore de 1 à 9. L’Aisne dispose de 912 € de potentiel financier par habitant, les Hauts-de-Seine de 1 109 €, pour un revenu fiscal deux fois supérieur. » 33 002 communes, soit 97,8 % des communes de moins de 10 000 habitants, sont éligibles à la DSR.

Comment savoir si c’est raté. La mesure la plus lourde est explicitement renvoyée : « Acceptons-nous de répartir la TVA transférée aux collectivités selon des critères péréquateurs, en remettant en cause les compensations “à l’euro près” ? […] Recommandation : ne pas trancher dans le chapitre Institutions. Renvoyer au chapitre Fiscalité. » L’AMF s’y oppose fermement « en relevant que la Cour n’a pas mesuré les transferts de ressources entre collectivités que la mesure produirait ».

23.15 L’ingénierie de droit

« Toute commune dispose d’un droit d’accès à une offre départementale unique d’ingénierie publique, administrative, technique et financière. Chef-de-filât de l’ANCT rendu opposable aux autres opérateurs de l’État sur le champ territorial. Dissolution des PETR, dont les fonctions sont reprises par cette offre unique. » Fondement : « La Cour constate que l’ANCT “ne dispose pas de l’autorité juridique pour imposer des priorités” et que la répartition des compétences entre opérateurs “manque parfois de lisibilité pour leurs partenaires locaux”. »

Le chiffrage. « 35 structures dans le Loiret, 200 M€ ADEME-CEREMA-ANCT. »

Comment savoir si c’est raté. La dissolution des PETR est contredite par un autre rapport officiel du corpus : la mission d’information parlementaire de février 2026 propose au contraire « de soutenir la création et la consolidation des PETR dans les territoires ruraux, comme mailles d’assemblage de l’ingénierie ».

23.16 Bonification de la dotation d’intercommunalité

Contre-proposition à la recommandation III-4/4 de la Cour, qui voulait généraliser l’obligation de pacte financier et fiscal : « Bonification de la dotation d’intercommunalité pour les ensembles dotés d’un pacte financier et fiscal réellement redistributeur, mesurée sur la réduction effective des écarts de potentiel financier entre communes membres. On ne contraint personne ; on rend la solidarité intercommunale financièrement rationnelle. » « C’est l’application exacte de la doctrine “incitation avant coercition” à un cas où la Cour a raison sur le but et tort sur le moyen. »

Chiffrage : Neutre si elle est prise dans l’enveloppe de la dotation globale de fonctionnement ; sinon 0,08 à 0,17 Md€ par an (5 à 10 % de la dotation d’intercommunalité).

Sources : Cour des comptes, Les finances publiques locales 2026, juillet 2026.

Comment savoir si c’est raté. « L’AMF conclut que l’obligation produirait “des pactes vides de contenu, adoptés pour satisfaire l’exigence réglementaire sans répondre aux besoins réels des collectivités”. » Le critère de réussite de la version incitative est donc mesurable : la réduction effective des écarts de potentiel financier entre communes membres.

23.17 Unification de l’État territorial piste

« Ravignon (3.6.1) relève une attente unanime des élus : disposer d’un interlocuteur unique capable d’exprimer la position arbitrée de l’État, de nombreux cas de discordances durables entre services ayant été rapportés. La mission propose de conforter l’autorité des préfets de département et de région sur l’ensemble des services de l’État, y compris ceux sur lesquels ils n’ont pas aujourd’hui autorité directe : rectorats, ARS, services de la DGFiP, et certains opérateurs comme Bpifrance ou France Travail. » Woerth converge : plateforme départementale de financement et d’ingénierie (48), extension du pouvoir de dérogation des préfets (49), dotation unique d’investissement confiée aux préfectures (46).

Le chiffrage. « Contrôle de légalité : 925 ETPT, 65 M€ de masse salariale, 6,12 millions d’actes reçus en 2021 (+22 % depuis 2015) pour 1,23 million contrôlés. » La dérogation préfectorale du 31 mai 2024 « n’a été utilisée que par 33 préfets ».

Comment savoir si c’est raté. Mesure non retenue parmi les six mesures phares du volet 1 : elle figure à l’inventaire des doublons supprimables, reprise de propositions Ravignon et Woerth, sans formulation programmatique propre. Son statut reste donc à arrêter.

23.18 Relèvement des seuils de commande publique piste

« La suppression du seuil intermédiaire de 90 000 € pour les marchés à procédure adaptée générerait un gain compris entre 39 M€ et 318 M€, sur la base d’un coût de procédure de 6 800 € pour un MAPA et de 11 150 € pour une procédure formalisée. À défaut, relèvement des seuils à 150 000 € pour les fournitures et services et 250 000 € pour les travaux. »

Le chiffrage. Gain estimé entre 39 M€ et 318 M€ ; coût de procédure de 6 800 € pour un MAPA, 11 150 € pour une procédure formalisée.

Comment savoir si c’est raté. Chiffrage impossible à resserrer en l’état : « Aucune donnée sur la part de marchés de travaux comprise entre 100 000 € et 250 000 €, ce qui empêche de chiffrer le relèvement des seuils de commande publique. »

23.19 L’autorisation d’activité multisite

« Les agences régionales de santé peuvent délivrer une autorisation d’activité de soins portant sur plusieurs sites. Un site de proximité peut ainsi être maintenu sous l’autorisation d’un plateau technique de référence, sans être soumis individuellement aux seuils d’activité. » Fondement : « Recommandation I-1/4 de la Cour. C’est l’outil juridique qui réconcilie les deux exigences contradictoires du chapitre santé : concentration imposée par la spécialisation (44 spécialités contre huit en 1947) et proximité imposée par le vieillissement (25 millions de patients chroniques). »

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. Le socle la route explicitement hors du chapitre Institutions : « 8 vers Sécurité, 9 vers Santé » (PDF 1851, p. 35). Elle est inventoriée ici parce qu’elle est née du travail du pilier IV, mais son chapitre d’accueil est le chapitre Santé, où elle ne figure pas encore dans l’inventaire existant.

23.20 Un statut de l’élu qui garantit le retour à l’emploi

« Extension et sécurisation effective du congé pour mandat électif prévu par le code du travail, avec obligation de réintégration au poste ou à un poste équivalent, portabilité des droits et prise en charge de la formation au retour. Objectif assumé : permettre à un ingénieur, un artisan, un chef d’entreprise, un soignant d’exercer un mandat sans sacrifier sa carrière — et donc d’ouvrir la représentation nationale à ceux qui, aujourd’hui, ne peuvent pas se le permettre. C’est la condition matérielle de tout renouvellement. »

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « Aucune de ces six mesures ne crée un droit nouveau. Toutes prolongent, renforcent ou rendent enfin applicable un dispositif qui existe déjà. » La mesure se juge donc sur l’effectivité du congé pour mandat, non sur sa création.

23.21 Le non-cumul dans le temps

« Trois mandats exécutifs identiques consécutifs au maximum. Extension aux exécutifs locaux et aux fonctions parlementaires de la logique déjà retenue pour la présidence de la République par l’article 6 de la Constitution. La professionnalisation à vie du mandat est la première cause identifiée du soupçon de probité mesuré à 76 %. »

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. Le critère avancé est la réduction du soupçon de probité, mesuré par le baromètre CEVIPOF : 76 % des Français estiment que « les élus sont plutôt corrompus ». La mesure est donc réfutable par la stabilité de cet indicateur après application.

23.22 L’évaluation ex post obligatoire, confiée à la Cour des comptes

« Toute loi engageant plus d’un milliard d’euros et tout grand programme public font l’objet, trois ans après leur entrée en vigueur, d’une évaluation publique contradictoire, inscrite d’office à l’ordre du jour des deux assemblées et débattue en séance. La Cour des comptes est la seule institution nationale testée cette année qui recueille une confiance supérieure au tiers (44 %) : c’est l’actif institutionnel le mieux placé pour porter cette fonction. C’est la réponse directe aux 88 %. »

Le chiffrage. Seuil de déclenchement : « plus d’un milliard d’euros ». Confiance dans la Cour des comptes : 44 %.

Comment savoir si c’est raté. La mesure repose sur un actif de confiance mesuré et donc variable : 44 % pour la Cour des comptes dans la vague 17. Le socle institutions relève par ailleurs que des évaluations ex post existantes n’ont pas empêché la reconduction des dispositifs : « les nombreuses modifications apportées à ces dispositifs n’ont jamais conduit à les remettre en cause, malgré des évaluations mitigées ».

23.23 Un référendum d’initiative partagée réellement praticable

« Abaissement du seuil de parrainages citoyens et des délais de recueil prévus par l’article 11 de la Constitution, dont l’architecture actuelle rend le dispositif inapplicable depuis sa création. Et généralisation du principe “convention citoyenne suivie de référendum”, auquel 79 % des Français sont favorables, avec un cadre strict : mandat écrit, périmètre défini à l’avance, question soumise au Conseil constitutionnel avant tirage au sort. »

Le chiffrage. 79 % des Français favorables à un recours plus fréquent au référendum, 79 % à ce que les propositions issues d’une convention citoyenne soient soumises à référendum, 71 % à l’organisation de telles conventions, 81 % souhaitent être davantage associés aux grandes décisions politiques et budgétaires.

Comment savoir si c’est raté. Le niveau du seuil abaissé n’est pas chiffré par la source. Le précédent cité par 852 fixe un repère : la pétition contre la loi Duplomb a franchi « le seuil des 500 000 signatures qui ouvre la voie à un débat parlementaire — une première » avec 2 131 368 signatures.

23.24 Un bloc de compétences économiques transféré aux régions

« La vie économique arrive en tête des domaines où les Français demandent davantage d’autonomie locale (47 %). Transfert d’un bloc cohérent — formation professionnelle, apprentissage, aides aux entreprises, foncier économique — avec la ressource fiscale correspondante et une obligation de reddition annuelle des comptes devant les citoyens de la région. »

Le chiffrage. 47 % des Français citent la vie économique et 47 % la sécurité comme domaines où les collectivités locales devraient avoir plus d’autonomie, « loin devant la santé (32 %), l’éducation (25 %) et la fiscalité (18 %) ».

Comment savoir si c’est raté. La doctrine du socle institutions impose que « aucune compétence n’est transférée sans les moyens correspondants » : la mesure est donc conditionnée au transfert de « la ressource fiscale correspondante », lui-même suspendu à l’arbitrage n° 2 sur le pouvoir de taux local, déclaré « DÉCISION NON PRISE ».

23.25 Une loi de programmation fiscale quinquennale opposable aux entreprises

« Trajectoire pluriannuelle votée en début de législature, non-rétroactivité de plein droit, clause de stabilité de cinq ans pour tout investissement productif engagé sur la base d’un régime donné, et convergence programmée des impôts de production vers la moyenne européenne. On ne demande pas à un industriel d’engager quinze ans de capital sous un régime fiscal révisé chaque automne. »

Le chiffrage. « On ne peut pas simultanément demander aux entreprises françaises de réindustrialiser le pays et leur faire supporter trois fois la médiane européenne d’impôts de production. »

Comment savoir si c’est raté. L’article rattache les six mesures au pilier IV mais précise qu’« elles n’ont de sens qu’articulées aux volets économiques que nous avons déjà publiés ». La convergence des impôts de production relève du chapitre Fiscalité : le rattachement au pilier IV est à arbitrer.

23.26 Chiffrage public et contradictoire des programmes présidentiels

« Extension de la mission du Haut Conseil des finances publiques : tout candidat ayant obtenu ses parrainages transmet son programme au HCFP, qui publie une évaluation de son impact sur le solde public avant le premier tour. Le candidat dispose d’un droit de réponse publié conjointement. » « Nous nous proposons de soumettre à l’évaluation du HCFP que nous proposons d’instituer, y compris si elle nous est défavorable. »

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. Objection portée par la source elle-même : « Deuxième objection : le chiffrage obligatoire limiterait le débat démocratique. Nous répondons l’inverse. […] Le HCFP n’interdit rien ; il informe. Un candidat resterait parfaitement libre de proposer un programme coûteux — à condition d’assumer publiquement son coût. »

23.27 Règle du gage intégral

« Extension de la logique de l’article 40 de la Constitution à l’ensemble des annonces de l’exécutif : toute mesure nouvelle est présentée avec la recette ou l’économie qui la finance, identifiée et datée. Pas de gage, pas de mesure. » « Aucune de ces mesures ne crée un droit nouveau. Toutes rendent opposable ce que la loi prévoit déjà sans le sanctionner. »

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « Chaque chapitre du Projet 2027 comporte un chiffrage et une source de financement identifiée. […] Une règle que l’on ne s’applique pas à soi-même n’est pas une règle : c’est un argument de campagne. » La règle est donc réfutable par le programme lui-même, chapitre par chapitre.

23.28 Loi de programmation opposable

« La loi de programmation des finances publiques existe depuis 2012 et n’a jamais été respectée. Nous la rendons contraignante : tout écart supérieur à 0,3 point de PIB déclenche un débat parlementaire obligatoire et la présentation d’un plan de correction dans les trois mois. »

Le chiffrage. Seuil de déclenchement : 0,3 point de PIB. Contexte : « Il faudrait réduire le déficit d’environ 3 points de PIB — près de 89,6 milliards d’euros — pour seulement enrayer la hausse du ratio d’endettement. »

Comment savoir si c’est raté. « Première objection : l’austérité casse la croissance. Elle est fondée. Un ajustement brutal réduit la demande et peut dégrader le ratio de dette qu’il prétend améliorer. C’est précisément pourquoi la Cour des comptes recommande un effort étalé de 0,6 point de PIB par an plutôt qu’un choc. »

23.29 Clause de caducité générale

« Toute niche fiscale et toute dépense d’intervention nouvelle est créée pour cinq ans au maximum, avec évaluation ex post obligatoire avant reconduction. Ce qui n’est pas évalué s’éteint. »

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. Doublon partiel avec « La clause de caducité universelle » du socle territorial, qui porte sur les zonages et dispositifs dérogatoires territorialisés et retient tantôt cinq ans (PDF 1851), tantôt six ans alignés sur le mandat municipal (PDF 1852). Une seule durée doit être retenue à l’échelle du programme.

23.30 Dépolitisation du paramètre âge

Ajustement automatique de l’âge d’équilibre à l’espérance de vie, sur le modèle suédois et danois, pour sortir du cycle des réformes à répétition et du chantage électoral qu’il alimente. Elle figure parmi les six règles proposées dans la logique constante de notre programme : étendre et rendre effectif le droit existant plutôt qu’en inventer un nouveau. Aucune de ces mesures ne crée un droit nouveau. Toutes rendent opposable ce que la loi prévoit déjà sans le sanctionner.

Le chiffrage. À établir.

23.31 Égalité de risque devant le mandat

« Un agent public élu au Parlement quitte définitivement la fonction publique, comme dans la plupart des pays de l’OCDE. En contrepartie, création d’un mécanisme de retour à l’emploi ouvert à tous les anciens parlementaires, quelle que soit leur origine professionnelle. » « Elle ne vise pas les fonctionnaires : elle vise l’asymétrie. Aujourd’hui, l’un risque tout et l’autre ne risque rien. Nous proposons de supprimer l’asymétrie par le haut. »

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. Tension à lever avec la proposition « Un statut de l’élu qui garantit le retour à l’emploi » (1415), qui prévoit au contraire une « obligation de réintégration au poste ou à un poste équivalent » : la mesure retire la garantie statutaire d’un côté et crée un mécanisme universel de l’autre. L’articulation des deux doit être écrite.

23.32 Rétablir le panachage sous un seuil de population

« Ce mode de scrutin convenait aux communes où l’on connaît les candidats. Son abandon n’a résolu aucun problème avéré et en a créé un majeur. » « Dans les petites communes, l’électeur pouvait rayer des noms et en ajouter d’autres, composant lui-même son conseil municipal. C’était une forme de démocratie directe, adaptée à des territoires où l’on connaît personnellement les candidats. Elle a disparu au profit du scrutin de liste bloquée. »

Le chiffrage. Abstention de 42,79 % en métropole au premier tour du 15 mars 2026 contre 36,34 % en 2014 ; 35,8 % sous 1 000 habitants contre 24,7 % en 2014 ; environ 23 750 communes à liste unique.

Comment savoir si c’est raté. Le seuil de population n’est pas chiffré par la source. Et l’article pose lui-même la limite de la mesure : « Le déclin de la démocratie municipale ne tient pas seulement au mode de scrutin […] Réparer le scrutin est nécessaire ; ce ne sera pas suffisant. »

23.33 Assouplir l’exigence de liste complète dans les petites communes

En autorisant les listes incomplètes lorsque le nombre de candidats déclarés est insuffisant. Dans un village de 300 habitants, réunir une liste complète et paritaire relève de l’exploit. Faute de candidats en nombre suffisant, il n’y a plus qu’une liste — ou aucune. Ces candidats potentiels, écartés par la technocratie d’un système qui prétend les inclure, sont la face invisible de cette élection. On ne les compte nulle part.

Le chiffrage. Plus de 33 300 maires élus dès le premier tour ; environ 23 750 communes, soit plus des deux tiers, ne présentaient qu’une liste unique.

Comment savoir si c’est raté. La mesure se heurte à l’objectif de parité que la réforme poursuivait : « Harmoniser les règles, professionnaliser les candidatures, favoriser la parité et la constitution d’équipes municipales cohérentes. » L’arbitrage parité/complétude n’est pas tranché par la source.

23.34 Évaluer avant de généraliser

« Cette réforme n’a fait l’objet d’aucune expérimentation préalable dans un échantillon de communes. Le principe d’une évaluation d’impact devrait s’appliquer au droit électoral comme au reste. » « Une réforme qui produit l’élection sans candidat, l’unanimité sans débat et l’abstention record n’a pas raté son objectif par accident. Elle a été conçue sans regarder le terrain. »

Le chiffrage. À établir.

23.35 Un rendez-vous hebdomadaire sur le service public

Trente secondes en fin de journal pour annoncer les consultations ouvertes de la semaine. Le service public audiovisuel a des obligations de mission. Informer les citoyens de l’existence des canaux par lesquels ils peuvent s’exprimer en fait assurément partie. Le diagnostic : Pourquoi ces plateformes restent-elles désertes ? Parce qu’on n’en parle pas. […] Le déficit n’est pas civique, il est informationnel.

Le chiffrage. Mesure présentée comme « à coût quasi nul ». Référence : 2 131 368 signatures pour la pétition contre la loi Duplomb, « une plateforme que presque personne ne connaissait quelques semaines plus tôt ».

Comment savoir si c’est raté. Le contre-exemple est dans la source : l’application gouvernementale Agora, « l’idée était simple, le dispositif accessible. Le taux de participation fut dérisoire ». La visibilité médiatique est donc nécessaire mais sa suffisance reste à démontrer.

23.36 Un point d’entrée unique

Un portail rassemblant pétitions parlementaires, consultations de la Cour des comptes, enquêtes publiques et consultations ministérielles — aujourd’hui éparpillées sur des dizaines de sites. Ces outils ne retirent rien au Parlement. Ils l’éclairent. Il ne s’agit pas de plaider pour une démocratie directe où chaque citoyen voterait sur tout et n’importe quoi.

Le chiffrage. Mesure présentée comme « à coût quasi nul ».

23.37 Une obligation de retour

« Toute consultation doit donner lieu à une réponse publique motivée. Sans retour, la participation devient une formalité décourageante. »

Le chiffrage. Mesure présentée comme « à coût quasi nul ».

23.38 Toute candidature officielle à l’élection présidentielle entraîne la démission

« Toute candidature officielle à l’élection présidentielle entraîne la démission du mandat en cours, ou à défaut une mise en disponibilité sans rémunération pour la durée de la campagne. » « Cela ne les empêcherait nullement de faire campagne. Cela les obligerait simplement à respecter ceux qui les ont élus — et à assumer personnellement le coût de leur ambition. »

Le chiffrage. Seize candidats déclarés à la présidentielle 2027 exerçaient en avril 2026 un mandat électif rémunéré par l’argent public ; aucune démission.

Comment savoir si c’est raté. L’objection et sa réponse figurent dans la source : « On objectera que la démission créerait des vacances de mandat et des élections partielles coûteuses. L’argument mérite d’être entendu : c’est précisément pourquoi la mise en disponibilité sans rémunération constitue l’option de repli. » La note précise aussi que « le mandat électif ne relève évidemment pas du Code du travail — la comparaison est éthique, non juridique ».

23.39 ma commune.app : équiper les petites et moyennes communes pour le XXIe siècle

Un site internet communal, un agenda, des consultations et sondages citoyens, un recueil de propositions, un service de signalement de type “allô mairie”, une cartographie des commerces, entreprises et associations, une messagerie interne entre élus et services. Zéro euro. Une convention de mise à disposition gratuite, dont le modèle est téléchargeable sur le site. La commune reste propriétaire de ses données et du code. Si Élysée Conseils cessait un jour le développement, aucune commune ne serait bloquée. 100 % développée en France, 100 % conforme au RGPD, 100 % open source.

Le chiffrage. Coût de mise à disposition : 0 €. Contexte : 34 875 communes au 1er janvier 2026, dont 97 % de moins de 10 000 habitants ; « la commune de 400 habitants n’a ni le budget d’une refonte de site à 15 000 euros, ni le temps de rédiger un cahier des charges ».

Comment savoir si c’est raté. Deux garanties de continuité sont écrites : constitution des communes utilisatrices en groupement d’intérêt économique, ou reprise directe du code source. « Aucun marché public à passer, aucun engagement de durée, aucune clause de réversibilité à négocier. » La mesure est réfutable par le nombre de conventions effectivement signées, qu’aucune des deux sources ne donne.

23.40 Se méfier de ceux qui désirent le pouvoir trop ardemment piste

L’empressement à s’en saisir devrait être un signal, non une qualité. Les individus présentant les traits de la “triade noire” — machiavélisme, narcissisme, psychopathie — sont statistiquement surreprésentés parmi ceux qui recherchent activement des postes d’autorité. Le véritable danger n’est pas la couronne. C’est la main qui se tend avec trop d’empressement pour s’en saisir — et pour la conserver.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « Ces travaux établissent une surreprésentation statistique, non une fatalité individuelle — la grande majorité des personnes exerçant des responsabilités ne relèvent d’aucun de ces profils. » Aucun instrument de sélection n’est proposé : c’est un principe de doctrine, pas une mesure.

23.41 Recruter l’intégrité piste

« Favoriser ceux qui considèrent le pouvoir comme un service plutôt que comme un privilège. » « L’évolution nous a programmés pour confondre l’arrogance avec la compétence, et l’agressivité avec la force de caractère. […] Le système de sélection agit alors comme un filtre inversé : il laisse passer précisément les profils les plus assoiffés de contrôle. »

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. Aucun dispositif n’est précisé : la source énonce un principe de sélection sans en désigner l’instrument. « Le défi est structurel, pas moral. »

23.42 Multiplier les contre-pouvoirs piste

« Puisque le pouvoir libère les tendances corruptibles, il doit être systématiquement limité par des mécanismes de contrôle rigoureux. » « Une fois l’accès obtenu, le pouvoir joue le rôle d’une loupe. Les contraintes sociales qui limitaient certains comportements s’estompent : moins de contradiction, moins de sanction, davantage de déférence. »

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. Principe sans instrument désigné dans cette source ; il trouve sa traduction opérationnelle dans « L’évaluation ex post obligatoire, confiée à la Cour des comptes » et « L’interdiction de l’instruction individuelle ».

23.43 Instaurer une rotation systématique piste

« Le temps passé au pouvoir finit par altérer même les esprits les plus stables : limiter la durée des mandats reste le meilleur rempart. » « Ces principes ne sont pas théoriques. Ils rejoignent directement ce que nous défendons sur la professionnalisation de la vie politique : un élu dont la survie professionnelle dépend de sa réélection n’arbitre plus pour le pays, mais pour son mandat. »

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. Doublon de doctrine avec « Le non-cumul dans le temps » (1415), qui en donne la version chiffrée : trois mandats exécutifs identiques consécutifs au maximum. À fusionner.

24
État, Europe et monde

Justice, sécurité et protection de l’enfance

24.1 Reprendre le pacte contre la pédocriminalité dans le programme

Reprendre le pacte contre la pédocriminalité dans le programme, en saluant le travail de ses porteurs, et en le finançant par une loi de programmation pluriannuelle d’environ un milliard d’euros par an. Un ministère adossé à une loi de programmation pluriannuelle de la protection de l’enfance paraît plus réaliste que de confier à un ministère d’État de l’Enfance le financement des départements, ce qui reviendrait à recentraliser 11,7 milliards d’euros.

Le chiffrage. « Entre 0,6 et 1,6 milliard d’euros par an » pour l’ensemble des quinze mesures, « plus 0,2 à 0,65 milliard d’euros d’investissement, principalement en places de prison si la mesure 2 était retenue telle quelle ». Loi de programmation proposée : environ 1 Md€ par an. À comparer aux 9,7 Md€ par an du coût des violences estimé par la CIIVISE, et aux 11,7 Md€ de l’aide sociale à l’enfance supportés par les départements en 2024.

Comment savoir si c’est raté. « Trois postes concentrent l’essentiel de la dépense : les soins, la prévention à l’école et les moyens de la justice. Ce sont aussi ceux qui agissent sur les causes du coût de long terme. » Le chiffrage est une « estimation Élysée Conseils, hypothèses détaillées mesure par mesure », pas une évaluation administrative.

24.2 Imprescriptibilité : la soutenir pour les crimes

Imprescriptibilité : la soutenir pour les crimes, et allonger la prescription des délits en reconnaissant l’amnésie traumatique comme obstacle insurmontable. Pour les crimes, la mesure est défendable. La Convention de Lanzarote exige un délai suffisant après la majorité, et le Conseil de l’Europe a invité en 2020 les États à supprimer la prescription des violences sexuelles sur enfants. La voie la plus sûre consisterait à reconnaître l’amnésie comme un obstacle insurmontable suspendant la prescription des délits, ce que permet l’article 9-3 du Code de procédure pénale, et à former magistrats et experts.

Le chiffrage. « 10 à 50 millions d’euros par an, essentiellement en temps d’enquête sur des faits anciens » pour l’imprescriptibilité ; « moins de 5 millions d’euros par an, en formation » pour l’amnésie traumatique.

Comment savoir si c’est raté. « L’extension à tous les délits et à l’action civile pose davantage de questions : un délit deviendrait imprescriptible alors qu’un meurtre se prescrit, et les preuves s’effacent avec le temps, ce qui expose à des non-lieux vécus comme une seconde violence. Il faut enfin le dire clairement aux victimes : une loi nouvelle ne peut pas rouvrir des faits déjà prescrits. » Sur l’amnésie, « inscrire un mécanisme scientifique, par nature évolutif, dans le Code pénal est risqué ».

24.3 Sursis : l’exclure sauf décision spécialement motivée

« Sursis : l’exclure sauf décision spécialement motivée, et assortir tout sursis probatoire d’une obligation de soins. » « La Constitution impose l’individualisation des peines. Le Conseil constitutionnel n’a validé les peines planchers en 2007 que parce que le juge pouvait y déroger. […] Une exclusion absolue du sursis, sans aucune dérogation possible, serait donc très exposée. »

Le chiffrage. « Notre hypothèse : 2 000 à 3 000 peines fermes supplémentaires par an, soit 1 500 à 3 000 détenus de plus en régime permanent. À 105 euros la journée de détention, cela représente 60 à 115 millions d’euros par an, auxquels s’ajoutent 0,2 à 0,6 milliard d’euros de places nouvelles. »

Comment savoir si c’est raté. « La liste vise aussi des auteurs mineurs, qui commettent 31 % des viols et agressions sexuelles sur mineurs et relèvent d’une justice spécifique protégée par la Constitution. Et supprimer le sursis n’envoie pas mécaniquement en prison, car les peines fermes courtes sont en principe aménagées. Le risque inverse existe : des juges ou des jurés qui reculent devant la qualification. »

24.4 Clause « Roméo et Juliette » : ramener l’écart d’âge de cinq à trois ans

« Clause “Roméo et Juliette” : ramener l’écart d’âge de cinq à trois ans plutôt que la supprimer. » « Supprimer la clause ferait d’un jeune de 18 ans en couple avec une adolescente de 14 ans l’auteur d’un crime passible de vingt ans de réclusion, et la mesure 2 lui imposerait de la prison ferme. Une voie médiane consisterait à ramener l’écart à trois ans, comme le prévoit le droit belge. »

Le chiffrage. « Faible, mais davantage d’affaires devant les cours criminelles, déjà saturées. »

Comment savoir si c’est raté. « En dehors de ces cas, la relation n’est pas tolérée : elle reste un délit d’atteinte sexuelle, puni de sept ans d’emprisonnement, et la définition ordinaire du viol continue de s’appliquer en cas de contrainte. » La clause ne s’applique déjà « ni en cas de rémunération ni en cas d’inceste ».

24.5 Dirigeants d’institutions : une obligation de procédure sanctionnée

« Dirigeants d’institutions : une obligation de procédure sanctionnée en cas de faute caractérisée, plutôt qu’une responsabilité automatique. » « Une responsabilité automatique contredirait le principe selon lequel nul n’est pénalement responsable que de son propre fait, et le Code pénal exige une faute caractérisée de l’auteur indirect. Elle risquerait aussi de décourager les dirigeants bénévoles de clubs et d’associations. Une obligation de procédure, avec contrôle et signalement, sanctionnée en cas de faute caractérisée et doublée d’une fermeture administrative, atteindrait le même but. »

Le chiffrage. « 20 à 50 millions d’euros d’investissement dans le système d’information, puis 10 à 30 millions d’euros par an » pour le volet contrôle d’honorabilité.

Comment savoir si c’est raté. « Le volet contrôle est en bonne voie, mais l’échéance de 2029 est trop lointaine : l’école et le périscolaire pourraient être prioritaires dès 2027. » Le contrôle d’honorabilité unifié créé par le projet de loi de juillet 2026 « entrera en vigueur au plus tard le 31 décembre 2029 ».

24.6 Priorités budgétaires : l’Office mineurs, les soins du psychotraumatisme

Priorités budgétaires : l’Office mineurs, les soins du psychotraumatisme, les magistrats et greffiers, puis la prévention à l’école en commençant par trois âges clés. Sur l’Office mineurs : Aucune difficulté juridique : c’est une question de budget, de recrutement et de formation. C’est aussi la mesure dont chaque euro produit l’effet le plus direct. Sur la correctionnalisation : L’ordre des choses compte : les moyens d’abord, l’interdiction ensuite.

Le chiffrage. Office mineurs : « 20 à 60 millions d’euros par an. Sur une base d’environ 70 000 euros par enquêteur, charges et pensions comprises, porter l’Office à 300 enquêteurs coûterait environ 17 millions d’euros par an, et viser l’effectif britannique environ 55 millions. » Soins : « 150 à 450 millions d’euros par an, pour 60 000 à 150 000 bénéficiaires à 2 000 à 3 000 euros chacun. » Magistrats et greffiers : « 100 à 300 millions d’euros par an pour environ 500 magistrats et 600 greffiers supplémentaires. » Prévention à l’école : « 150 à 350 millions d’euros par an […] Commencer par trois âges clés ramènerait la dépense à 30 à 70 millions d’euros. » Cyberpédocriminalité : « 30 à 80 millions d’euros par an en analystes et en outils. »

Comment savoir si c’est raté. « Selon la CIIVISE, l’absence de soins adaptés est la principale cause des conséquences de long terme, qui pèsent pour près de 70 % du coût des violences. » Sur la prévention : « Son principal risque est qualitatif : un questionnement mené par un intervenant non formé peut orienter la parole de l’enfant et fragiliser un futur témoignage en justice. » Sur la détection : « La détection dans les messageries et la conservation des données relèvent du droit européen. Une loi nationale ne peut pas l’imposer seule. »

24.7 Le maire, pilote de la sécurité du quotidien

« Le conseil local ou intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance devient le cadre de droit commun de la définition des priorités locales de sécurité. Les polices municipales sont dotées des amendes forfaitaires délictuelles et d’un accès aux fichiers en mobilité. Une dotation d’équipement péréquée permet aux communes qui n’en ont pas les moyens de se doter d’une police municipale. » Fondement : « Recommandations II-5/3 et II-5/4 de la Cour, complétées du volet péréquation. »

Le chiffrage. « 80 % des communes de plus de 3 500 habitants sont dotées d’une police municipale, mais la Cour constate que ce développement “dépend surtout des capacités financières des communes concernées”. » 28 000 policiers municipaux recensés au socle chiffré du RPA 2026.

Comment savoir si c’est raté. Le socle signale un point de friction politique sur la mesure voisine : la révision de la répartition des zones police/gendarmerie, où « le ministre de l’intérieur s’y oppose : marqueur politique à exploiter ». La mesure est par ailleurs routée hors du chapitre Institutions : « 8 vers Sécurité » (PDF 1851, p. 35).

24.8 Fraudes en ligne : un bouton de signalement sur chaque annonce

Un lien de signalement sur chaque annonce. Un bouton “Signaler cette annonce” ouvrant un formulaire : nature du problème, éléments de preuve, captures d’écran. Une double transmission automatique. Une copie part vers les gestionnaires du site, une autre vers la DGCCRF. La plateforme vérifie et retire si nécessaire ; l’administration conserve la trace et peut engager une action. Une analyse statistique des URL signalées. C’est le cœur du dispositif : le croisement des signalements fait apparaître les récurrences — même vendeur, même mode opératoire, mêmes coordonnées bancaires — que le traitement au cas par cas ne peut pas voir.

Le chiffrage. Mesure présentée comme « simple et peu coûteuse ».

Comment savoir si c’est raté. « Le signalement abusif. Un bouton accessible à tous sera nécessairement utilisé pour nuire à un concurrent ou par erreur. Le dispositif doit donc pondérer les signalements — par la fiabilité de l’émetteur et la convergence des indices — plutôt que déclencher un retrait automatique. » Et : « La charge pour l’administration. Un flux massif de signalements bruts n’est utile que s’il est traité. »

24.9 Un réseau de sentinelles citoyennes contre les fraudes en ligne

Constituer, en lien avec la répression des fraudes, un réseau de citoyens volontaires chargés de repérer et de signaler les escroqueries en ligne. Inscription et identification. Les volontaires s’inscrivent sur une plateforme dédiée, avec un processus d’identification rigoureux garantissant la fiabilité des informations recueillies. Une sentinelle identifiée dont les signalements se vérifient acquiert, avec le temps, un indice de fiabilité — permettant de hiérarchiser le traitement.

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. « Trois garde-fous indispensables » posés par la source : « Aucun pouvoir d’enquête. Les sentinelles signalent, elles n’investiguent pas et n’interpellent personne. Toute dérive vers une justice privée doit être exclue explicitement. » ; « Protection des données des signalants comme des signalés. Un signalement n’est pas une accusation établie. » ; « Contrôle de l’usage. La base constituée est un fichier sensible. Finalités limitées, durée de conservation courte, contrôle de la CNIL. »

24.10 Radars sonores et amendes crescendo

« Généralisation des radars acoustiques automatiques avec verbalisation automatisée, création d’un registre national des infractions sonores. Le tapage passe en contravention de 5e classe : 200 € d’amende forfaitaire, doublée en récidive, et poursuite systématique au titre du délit d’agression sonore au-delà de deux récidives dans l’année. »

Chiffrage partiel : Coût budgétaire faible (radars sonores, contrôles), en partie couvert par les amendes ; bénéfice pour la société de plusieurs milliards (coût social du bruit : 147 Md€ par an). Reste à chiffrer : Le coût des radars sonores et le surcoût des enrobés phoniques restent à chiffrer.

Sources : ADEME et CNB, Le coût social du bruit en France, juillet 2021 ; Sénat, rapport d’information n° 783 (2024-2025).

Comment savoir si c’est raté. « Les radars sonores automatiques, expérimentés depuis 2022, ne sont toujours pas déployés faute d’homologation aboutie. » La mesure est donc suspendue à l’aboutissement de l’homologation, pas à une décision politique.

24.11 Véhicules trafiqués : frapper au portefeuille

« Mise en fourrière immédiate des deux-roues et voitures aux échappements modifiés, restitution conditionnée à la mise en conformité aux frais du propriétaire, confiscation judiciaire quasi automatique en cas de récidive. » Le mot du président précise : « Nous proposons d’être très stricts : mise en fourrière immédiate du véhicule incriminé et, en cas de récidive, sa confiscation — l’État le revendra. »

Le chiffrage. Coût budgétaire direct présenté comme minimal : « les sanctions s’autofinancent par les amendes qu’elles génèrent ».

Comment savoir si c’est raté. « Les deux-roues motorisés n’ont jamais été concernés par la sortie européenne du moteur thermique […] Le véhicule au pire ratio nuisance sonore/utilité en ville est donc aussi le moins encadré. » La mesure repose sur la réglementation sonore existante, non sur une norme nouvelle.

24.12 Sortir le petit moteur thermique de la ville

« Fin de la vente des scooters et cyclomoteurs thermiques neufs à horizon 2030-2032 avec prime à la conversion pour les flottes de livraison ; interdiction progressive des petits moteurs thermiques d’extérieur (souffleurs, débroussailleuses, taille-haies) sur le modèle californien ; zones de livraison zéro émission dans les hyper-centres. » « Notre mesure ne vise pas les gros engins de chantier […] mais bien cette multitude de petits matériels dont les versions à batterie sont aujourd’hui matures. »

Le chiffrage. « Un souffleur ou un taille-haie thermique impose de l’ordre de 90 à 100 décibels à son opérateur et s’entend à des centaines de mètres. » « La Californie a montré la voie en interdisant la vente des petits moteurs thermiques d’extérieur depuis 2024. »

Comment savoir si c’est raté. L’article pose lui-même la limite de l’électrification : « Au-delà de 30 à 50 km/h, c’est le roulement des pneus qui domine, pas le moteur. Un périphérique 100 % électrique resterait presque aussi bruyant. L’électrique change la donne sur les deux-roues, les bus et la livraison urbaine — pas sur le trafic rapide. »

24.13 L’enrobé phonique dans tous les marchés publics

Tout appel d’offres de renouvellement de chaussée en zone habitée intègre une exigence de revêtement peu bruyant : gain durable de 3 à 5 décibels — l’intensité sonore du trafic divisée par deux — pour un surcoût marginal absorbé par l’entretien normal des voiries. La mesure est conçue pour un coût budgétaire direct minimal : l’enrobé phonique s’intègre aux marchés de renouvellement déjà programmés. Elle répond au constat que au-delà de 30 à 50 km/h, c’est le roulement des pneus qui domine, pas le moteur.

Le chiffrage. « Gains de 3 à 5 dB(A) durables, surcoût de production souvent inférieur à 10 % » (référentiel IDRRIM, projet LIFE « Cool & Low Noise Asphalt »). « L’enrobé phonique s’intègre aux marchés de renouvellement déjà programmés. »

24.14 Résorber les points noirs bruit en dix ans

« Objectif de résultat inscrit dans la loi, en couplant systématiquement l’isolation acoustique des façades aux chantiers de rénovation énergétique : mêmes bâtiments, mêmes échafaudages, deux bénéfices. Fonds national alimenté par une fraction des amendes : le pollueur-payeur appliqué au bruit. »

Le chiffrage. « Environ 246 000 bâtiments “points noirs bruit” […] concentrés notamment dans 480 quartiers prioritaires de la rénovation urbaine. » « Le plan national 2009-2013 n’avait permis de traiter que 4 615 logements. À ce rythme, il faudrait plusieurs siècles pour résorber le stock. »

Comment savoir si c’est raté. « Le dernier bilan national de résorption des points noirs bruit date de 2016 » : l’objectif de résultat n’est vérifiable qu’une fois rétabli un bilan annuel public, ce que porte la septième mesure du plan.

24.15 Traiter enfin le bruit de voisinage

Procédure judiciaire accélérée (six mois maximum) pour les troubles graves et répétés, polices municipales équipées de sonomètres homologués, et dans le parc social un protocole gradué : avertissement, mutation d’office du fauteur, résiliation du bail en dernier recours — pour protéger d’abord les victimes, très majoritairement locataires elles-mêmes. Le bruit de voisinage représente 26,3 Md€, près d’un cinquième du total. Et le bruit est aussi la pollution la plus démocratiquement injuste : ce sont les ménages modestes qui vivent le long des rocades, des voies ferrées et des axes de transit.

Le chiffrage. « Le bruit de voisinage représente 26,3 Md€, près d’un cinquième du total » de 147,1 Md€.

Comment savoir si c’est raté. La mesure suppose des sonomètres homologués en police municipale : le même plan relève que les radars acoustiques automatiques ne sont pas déployés « faute d’homologation aboutie ».

24.16 Un Observatoire national du bruit

Unification des données aujourd’hui dispersées, extension de la mesure au bruit de voisinage, planification étendue à toutes les communes via un référentiel clé en main, et publication d’un bilan annuel de résorption, public et opposable. Le paradoxe français du bruit tient en une phrase : presque tout est déjà écrit dans le droit, presque rien n’est exécuté. Et le dernier bilan national de résorption des points noirs bruit date de 2016.

Le chiffrage. État du droit : « La directive européenne de 2002 impose cartes de bruit et plans de prévention : ils ne concernent que les agglomérations de plus de 100 000 habitants et recensent des mesures sans obligation de résultat, sans sanction, sans financement pérenne. »

Comment savoir si c’est raté. C’est l’instrument de réfutation du plan entier : sans bilan annuel public et opposable, aucune des six autres mesures n’est vérifiable. « La loi existe, l’État ne l’applique pas — nous l’appliquerons. »

25
État, Europe et monde

Défense et service national

25.1 Rétablir un service national de cinq mois et demi piste

Loi ordinaire rétablissant l’appel sous les drapeaux sur le fondement de l’article L. 112-2 du code du service national, avec un tronc commun de 5,5 mois et deux incorporations par an. À effectif annuel égal, ce format divise par deux le nombre de jeunes présents en même temps, donc les casernes à ouvrir et les cadres à former. Il est ouvert aux femmes qui le souhaitent. Le contenu se répartit en trois blocs, dont les proportions restent à arbitrer : formation militaire élémentaire, défense civile et résilience, acquis utiles à la vie civile. Notre dispositif ne vise pas la classe d’âge, mais le flux des jeunes qui sortent d’études sans emploi et de ceux qui sont durablement sans emploi ni formation.

Chiffrage : Environ 3 à 5,2 Md€ par an en régime de croisière, hors investissement immobilier initial (10 à 17 Md€) ; 4,8 à 5,2 Md€ avec un cadre pour six appelés (estimation Élysée Conseils).

Sources : Ministère des Armées, dossier de presse « Service national », novembre 2025 ; Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, octobre 2026.

Comment savoir si c’est raté. « Statut : à instruire. Vigilance : capacité d’encadrement et disponibilité des emprises. » Et, écrit noir sur blanc : « la France présentait en 2026 un déficit public et un endettement qui ne laissent aucune marge pour une dépense non financée […] Le service national ne peut donc pas être présenté comme une dépense supplémentaire indolore. » Le chiffrage est signalé comme « chiffrage Élysée-Conseils, à consolider ».

25.2 Créer deux corps de sortie : réserve de défense nationale et force civile piste

Rattachement du premier corps au ministère des Armées, avec emploi strictement national, et du second à la sécurité civile, avec des périodes d’entretien courtes et une mobilisation en cas de crise. La réserve de défense nationale : emploi strictement limité au territoire national : protection des points sensibles, appui aux forces, défense territoriale. Aucune opération extérieure, en aucun cas. La force civile de robustesse : feux de forêt, inondations, canicules, ruptures d’approvisionnement, appui aux communes en crise. Un service qui ne débouche sur rien est un service perdu : la formation s’évapore en deux ans si elle n’est pas entretenue.

Chiffrage partiel : La cible de 100 000 réservistes est proche de l’objectif déjà programmé par la loi de programmation militaire (80 000 en 2030, 105 000 en 2035), donc largement financée. Reste à chiffrer : La force civile de robustesse et la filière cyber restent à chiffrer.

Sources : Sénat, rapport d’information n° 615 (2024-2025) ; Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, octobre 2026.

Comment savoir si c’est raté. « Statut : à instruire. Vigilance : articulation avec les sapeurs-pompiers volontaires. » Les volumes sont « des ordres de grandeur de travail, à consolider avec les états-majors et la direction générale de la sécurité civile ». La réponse à l’objection principale est assumée : « Une armée de masse par conscription ne correspond pas aux besoins réels des armées. Nous sommes d’accord, et nous ne la proposons pas. »

25.3 Ouvrir une filière cyber piste

Réserve de compétences mobilisable en cas d’attaque contre nos infrastructures. Réserve de cyberdéfense mobilisable, inspirée de l’unité cyber de la Ligue de défense estonienne, créée en 2010-2011 et composée de professionnels volontaires de l’informatique. Les jeunes déclarés inaptes à l’exercice physique intensif sont orientés vers le volet civil, les fonctions administratives, logistiques ou cyber.

Le chiffrage. « Quelques milliers par promotion. »

Comment savoir si c’est raté. Le volume n’est qu’un ordre de grandeur « à consolider avec les états-majors ». La filière est présentée comme l’un des quatre débouchés, sans mesure encadrée propre dans le PDF : c’est l’article 1861 qui en fait une proposition distincte.

25.4 Ne verser aucune solde et compenser intégralement en nature piste

Prise en charge complète du gîte, du couvert, de l’habillement, des transports, de la formation et de la couverture accident ; gel des droits à l’assurance chômage sur le modèle déjà prévu pour le service civique. Rémunérer une obligation civique la transforme en emploi précaire et alourdit le coût de plusieurs milliards, sans garantie d’attractivité : l’Allemagne paie 2 300 euros net et n’attire pas. Cette compensation en nature est cohérente avec le principe de plancher de dignité universel en nature retenu par le Projet 2027 […] on ne salarie pas un devoir civique.

Le chiffrage. Comparaison : le service national volontaire français prévoit « une solde de 800 euros brut non imposable » et 279 M€ de solde sur 2026-2030 ; les volontaires allemands perçoivent « environ 2 300 euros net par mois ».

Comment savoir si c’est raté. « Statut : à instruire. Vigilance : situation des jeunes soutiens de famille, à traiter par exemption ou report. » Le gel des droits « n’exige pas de mécanisme nouveau » : la mesure étend un droit existant plutôt que d’en créer un.

25.5 Reporter l’appel des jeunes en activité ou en formation piste

Report de droit sur critère objectif et vérifiable, obligation maintenue jusqu’à l’âge butoir, proposition d’intégration par France Travail pour les jeunes sans emploi ni formation. Le principe directeur est le suivant : la conscription s’adapte au marché du travail, et non l’inverse. Priorité absolue à l’emploi. Une promesse d’embauche ferme présentée avant le premier jour d’incorporation suspend l’appel. Le sursis doit rester un report, non une dispense déguisée.

Le chiffrage. « Un âge butoir autour de trente-deux ans, qui n’est pas un chiffre figé et doit être discuté lors de l’examen du texte. » Le suivi s’appuie sur la déclaration sociale nominative, « sans créer de bureaucratie nouvelle ».

Comment savoir si c’est raté. « Statut : à instruire. Vigilance : le report ne doit pas devenir une dispense de fait pour les diplômés. » Et : « Cela n’autorise pas à faire porter la charge sur les seuls jeunes sans emploi : c’est pourquoi l’obligation reste due par tous jusqu’à l’âge butoir, sous une forme ou une autre. »

25.6 Réhabiliter avant de construire piste

Inventaire public des emprises militaires disponibles, des friches et des internats libérés, et clause de revoyure annuelle sur la démographie. Aucun document public ne recense aujourd’hui, site par site, les casernes réhabilitables pour un service national. Nous proposons de le construire à partir de quatre sources : le rapport de la Cour des comptes du 22 novembre 2024, les documents budgétaires du programme 212, l’inventaire des friches du Cerema, et les internats et établissements scolaires libérés par la baisse démographique. Chaque hectare artificialisé pour un dispositif dont la cible diminuera avec la démographie serait une erreur difficilement réversible.

Le chiffrage. « Le parc n’a pas disparu : il s’est contracté de 17 % en huit ans, ce qui signifie que 83 % subsistait en 2016, et que l’essentiel de la surface est constituée de terrains d’entraînement. » 643 905 naissances en 2025 contre 678 000 en 2023 ; « les cohortes des années 2040 seront d’environ un cinquième inférieures à celles d’aujourd’hui ».

Comment savoir si c’est raté. « Le dimensionnement fait l’objet d’une clause de revoyure annuelle : si les cohortes diminuent plus vite que prévu, le nombre de places et de cadres est révisé à la baisse. Il ne serait pas raisonnable de bâtir des centres et de recruter des formateurs pour une population qui se réduit. » Le coût unitaire d’une place réhabilitée reste « à établir avec le service d’infrastructure de la défense ».

25.7 Les emplois de soutien : un sas vers le premier emploi piste

« Nous proposons que ces emplois soient prioritairement offerts aux jeunes sortant du service, sous contrat de douze à dix-huit mois, avec un préavis réduit leur permettant de partir à tout moment pour un emploi privé ou un contrat de droit public dans la fonction publique telle que nous la réorganisons par ailleurs. » « L’objectif n’est pas de créer des emplois captifs, mais une première expérience professionnelle attestée, assortie d’une qualification réutilisable : titre professionnel de cuisine de collectivité, habilitations électriques, permis poids lourd, logistique et magasinage. »

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. Le risque est nommé dans la source même : « des emplois captifs ». Le garde-fou retenu est le préavis réduit permettant de partir à tout moment. Aucun volume ni coût n’est donné.

25.8 Le service national s’articule avec le service militaire adapté piste

Le service militaire adapté est la preuve de concept du volet insertion de notre proposition : environ 6 000 jeunes par an, un taux d’insertion de 74 à 77 %, et une part importante de stagiaires en situation d’illettrisme à l’entrée. Il intervient aussi dans les crises naturelles, ce qui préfigure exactement la force civile de robustesse. Trois adaptations : Ne pas dupliquer : le service national s’articule avec le service militaire adapté plutôt que de le concurrencer, et reprend ses méthodes pédagogiques ; Tenir compte des distances ; Intégrer le risque climatique : cyclones, submersions, sécheresses.

Le chiffrage. Service militaire adapté : environ 6 000 jeunes par an, insertion de 74 à 77 %, « environ 36 000 € par stagiaire » selon le tableau de références budgétaires. « Un brassage avec l’Hexagone suppose une prise en charge des transports qui doit être budgétée explicitement. »

Comment savoir si c’est raté. Le coût unitaire du SMA (environ 36 000 € par stagiaire) est trois fois celui retenu pour le service national (12 000 € par appelé hors encadrement) : reprendre ses méthodes pédagogiques suppose donc d’expliquer l’écart.

25.9 Protéger les terrains d’entraînement piste

« Le ministère gère environ 275 000 hectares, dont une large part de terrains non bâtis, et 329 sites relevant du réseau Natura 2000 comportent une emprise militaire. L’intensification de l’usage doit s’accompagner d’un plan de gestion écologique par site. » « L’artificialisation nouvelle serait contradictoire avec les engagements de la France et avec le critère d’irréversibilité que nous proposons d’appliquer à toutes nos propositions. »

Le chiffrage. Environ 275 000 hectares d’emprise ; 329 sites Natura 2000 comportant une emprise militaire.

25.10 Adapter l’instruction aux fortes chaleurs piste

Il n’est pas envisageable de faire pratiquer une activité physique soutenue en période de canicule : le calendrier, les horaires et les protocoles sanitaires doivent l’intégrer, et des incidents survenus lors de précédents dispositifs de jeunesse invitent à la plus grande rigueur. La contrainte porte sur le premier des trois blocs du tronc commun : formation militaire élémentaire : ordre serré, maniement de l’armement individuel, topographie, sauvetage au combat, discipline, vie en collectivité, condition physique. Elle vient avec un bilan de santé complet prévu au titre des acquis utiles à la vie civile.

Le chiffrage. À établir.

25.11 Faire de la restauration collective un levier agricole piste

Plusieurs centaines de milliers de repas par jour constituent un marché public considérable, qui peut soutenir les filières locales et rejoindre notre travail sur la sécurité sociale de l’alimentation. Le besoin est structurel : le fonctionnement des centres exige du personnel de restauration, d’entretien, de blanchisserie et de maintenance. La qualification correspondante est explicitement citée parmi celles que le service doit délivrer : titre professionnel de cuisine de collectivité.

Le chiffrage. À établir.

26
État, Europe et monde

Europe et international

26.1 Des députés européens choisis pour leur compétence piste

Des députés européens choisis pour leur compétence, qui siègent et travaillent, pour défendre les intérêts de la France en Europe et ceux de l’Europe dans le monde. Pour changer la construction européenne, il faut d’abord y être entendu. La France a des atouts à défendre à Bruxelles et à Strasbourg, encore faut-il les confier à des élus qui y travaillent. Si la France a perdu de l’influence en Europe, c’est d’abord de sa propre faute.

Le chiffrage. « Jordan Bardella […] a manqué 70 % des réunions de sa commission entre juillet 2019 et décembre 2023. Cette commission, celle des pétitions, ne produit pas de rapports législatifs. Son parti met en avant un taux de présence de 93,95 % en séance plénière, mais ce chiffre ne compte que les votes, alors que l’essentiel du travail se fait en commission. »

Comment savoir si c’est raté. L’indicateur retenu par la source est la présence en commission, non en séance plénière : « ce chiffre ne compte que les votes, alors que l’essentiel du travail se fait en commission ». Aucun mécanisme n’est proposé pour obtenir cette compétence : ni mode de désignation, ni obligation de présence, ni sanction.

26.2 Des commissaires européens reconnus dans leur domaine piste

Des commissaires européens reconnus dans leur domaine, pour que la France pèse là où se préparent les textes. Qui saurait citer, aujourd’hui, le nom d’un député européen français connu pour son travail et ses propositions ? Comment la France pourrait-elle peser avec une telle désinvolture ?

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. Aucun critère de nomination ni procédure n’est précisé : la proposition est un principe de sélection, et le chapitre ne comporte aucun socle documentaire pour l’instrumenter.

26.3 Réindustrialiser piste

Reconstituer les capacités de production sur les segments où nous avons laissé filer le savoir-faire, plutôt que de subventionner la consommation d’importations. Nous ne dépendons pas de la Chine pour vendre, mais pour acheter. Notre fragilité vient de là, et non d’un accès insuffisant à son marché intérieur. Chaque euro de déficit correspond à une production qui n’a pas eu lieu ici, à une compétence qui ne s’est pas maintenue, à un emploi qui n’a pas été créé.

Le chiffrage. Déficit bilatéral avec la Chine stable à environ 47 Md€, soit 46 % du déficit commercial français total ; « le déficit bilatéral est aujourd’hui une fois et demie supérieur à son niveau de 2019 ».

Comment savoir si c’est raté. L’indicateur retenu est le solde bilatéral, pas le volume d’annonces : l’article 1521 critique explicitement la mesure du succès « en investissements annoncés, jamais en patrimoine national net », pendant que « la position extérieure nette perd 180 milliards en un an ».

26.4 Diversifier nos marchés piste

« L’exemple suisse le montre : un partenaire de taille modeste, mais équilibré et solvable, vaut mieux qu’un géant qui n’achète pas. » « Comparons maintenant avec la Suisse. Ce pays de neuf millions d’habitants absorbe 19,8 milliards d’euros de produits français, et ne nous en vend que 17,5 milliards. L’écart avec la Chine, en volume d’exportations, est donc de l’ordre de quatre milliards — pour un marché cent cinquante fois plus peuplé. »

Le chiffrage. Chine : 24 Md€ d’exportations, 71 Md€ d’importations, solde − 47 Md€, 1,4 Md d’habitants. Suisse : 19,8 Md€ d’exportations, 17,5 Md€ d’importations, solde + 2,3 Md€, 9 M d’habitants.

26.5 Exiger la réciprocité piste

« L’accès à notre marché doit être la contrepartie d’un accès équivalent au leur, sur les marchés publics comme sur les transferts de technologie. » « La Chine restera un acteur majeur de l’économie mondiale — cela n’est pas en question. Mais un acteur majeur ne devient un partenaire stratégique que lorsque la relation est équilibrée. Aujourd’hui, elle ne l’est pas. »

Le chiffrage. À établir.

Comment savoir si c’est raté. La réciprocité commerciale relève de la compétence exclusive de l’Union européenne : la mesure suppose donc d’être portée à Bruxelles, ce que l’article 1884 présente précisément comme la faiblesse française actuelle.

26.6 Réduire les dépendances critiques piste

Composants électroniques, terres rares, principes actifs pharmaceutiques : identifier les points de rupture et y remédier en priorité. Cette asymétrie mine notre souveraineté productive. Le déséquilibre s’est par ailleurs nettement aggravé depuis la pandémie […] Ce n’est pas un accident de conjoncture, c’est une trajectoire.

Le chiffrage. La Chine est « notre deuxième fournisseur, avec 13,6 % de nos importations totales ».

Comment savoir si c’est raté. La liste des points de rupture n’est pas établie : la proposition est de « les identifier », donc le travail de cartographie reste à faire.

26.7 Emprunts européens dédiés à la défense piste

« Notre proposition d’emprunts européens dédiés à la défense, à l’alimentation et à l’énergie décarbonée trouve ici une application directe : la défense est une dépense de protection, non un investissement productif au sens classique, puisque l’on espère précisément ne pas avoir à s’en servir. » C’est l’une des trois voies de financement du service national, « à arbitrer politiquement », avec le redéploiement interne à l’effort de défense et la fusion des dispositifs de jeunesse existants.

Chiffrage partiel : Repère : le remboursement du plan de relance européen coûterait environ 2,5 Md€ par an à la France à partir de 2028 sans nouvelles ressources propres. Reste à chiffrer : Le coût d’un nouveau plan dépend de sa taille et de sa forme (prêts ou subventions).

Sources : Sénat, L’essentiel sur le PLF 2026 — participation de la France au budget de l’UE ; CAE, note « Réarmer l’Europe », mars 2026.

Comment savoir si c’est raté. « La revue de la dépense militaire, ainsi que notre proposition d’emprunts européens dédiés à la défense, à l’alimentation et à l’énergie décarbonée, font l’objet de documents distincts. » Ces documents ne figurent pas dans le corpus dépouillé : la proposition est référencée, pas documentée ici.

27
Socle à consolider

Environnement, sécurité et fiscalité locale

Ces propositions complètent le socle programmatique. Elles sont présentées comme des orientations à approfondir et à soumettre à la concertation ; chaque mesure indique le chiffrage disponible et sa source.

27.1 Agir sur l’environnement du quotidien

Protéger les aires marines avec l’appui de la Marine nationale ; rendre les ZFE socialement justes grâce à une prime à la casse modulée selon les revenus et le véhicule ; concentrer MaPrimeRénov’ sur les chaudières fioul ou gaz et les logements classés F ou G ; instaurer une consigne des bouteilles inspirée du modèle allemand.

Chiffrage : 0,1 à 0,3 Md€ par an pour les ZFE de Paris et de Lyon (637 000 voitures Crit’Air 3 ou plus) ; 0,5 à 1,3 Md€ par an si la prime s’étend aux 40 territoires de vigilance. Sans coût pour le budget de l’État si elle est financée par les certificats d’économies d’énergie (estimation Élysée Conseils).

Sources : SDES, Le parc de véhicules au 1er janvier 2025 dans les territoires ZFE, septembre 2025 ; Sénat, rapport d’information sur les ZFE, juin 2023.

Chiffrage : Économie de 0,1 à 0,4 Md€ par an : l’essentiel du recentrage sur les logements les plus énergivores a déjà été engagé en 2025-2026 (estimation Élysée Conseils).

Sources : Anah, Les aides financières en 2026, septembre 2026 ; CAE, tableur des 170 mesures du Focus n° 124, octobre 2025.

Chiffrage : Coût public quasi nul : le dispositif est financé par les producteurs (filière à responsabilité élargie). Le surcoût total est estimé à 181 à 229 M€ par an en 2029, dont 36 à 46 M€ pour les collectivités.

Sources : ADEME, Scénarios avec et sans consigne pour recyclage des emballages de boisson, juin 2023 ; Sénat, rapport d’information n° 850 (2022-2023).

27.2 Rendre les sanctions certaines et proportionnées

Rénover le cadre d’intervention des forces de l’ordre ; moderniser les procédures d’interception des véhicules et des deux-roues ; graduer les sanctions du refus d’obtempérer ; conditionner électroniquement le démarrage à la validité du permis et de l’assurance. L’objectif est l’effectivité de la règle, non l’inflation des annonces.

Le chiffrage. À établir.

27.3 Rétablir un lien fiscal entre l’habitant et sa commune

Une contribution d’habitation pourrait être rétablie en contrepartie d’une baisse progressive de la taxe foncière vers son niveau de 2020 indexé sur l’inflation. Tous les habitants contribueraient, même modestement, aux services municipaux dont ils bénéficient.

Chiffrage : Une contribution de 100 à 200 € par résidence principale rapporterait 3,1 à 6,2 Md€ ; le retour progressif de la taxe foncière à son niveau de 2020 coûterait 1,5 à 3 Md€ ; solde de +0,1 à +4,7 Md€ par an pour les collectivités (estimation Élysée Conseils).

Sources : Cour des comptes, Les finances publiques locales 2026, juillet 2026 ; CAE, tableur des 170 mesures du Focus n° 124, octobre 2025.

Ce programme doit vivre.

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