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Bourse de Paris : Pour la fin de la « Finance-Casino » et le retour au capitalisme productif

La Bourse a une mission noble : permettre à l’épargne des citoyens de rencontrer les besoins de financement des entreprises. C’est le moteur de l’industrie, de l’innovation et de l’emploi. Pourtant, au détour des mécanismes techniques comme la Vente à Découvert (VAD) sur le Service de Règlement Différé (SRD), ce moteur semble s’être transformé en une table de jeu où l’on parie sur l’échec plutôt que sur la réussite.

La Vente à Découvert : Quand on gagne sur la ruine

Pour comprendre l’aberration, il faut revenir au mécanisme. Le SRD permet d’acheter ou de vendre des titres avec un effet de levier, en ne payant qu’à la fin du mois. La vente à découvert consiste à emprunter des actions que l’on ne possède pas, à les vendre immédiatement en espérant que le prix baisse, pour les racheter moins cher plus tard et empocher la différence.

Philosophiquement, c’est un non-sens. Comment peut-on justifier qu’un marché censé « financer le capital » autorise des acteurs à s’enrichir en organisant la chute d’un fleuron industriel ? Cette pratique alimente, à juste titre, les positions anticapitalistes les plus radicales. Même pour un défenseur de l’économie de marché, il est impossible de comprendre pourquoi le système autorise de parier contre l’outil de travail.

Le cas Eramet : La preuve par les chiffres

Le groupe minier Eramet est le cas d’école de cette dérive. Pendant des mois, le titre a subi une « taxe spéculative » invisible. Alors que l’entreprise est stratégique pour la souveraineté française (nickel, lithium pour les batteries), son cours a été maintenu sous pression par des fonds pariant massivement sur sa baisse.

Le graphique récent est sans appel et montre une réaction immédiate dès que la fin du « jeu » a été sifflée :

  • Mi-décembre 2025 : L’annonce tombe. Euronext informe le marché que le titre Eramet perdra son éligibilité à la vente à découvert au SRD dès le 8 janvier suivant.
  • L’effet de souffle : Immédiatement, le marché réagit. Les fonds spéculatifs, sachant qu’ils ne pourront plus maintenir leurs positions « vendeuses » après l’échéance, commencent à racheter leurs actions en catastrophe pour sortir du titre. C’est le début d’une ascension fulgurante.
  • Le bilan un mois plus tard : Entre le point bas de décembre et la mi-janvier, le titre s’envole de plus de 70 %, passant d’environ 47 € à 81 €.

[Image du graphique d’Eramet montrant la hausse démarrant mi-décembre]

Cette hausse spectaculaire n’est pas due à une découverte soudaine d’un gisement de nickel, mais simplement à l’arrêt d’une manipulation technique. Cela démontre de manière irréfutable que la spéculation ne « reflète » pas la valeur de l’entreprise : elle l’écrase artificiellement. Dès que l’on retire la possibilité de nuire (la VAD), le titre respire enfin et retrouve son niveau réel.

Que s’est-il passé ? Privés de leur jouet spéculatif, les vendeurs à découvert ont dû racheter leurs positions en urgence. Ce bond spectaculaire n’est pas une anomalie : c’est le cours de l’action qui revient à sa valeur réelle dès qu’on lui retire le poids de la spéculation. Cela démontre que la VAD ne « fluidifie » pas le marché, elle le manipule.

La proposition d’Élysée Conseil : Faire de Paris le refuge du capital productif

Face à ce constat, le programme présidentiel d’Élysée Conseil porte une réforme radicale et salvatrice : l’interdiction totale de la vente à découvert sur la Bourse de Paris.

L’objectif est clair :

  1. Sanctuariser nos fleurons : Les entreprises qui choisissent de se coter à Paris ne doivent plus craindre d’être la cible de raids spéculatifs déconnectés de leur santé industrielle.
  2. Attirer la « Bonne Finance » : Que les spéculateurs partent sur d’autres plateformes s’ils veulent jouer au casino. Paris deviendra la place financière de référence pour les entreprises qui souhaitent préserver leur capital et pour les investisseurs de long terme.
  3. Réconcilier les Français avec la Bourse : En supprimant ces mécanismes opaques et toxiques, nous rendons à la Bourse sa fonction première : le financement de l’économie réelle.

La spéculation est une taxe sur l’avenir. Il est temps que la Bourse de Paris redevienne un lieu d’investissement, et non un terrain de chasse pour prédateurs financiers.

N’hésitez pas à commenter et partager vos idées.

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