Par Philippe Agnelli
Christian Saint-Étienne n’est pas un économiste quelconque. Agrégé d’économie, docteur en sciences économiques, ancien membre du Conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre, il a longtemps enseigné à l’université Paris-Dauphine et a été conseiller auprès de plusieurs grandes institutions. Connu pour sa rigueur et son indépendance d’esprit, il a toujours dénoncé les dérives idéologiques et le court-termisme des politiques publiques. Aujourd’hui, il ne mâche plus ses mots : la France est gouvernée par une classe politique médiocre, déconnectée des réalités, et incapable de réforme spontanée.
Dans une récente intervention, Saint-Étienne a rappelé un tournant majeur passé sous silence : dans les années 90, les ingénieurs ont disparu des élites dirigeantes, remplacés par des énarques. Ces derniers, formés pour administrer, ont été propulsés aux commandes de l’État, sans vision stratégique ni culture technique. Résultat : une technostructure politique hors-sol, incapable de comprendre les enjeux industriels, énergétiques ou géopolitiques du XXIe siècle.
Pire encore, la génération des résistants, de gauche comme de droite, qui avait une vision du combat pour la France, s’est éteinte. À leur place, une caste politique professionnelle, souvent sans expérience du monde réel, obsédée par un seul objectif : conserver son mandat. L’intérêt général ? Un concept accessoire, invoqué à la tribune, oublié dès l’issue du discours.
Comme beaucoup, j’ai longtemps cru qu’on pouvait éduquer cette classe politique. Leur faire faire des stages en entreprise, à l’hôpital, dans la vraie vie. Leur faire côtoyer les Français qu’ils prétendent représenter. J’ai cru qu’en les exposant à la réalité, ils changeraient. J’avais tort. Ils n’ont vu dans ces expériences qu’une épreuve à subir, un passage obligé pour entretenir l’image. Une fois élu, ils retournent à leur priorité : le pouvoir. Leur mandat. Leur carrière.
Saint-Étienne ne s’y trompe pas : la France ne s’en sortira pas sans une révolution institutionnelle. Il propose de réduire drastiquement le nombre de parlementaires — 300 députés et 100 sénateurs — tout en doublant leur rémunération. L’objectif ? Attirer des profils de qualité, des citoyens compétents, ayant réussi dans la vie active, et non des professionnels de la politique. Parce que la France ne peut pas être sauvée par un personnel politique aussi médiocre.
La situation est critique. Mais elle n’est pas désespérée. Partout en France, des citoyens s’organisent. Ils refusent de laisser le pays entre les mains d’une classe politique sclérosée.
Nous ne voulons plus de dirigeants politique professionnels qui pensent la France en termes de postes, de partis, de sondages.
Nous voulons des hommes et des femmes capables, engagés, et prêts à servir l’intérêt général.
Suivez-nous. Le changement ne viendra pas d’en haut. Il viendra de nous.

