Logement · Coup de gueule
Logement : mais à quoi servent nos ministres ?
La construction s’effondre, les ventes s’arrêtent, le marché locatif se grippe, les ménages sont étranglés. Et l’on nomme à la tête d’un ministère stratégique une personne dont on ignore tout de l’expérience réelle du secteur qu’elle doit réformer. Qui peut encore croire que cela va fonctionner ?
L’essentiel
- Sur le terrain, promoteurs, bailleurs, agents et gestionnaires disent tous la même chose : les Français n’arrivent plus à se loger.
- La réponse publique ? Empiler des normes, décourager l’investissement par l’impôt, paralyser la chaîne de production.
- Vincent Jeanbrun a été nommé ministre de la Ville et du Logement le 12 octobre 2025.1
- Sa déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique ne fait apparaître aucune expérience du secteur.2
- L’incompétence politique coûte des logements, du temps, du découragement.
On en a vraiment marre
Marre de voir des responsables politiques s’occuper de tout sauf de la France. Marre du même spectacle, année après année : un pays qui s’enfonce dans la crise du logement pendant que ses dirigeants s’étonnent des conséquences de leur propre inaction.
Dans mes discussions avec les promoteurs, les bâtisseurs, les bailleurs, les agents et les gestionnaires, c’est toujours le même cri d’alarme.
- Les Français n’arrivent plus à se loger.
- La construction s’effondre.
- Les ventes s’arrêtent.
- Le marché locatif se grippe.
- Les ménages sont étranglés.
Et qu’a-t-on fait ? Rien. Ou plutôt si : on a empilé des normes, découragé les investisseurs par l’impôt et les taxes, et paralysé toute la chaîne de production du logement.
Que vaut notre ministre du Logement ?
J’ai voulu comprendre. Vincent Jeanbrun a été nommé ministre de la Ville et du Logement le 12 octobre 2025, dans le second gouvernement Lecornu. Maire de L’Haÿ-les-Roses de 2014 à 2024, puis député du Val-de-Marne.1
Sait-il ce que vivent les Français ? Les questions ne sont pas rhétoriques, elles sont opérationnelles :
Ce qu’on demande à un ministre du Logement
Réformer la fiscalité du bailleur, la copropriété, le crédit, le permis de construire, les rapports locatifs.
Les questions qu’on aimerait poser
A-t-il déjà acheté et loué un appartement ? Géré un syndic, un locataire en difficulté, des travaux qui dérapent ? Monté un dossier de crédit ? Subi la fiscalité réelle d’un bailleur — impôt sur le revenu, CSG, IFI ?
J’ai consulté sa fiche à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Rien n’y indique une expérience du secteur immobilier, à quelque titre que ce soit.2
On place donc à la tête d’un ministère stratégique une personne dont on ignore tout de son expérience du domaine qu’elle doit réformer. Et l’on voudrait que les résultats suivent ? Que la crise s’apaise comme par magie ?
Soyons sérieux.
L’incompétence politique coûte cher
Précisons le propos, car il ne s’agit pas d’un procès personnel. Un ministre n’a pas besoin d’avoir exercé le métier qu’il régule — nul n’exige d’un ministre de la Santé qu’il ait été chirurgien. Mais il a besoin, à défaut, de s’entourer de ceux qui savent, et de les écouter.
Or c’est précisément ce qui ne se produit pas depuis quinze ans. Les professionnels du logement alertent, chiffrent, proposent. Les mesures qui sortent vont dans le sens inverse — et ceux qui les prennent changent tous les dix-huit mois.
L’incompétence coûte des logements. Elle coûte du temps, du découragement, et des vies abîmées.
Il est temps d’arrêter de subir. Il est temps que les Français disent « assez » — pas dans la rue, mais dans les urnes — et qu’ils remplacent une classe politique devenue déconnectée par des responsables capables d’agir, de comprendre, et de servir réellement.
Pour aller plus loin
Notes
- Décret du 12 octobre 2025 relatif à la composition du second gouvernement de Sébastien Lecornu. Vincent Jeanbrun, maire de L’Haÿ-les-Roses de 2014 à 2024 puis député du Val-de-Marne, y est nommé ministre de la Ville et du Logement. Une version antérieure de ce texte indiquait qu’il était « élu depuis 2024 » : il exerçait en réalité un mandat électif depuis 2014. ↩
- La déclaration d’intérêts déposée auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique recense les activités professionnelles et les participations financières susceptibles de créer un conflit d’intérêts. Elle n’a pas vocation à retracer une expérience sectorielle : son silence sur ce point n’est donc pas un manquement de l’intéressé, mais il ne renseigne pas davantage sur sa connaissance du domaine. ↩
Références vérifiées
- Haute Autorité pour la transparence de la vie publique — fiche nominative de Vincent Jeanbrun.
- Décret du 12 octobre 2025 portant composition du gouvernement.
- Entretien vidéo sur les solutions à la crise de la construction : youtu.be/DW0qncbjNng.
- Rapport complet : Sortir de la crise du logement — Propositions, Philippe Agnelli, Élysée Conseils.
Élysée Conseils — Note d’analyse. Reproduction autorisée avec mention de la source.

