Comment 247 député ont trahi l’intérêt général au nom d’une « victoire » politique !
Ils se félicitent. D’un côté de l’hémicycle, Olivier Faure célèbre une « victoire du Parlement » et la « voie du compromis ». De l’autre, le Premier ministre Sébastien Lecornu vante sa « méthode » et son habileté politique pour avoir évité la censure immédiate. À les écouter, la République a triomphé.
Mais ne vous y trompez pas : ce bruit de fond, c’est celui de l’orchestre du Titanic qui joue pour couvrir le bruit de la coque qui se déchire. Ce budget de la Sécurité sociale 2025 n’est ni une victoire, ni un acte de gestion. C’est un pacte de non-agression signé sur le dos des Français, une trêve misérable où le gouvernement et la gauche parlementaire se sont entendues sur un seul objectif : sauver leurs sièges pour les douze prochains mois, quitte à sacrifier les vingt prochaines années.
1. L’Alliance du « Bricolage » : Lecornu et Faure, main dans la main
L’histoire retiendra que l’intérêt général a été enterré sous une montagne d’artifices comptables. Olivier Faure parle d’une « évolution » des positions ? La vérité est plus crue : nous avons assisté à une « mystiquerie » budgétaire.
Pour boucler ce budget impossible, 4,5 milliards d’euros ont été transférés par un jeu d’écritures du budget de l’État vers la Sécu. Le déficit ne disparait pas, il change simplement de poche. Pendant ce temps, Sébastien Lecornu, dans une logique de survie à court terme digne de la IVème République, accepte ce maquillage pour éviter que son gouvernement ne tombe.
Le drame, c’est que ce budget est « auto-bloqué ». Les députés n’ont pas voté « pour » un projet, ils ont voté « contre » un cataclysme automatique : sans ce vote, les indexations automatiques auraient fait exploser les dépenses de 10 milliards supplémentaires. Les 247 députés ont choisi la peste pour éviter de perdre leurs postes, tout en sachant pertinemment, qu’ils « faisaient n’importe quoi ».
2. Le Futur Sacrifié : SpaceX s’envole, la France creuse
Le contraste est saisissant, presque humiliant. Le jour même où nos élus célébraient ce bricolage médiocre, le monde apprenait qu’Elon Musk s’apprêtait à introduire SpaceX en bourse pour 1 500 milliards de dollars. Ailleurs, on investit massivement dans l’avenir, la technologie, la conquête.
En France ? Nous sommes sur une autre planète. Une planète où l’on ne prépare rien. Ce budget ne contient aucun investissement d’avenir. Pas un euro pour réformer structurellement un système de santé à bout de souffle.
Nous avons le budget de Sécurité sociale le plus lourd du monde (33% du PIB), et pourtant, nous sommes incapables d’investir.
Sébastien Lecornu et Olivier Faure partagent ici la même responsabilité : celle d’administrer le déclin. Ils gèrent les affaires courantes, colmatent les brèches, mais ont renoncé à toute ambition de grandeur ou de projection pour la France de 2030.
3. La Boussole Électorale
Le point le plus révoltant de cette séquence est sans doute le consensus transpartisan sur les retraites. C’est là que la trahison de l’intérêt général est la plus flagrante.
En suspendant la réforme des retraites, le gouvernement Lecornu et les députés de gauche ont scellé un pacte clientéliste. Pourquoi ? Parce que les seniors votent.
Le résultat est d’une injustice criante :
- Inégalité générationnelle : 3 millions de Français vont partir plus tôt à la retraite simplement parce qu’ils sont nés la « bonne année ». Cela coûtera 3 milliards d’euros aux actifs.
- Mépris de la jeunesse : Tout le poids de la dette et du déséquilibre démographique est reporté sur les jeunes et les travailleurs actifs.
Alors que nos voisins italiens ont eu le courage de porter l’âge de départ à 67 ans pour sauver leur modèle, la France fait marche arrière. Sébastien Lecornu achète sa paix sociale, Olivier Faure soigne son électorat, et les jeunes paieront l’addition.
Pire encore, 5 milliards d’euros ont été prélevés du budget de l’État pour masquer un déficit de plus de 25 milliards et donner l’illusion qu’il avait été réduit à 19Md€.
15 ont été transférés à la CASDEM, ajoutant encore à la dette, non seulement pour les générations futures, mais aussi pour nous-mêmes.
Aujourd’hui, les intérêts de la dette atteignent 64 milliards demain 100Md€.
Imaginez : sans cette charge, aucun problème de financement, nous pourrions financer la transition énergétique, payer les retraites au niveau actuel, et rémunérer nos fonctionnaires dans la santé, la police et l’éducation nationale.
4. Le Refus de la Réforme : L’argent magique coule à flots perdus
Enfin, ce budget est un aveu d’impuissance totale en matière d’efficacité publique. La France est championne de la dépense, mais médiocre dans le résultat (cf. études OCDE).
Où sont les réformes structurelles ?
- Rien sur l’aberration des transports sanitaires, coût de près de 7Md€.
- Rien sur la gestion technocratique de l’hôpital.
- Rien sur la responsabilisation (le « All Inclusive » qui masque le coût réel de la santé).
Au lieu de courageusement interroger l’efficacité de chaque euro dépensé, nos députés, de droite comme de gauche, préfèrent signer des chèques en blanc financés par la dette.
C’est de la lâcheté politique. Il est plus facile de laisser filer le déficit que de s’attaquer aux corporatismes ou de réorganiser le service public.
Conclusion : quelques mois de sursis, et après le déluge ?
Ce budget ne prépare pas l’avenir de la France ; il sauve l’avenir des députés pour les quelqes prochains mois.
Sébastien Lecornu a réussi son pari tactique : il reste à Matignon. Olivier Faure a réussi son pari de communication : il prétend avoir pesé.
Mais le rôle du Parlement a été détourné. Il n’est plus le lieu où l’on construit la Loi pour le bien commun, mais une chambre d’enregistrement des peurs électorales. L’intégrité politique ne consiste pas à trouver un « compromis » pour sauver sa place, mais à dire la vérité aux Français, même quand elle est difficile.
Aujourd’hui, l’intérêt général est bafoué. Et cette « victoire » que l’on nous vend est, en réalité, la défaite de la France de demain.

