Libérer nos agriculteurs et nos pêcheurs de la dictature du pétrole

Libérer nos agriculteurs et nos pêcheurs de la dictature du pétrole

Programme Énergie 2027 · Souveraineté agricole et maritime

Libérer nos agriculteurs et nos pêcheurs de la dictature du pétrole

Chaque fois que le pétrole flambe à Riyad ou à Houston, c’est le prix de votre pain, de votre poisson et de vos légumes qui grimpe. Pourtant, la France produit déjà près de 90 % du biocarburant dont ses agriculteurs et ses pêcheurs auraient besoin — et le dilue dans le diesel des voitures particulières.

Élysée Conseils · Programme Énergie 2027 · 2 avril 2026

L’essentiel

  • 400 000 exploitations agricoles et 4 000 navires de pêche dépendent du gasoil importé.1
  • La France produit déjà 2,9 milliards de litres de biodiesel et de diesel renouvelable par an.
  • Le besoin des tracteurs, engins et navires : 2,75 à 3,3 milliards de litres. Nous couvrons donc 90 à 95 % du besoin.
  • Proposition : un Circuit Souverain coopératif, à prix fixe de 0,70 €/L, contre 1,15 à 1,30 € aujourd’hui.
  • Investissement estimé : 2 milliards d’euros, pour environ 2 milliards d’économies annuelles sur les importations.2
Le problème

Une dépendance absurde

Nos 400 000 exploitations agricoles et nos 4 000 navires de pêche dépendent encore du gasoil importé pour travailler.

Et pourtant, la France produit chaque année près de trois milliards de litres de biodiesel, à partir de son propre colza et d’huiles usagées recyclées. Mais au lieu de le réserver à ceux qui nourrissent la France, on le dilue dans le diesel des voitures particulières — des voitures qui, elles, peuvent passer à l’électrique.

L’absurdité est structurelle : nous consacrons une ressource stratégique nationale à un usage substituable, pendant que l’usage non substituable reste exposé aux cours mondiaux.

Les chiffres

Ce que nous produisons déjà

Production française et besoins professionnels, estimations annuelles
Indicateur Estimation
Biodiesel de colza produit en France (EMAG) ≈ 2,2 Md L
Diesel renouvelable d’huiles usagées (HVO) ≈ 700 M L
Total production française ≈ 2,9 Md L
Besoin des tracteurs et engins agricoles 2,5 à 3 Md L
Besoin de la pêche française 250 à 300 M L
Coût du litre en Circuit Souverain ≈ 0,70 € (prix fixe)
Coût actuel du GNR pour les agriculteurs 1,15 à 1,30 € (volatil)

Nous produisons donc déjà 90 à 95 % de ce dont nos professionnels ont besoin. L’autonomie complète ne demande qu’un ajustement modéré des surfaces cultivées et une collecte systématique des huiles de friture usagées.

La solution

Le Circuit Souverain

Créer une Coopérative Souveraine Nationale intégrant les usines de transformation existantes, pour produire, distribuer et fournir du biocarburant français à prix coûtant aux professionnels qui nourrissent la France.

Cinq piliers

  1. Sanctuariser la production. Le colza destiné au carburant professionnel devient une ressource de sécurité alimentaire nationale. On cesse de l’exporter et de le diluer dans le diesel des citadines.
  2. Un outil industriel national. Les grandes usines de trituration passent sous gouvernance coopérative. L’agriculteur devient copropriétaire de son énergie, et non simple fournisseur de matière première.
  3. 2 000 Fermes-Hubs et 200 ports. Un réseau de distribution décentralisé : chaque professionnel à moins de 20 km de son carburant.
  4. Un prix fixe à 0,70 €/L, calculé sur le coût de revient réel — culture plus transformation — et non sur le cours du pétrole à New York.
  5. Un cercle vertueux complet. Le colza donne du carburant et des tourteaux pour nourrir le bétail, remplaçant le soja importé du Brésil. Deux souverainetés pour le prix d’une.

Ce que ça change concrètement

Pour les agriculteurs : une facture de carburant en baisse d’environ 40 %, un revenu stable — socle fixe plus ristourne coopérative — déconnecté des aléas boursiers, et la qualité d’actionnaire de sa propre énergie.

Pour les marins-pêcheurs : du HVO à prix souverain dans les cuves des ports, sans modification des moteurs. Plus jamais la menace de rester à quai parce que le gazole dépasse un euro le litre.

Pour tous les Français : quand l’énergie des producteurs est stable, le prix du pain, du lait et du poisson l’est aussi. C’est la fin de la répercussion des crises pétrolières sur le panier de courses.

« Si le pétrole passe à 200 dollars, les voitures de luxe s’arrêtent. Nos tracteurs continuent de labourer et nos chalutiers de pêcher. »

Faisabilité

Base juridique et financement

Ce n’est pas une nationalisation sauvage. C’est un modèle légal, bâti sur trois fondements.

  • Article 36 du TFUE — l’exception de sécurité publique permet de protéger une ressource stratégique liée à la sécurité alimentaire.3
  • Service d’intérêt économique général (SIEG) — l’Union autorise des prix déconnectés du marché lorsque l’objectif est un service public vital.
  • Autoconsommation coopérative — pas de transaction sur marché ouvert, donc pas de distorsion de concurrence. Le colza reste propriété des membres, du champ au réservoir.

En cas de blocage politique ou réglementaire, une Convention citoyenne pour la souveraineté énergétique et alimentaire pourrait être convoquée.

Coûts et retours
Poste Montant
Investissement initial estimé ≈ 2 Md€
— intégration de l’outil industriel ≈ 1,6 Md€
— déploiement des 2 000 Fermes-Hubs ≈ 200 M€
— modernisation portuaire ≈ 200 M€
Économie annuelle sur les importations ≈ 2 Md€ / an
Retour sur investissement < 2 ans

La comparaison est éclairante : le bouclier tarifaire de 2022-2023 a coûté à l’État plusieurs dizaines de milliards d’euros, pour un résultat strictement temporaire.2 Ce projet coûte une fraction de cette somme, pour une solution structurelle.

Le rapport complet fait quinze pages — parce que la France ne se réforme pas avec des messages de 280 caractères.

  • Dépassement de 1,5 °C : l’ONU acte l’échec : ce que le PNUE a écrit le 2 septembre 2026, et pourquoi un échec politique se répare politiquement.
  • Notes

    1. Ordres de grandeur du parc agricole et de la flotte de pêche française. Les besoins en carburant sont estimés à partir des bilans énergétiques du SDES : l’agriculture et la pêche représentent environ 52,6 TWh, dont 72,9 % de produits pétroliers pour le bouquet agricole, la pêche pesant environ 8,5 % du total.
    2. Le chiffrage du bouclier tarifaire varie selon le périmètre : de l’ordre de 8 Md€ pour la seule année 2022 sur l’électricité et le gaz, plusieurs dizaines de milliards en cumulant l’ensemble des dispositifs de soutien aux prix de l’énergie sur 2021-2023. Nous retenons ici le cumul.
    3. L’article 36 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne autorise des restrictions aux échanges justifiées par des raisons d’ordre public, de sécurité publique ou de protection de la santé, à condition qu’elles ne constituent ni une discrimination arbitraire ni une restriction déguisée au commerce. Son application à un dispositif de cette ampleur supposerait une notification et un dialogue avec la Commission.

    Références vérifiées

    • SDES, ministère de la Transition écologique — Chiffres clés des énergies renouvelables 2025 et Bilan énergétique de la France.
    • IFP Énergies nouvelles — tableau de bord biocarburants 2024.
    • Cour des comptes — La politique de développement des biocarburants : la France est premier producteur européen de biodiesel, pour 13 500 emplois agricoles et 18 600 emplois agro-industriels.
    • Oleo100 / groupe Avril — données sur le colza carburant et les coproduits tourteaux.
    • IFREMER — intensité énergétique de la pêche française.
    • FranceAgriMer — structure de coût des biocarburants.
    • Entretien vidéo : youtu.be/ivoeHCn3sjQ.

    Élysée Conseils — Note d’analyse. Reproduction autorisée avec mention de la source.

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