Illustration : un bâtiment public relié à des serveurs par des câbles emmêlés, dont un rompu, avec quatre chiffres : 4,2 milliards d’euros par an, 4,53 milliards pour 59 grands projets, 6,5 % de démarches accessibles, 1 % des agents testent l’IA

Numérique de l’État : le diagnostic sans complaisance d’un ingénieur

Plus de quatre milliards d’euros par an, 59 grands projets, une direction interministérielle sans pouvoir sur les budgets, des objectifs manqués qui disparaissent des rapports d’une année sur l’autre. J’ai lu, crayon en main, les rapports d’activité 2024 et 2025 de la direction interministérielle du numérique, les travaux de la Cour des comptes et les bilans de l’ANSSI. Voici ce qu’un ingénieur y voit.
Illustration dessinée : un bâtiment officiel à colonnes surmonté du drapeau français, une rangée de responsables marqués d'une coche, d'une croix ou d'un point d'interrogation, une loupe et un sablier, à côté de quatre tuiles de chiffres.

Hauts fonctionnaires : tous remis en jeu, chacun évalué sur son bilan

Préfets, sous-préfets, ambassadeurs, directeurs d'administration centrale, dirigeants d'agences et d'entreprises publiques : environ 1 350 hauts responsables tiennent leur poste d'une nomination du Président de la République. La plupart y restent quel que soit le résultat des élections, mais surtout quel que soit le résultat de leur propre travail, parfois depuis plus de dix ans. Le Projet 2027 propose qu'au premier conseil des ministres, tous soient révoqués le même jour et maintenus à titre provisoire, le temps d'examiner ce que chacun a accompli. Ceux qui ont servi l'intérêt général seront confirmés. Les autres seront remplacés. Le gouvernement assumera chaque décision, une par une. Nous pensons qu'une grande majorité des postes sera maintenue, car beaucoup de ces responsables sont de qualité. Mais cette revue de transparence s'impose, et le souhait de ne pointer personne du doigt justifie la méthode en bloc. La liste complète et détaillée des postes concernés figure dans le document de travail en PDF joint à cet article.
Illustration d’un champ solaire sous un grand soleil, de pylônes et d’une flèche d’exportation, avec quatre tuiles chiffrées : 547,5 TWh produits, 451 TWh consommés, 92,3 TWh exportés, 513 heures de prix négatifs

Électricité en France : le paradoxe de l’abondance

La France n’a jamais produit autant d’électricité décarbonée, et jamais autant exporté. Les prix de gros passent de plus en plus souvent sous zéro. Derrière ce succès se cache une question qui engage les dix prochaines années : que faire d’une électricité que nous n’utilisons pas ?
Illustration d’une balance : sur un plateau, un sac de 112 milliards d’euros à trouver ; sur l’autre, trois piles de leviers (dépenses, recettes, réformes) ; quatre tuiles chiffrées : 112 milliards d’euros, 27 milliards la première année, 170 leviers chiffrés, environ 73 milliards compatibles avec le Projet 2027

Dette publique : 112 milliards à trouver, 170 leviers chiffrés

Pour stabiliser la dette publique, le Conseil d’analyse économique chiffre l’effort à 112 milliards d’euros en six ans, dont 27 milliards dès la première année. Surtout, il publie l’inventaire de 170 leviers chiffrés : économies, recettes, réformes. Élysée Conseils l’a lu ligne à ligne et en tire le cadre budgétaire du Projet 2027.
Illustration dessinée : un hôpital sous un cœur traversé d’un tracé d’électrocardiogramme, avec un médecin, une infirmière, une personne âgée, une ambulance et une pile de pièces ; quatre tuiles chiffrées : 353,2 Md€ de dépenses en 2025, 15,9 Md€ de déficit pour la branche maladie, 55 % de la dépense pour les 65 ans et plus, 30 000 patients par jour à l’hôpital sans nécessité médicale

La santé en France : l’état des lieux 2026, thème par thème

353,2 milliards d’euros de dépenses, 15,9 milliards de déficit pour l’Assurance maladie, un budget 2027 sous contrainte : avant de débattre des réponses, il faut s’accorder sur les faits. Voici, en dix-huit thèmes, ce que disent les chiffres officiels de 2025 et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027. Le dossier complet est à télécharger.
Illustration en deux moitiés : à gauche une tour de refroidissement, des éoliennes et des panneaux solaires, à droite un chevalet de pompage pétrolier ; quatre tuiles chiffrées : 56 % d’énergie fossile, 92,3 TWh exportés, 14,1 milliards d’euros de soutien public, 3,1 millions de ménages précaires

L’énergie en France en 2026 : l’état des lieux chiffré

Notre électricité est l’une des plus propres d’Europe, et pourtant plus de la moitié de l’énergie que nous consommons reste fossile. Production record, prix de gros négatifs, soutien public qui double, chaleur oubliée, ménages sous tension : Élysée Conseils publie un état des lieux de l’énergie en France en 23 chapitres, à partir des seuls chiffres officiels.
Dessin d'un bouclier aux couleurs de l'État, fissuré, dont le cadenas est ouvert par une clé marquée « mot de passe volé » ; des fiches marquées ANSSI, DINUM, DGFiP, GAIA, Cadastre, Bloctel, SNU et France VAE s'en échappent. Chiffres clés : 99 fuites en deux mois, 67 confirmées, 48 millions de propriétaires exposés, faille notée 10 sur 10

Personne n’est à l’abri ! L’ANSSI et la DINUM, chargées de protéger les données de l’État, victimes à leur tour d’une fuite de données

Les deux services du Premier ministre qui ont pour mission de sécuriser le numérique de l'État figurent eux-mêmes dans la liste des victimes. Le point de situation publié par l'ANSSI le 30 septembre 2026 recense 99 violations de données signalées en deux mois dans les ministères. Le constat le plus préoccupant n'est pas l'ampleur des fuites, mais la banalité des failles qui les ont rendues possibles. Décryptage technique, chronologie et propositions.
Dessin d'une main armée de ciseaux qui coupe un long ruban de petits formulaires fiscaux sortant d'un classeur débordant, avec les chiffres clés de l'étude : 243 petites taxes, 117 rendements inconnus, 0,5 % des prélèvements, 28 fiches

Taxes à faible rendement : 28 fiches pour simplifier

La France compte au moins 243 petites taxes qui rapportent, toutes ensemble, moins de 0,5 % des prélèvements obligatoires. Près de la moitié ont un rendement que l'administration elle-même ne connaît pas. Notre étude reprend une par une celles que la Cour des comptes a repérées : qui les paie, comment elles se déclarent, ce qu'elles rapportent, ce qu'elles coûtent à gérer, et pourquoi les supprimer ou les regrouper.