Illustration : un bâtiment public relié à des serveurs par des câbles emmêlés, dont un rompu, avec quatre chiffres : 4,2 milliards d’euros par an, 4,53 milliards pour 59 grands projets, 6,5 % de démarches accessibles, 1 % des agents testent l’IA

Numérique de l’État : le diagnostic sans complaisance d’un ingénieur

Plus de quatre milliards d’euros par an, 59 grands projets, une direction interministérielle sans pouvoir sur les budgets, des objectifs manqués qui disparaissent des rapports d’une année sur l’autre. J’ai lu, crayon en main, les rapports d’activité 2024 et 2025 de la direction interministérielle du numérique, les travaux de la Cour des comptes et les bilans de l’ANSSI. Voici ce qu’un ingénieur y voit.
Dessin d'un bouclier aux couleurs de l'État, fissuré, dont le cadenas est ouvert par une clé marquée « mot de passe volé » ; des fiches marquées ANSSI, DINUM, DGFiP, GAIA, Cadastre, Bloctel, SNU et France VAE s'en échappent. Chiffres clés : 99 fuites en deux mois, 67 confirmées, 48 millions de propriétaires exposés, faille notée 10 sur 10

Personne n’est à l’abri ! L’ANSSI et la DINUM, chargées de protéger les données de l’État, victimes à leur tour d’une fuite de données

Les deux services du Premier ministre qui ont pour mission de sécuriser le numérique de l'État figurent eux-mêmes dans la liste des victimes. Le point de situation publié par l'ANSSI le 30 septembre 2026 recense 99 violations de données signalées en deux mois dans les ministères. Le constat le plus préoccupant n'est pas l'ampleur des fuites, mais la banalité des failles qui les ont rendues possibles. Décryptage technique, chronologie et propositions.