Illustration : l’hémicycle du Parlement européen sous le cercle des douze étoiles ; sous un projecteur, un bloc de sièges vides marqué d’un petit drapeau français.
Sous le projecteur, les sièges vides : la France pèse en Europe à proportion de ceux qu’elle y envoie.

Députés européens : la France paie le prix de ses absents

Europe · Brève

Députés européens : la France paie le prix de ses absents

Pour peser sur la construction européenne, la France doit y envoyer des députés et des commissaires compétents. L’aveu de Rachida Dati devant le tribunal montre ce qu’il en coûte de ne pas le faire.

Élysée Conseils · 22 septembre 2026 · Temps de lecture : 3 minutes

Pour changer la construction européenne, il faut d’abord y être entendu. La France a des atouts à défendre à Bruxelles et à Strasbourg, encore faut-il les confier à des élus qui y travaillent.

L’aveu

Jugée à Paris pour corruption dans l’affaire Renault-Nissan, Rachida Dati conteste les faits et reste présumée innocente. Sa ligne de défense, elle, en dit long : elle n’aurait pas pu faire de trafic d’influence au Parlement européen, faute d’y avoir eu la moindre influence.

« J’étais peu présente. Je ne vivais pas sur place, je ne dormais pas sur place. »

Les questions écrites signées de son nom ? Rédigées par ses assistants : « Je ne modifiais jamais quoi que ce soit », a-t-elle déclaré à l’audience. Pendant l’instruction, des membres du Parlement européen ont décrit une eurodéputée rarement visible et peu impliquée dans les travaux parlementaires.1

Si la France a perdu de l’influence en Europe, c’est d’abord de sa propre faute.

Un cas isolé ?

Qui saurait citer, aujourd’hui, le nom d’un député européen français connu pour son travail et ses propositions ?

Jordan Bardella, président du Rassemblement national, longtemps pressenti comme candidat à l’élection présidentielle et président du groupe des Patriotes pour l’Europe, a manqué 70 % des réunions de sa commission entre juillet 2019 et décembre 2023.2 Cette commission, celle des pétitions, ne produit pas de rapports législatifs. Son parti met en avant un taux de présence de 93,95 % en séance plénière, mais ce chiffre ne compte que les votes, alors que l’essentiel du travail se fait en commission.

Comment la France pourrait-elle peser avec une telle désinvolture ?

Notre proposition

  1. Des députés européens choisis pour leur compétence, qui siègent et travaillent, pour défendre les intérêts de la France en Europe et ceux de l’Europe dans le monde.
  2. Des commissaires européens reconnus dans leur domaine, pour que la France pèse là où se préparent les textes.

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Notes

  1. Selon le compte rendu d’audience de l’AFP, 21 septembre 2026. Le procès est prévu jusqu’au 28 septembre.
  2. Décompte de l’émission Complément d’enquête (France 2, janvier 2024), repris par France 24.

Philippe Agnelli · Élysée Conseils

AvertissementLes informations, chiffres et raisonnements contenus dans cet article dépendent des conditions économiques, environnementales et sociétales actuelles. Ils sont susceptibles d’évoluer avec elles. Les propositions formulées ici s’entendent dans le cadre de ces conditions, à la date de publication.

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