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Le PNUE a acté le 2 septembre 2026 que le seuil de 1,5 °C serait dépassé.

Dépassement de 1,5 °C : l’ONU acte l’échec. Reste à décider qui gouverne la suite.

Élysée Conseils · Climat, énergie et souveraineté

Dépassement de 1,5 °C : l’ONU acte l’échec. Reste à décider qui gouverne la suite.

Le 2 septembre 2026, le Programme des Nations unies pour l’environnement a publié un rapport qui referme une séquence de trente ans : le franchissement du seuil de 1,5 °C n’est plus un risque à écarter, c’est une donnée d’entrée. Ce n’est pas la science qui a manqué — elle avait posé le problème il y a un demi-siècle. C’est la décision politique. Or un échec politique se répare politiquement, et cette réparation a un nom : décider à la bonne échelle, sur la bonne durée, avec de l’argent affecté à ce qui est irréversible.

Philippe Agnelli · 4 septembre 2026 · Lecture : 8 minutes

L’essentiel

  • Le PNUE juge désormais le dépassement de 1,5 °C inévitable au vu des politiques en vigueur, et propose une trajectoire « dépassement, pic, redescente ».1
  • Dans le scénario le plus favorable — engagements nationaux et promesses de neutralité intégralement tenus — le pic attendu est de 1,8 °C. À politiques inchangées, la médiane 2100 s’établit autour de 2,6 °C, dans une fourchette de 1,9 à 3,6 °C.1
  • Plus de 400 gigatonnes de CO₂ ont été émises depuis la signature de l’Accord de Paris.
  • Le diagnostic scientifique était disponible dès 1975. L’écart n’est pas un écart de connaissance, c’est un écart de tenue de parole institutionnelle.
  • Deux réponses de fond : des eurobonds strictement affectés à la production énergétique décarbonée, et une politique de souveraineté alimentaire assumée comme politique climatique.

1 Ce que le PNUE a écrit — et ce qu’il n’a pas écrit

Le rapport ne dit pas que le climat est perdu. Il dit que la seule variable qui reste ouverte est l’ampleur et la durée du dépassement.

Le document s’intitule Limiting Overshoot: Navigating exceedance of 1.5 °C and pathways towards return. Cent trente-neuf pages, publiées à Nairobi le 2 septembre 2026 par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).1 Sa thèse tient en une phrase : limiter le réchauffement à 1,5 °C demeure la pierre angulaire de l’Accord de Paris, mais au vu des politiques actuelles et des trajectoires envisageables à court terme, le franchissement de ce seuil est désormais largement considéré comme inévitable.

Le PNUE en tire une conséquence méthodologique, et non un renoncement : il propose de raisonner en « dépassement, pic et redescente » — overshoot, peak and decline. Autrement dit, puisque le seuil sera franchi, trois questions restent gouvernables : jusqu’où monte le pic, combien de temps il dure, et à quelle vitesse on redescend. C’est un déplacement de cadrage considérable, et il mérite d’être compris précisément plutôt que résumé par un slogan.

1,8 °C — pic de réchauffement attendu dans l’hypothèse la plus favorable, celle où les engagements nationaux et les promesses de neutralité carbone seraient intégralement tenus.

2,6 °C — médiane du réchauffement en 2100 à politiques inchangées, dans une fourchette allant de 1,9 à 3,6 °C.

Où mène chaque hypothèse (en °C au-dessus de l’ère préindustrielle)

Objectif de Paris 1,5 °C

Engagements tenus (pic) 1,8 °C

Politiques actuelles (2100) 2,6 °C fourchette 1,9 – 3,6 °C

0 1 2 3 4

Source : PNUE, Limiting Overshoot, 2 septembre 2026. Lecture : même dans l’hypothèse où chaque État tiendrait l’intégralité de ses engagements, le seuil de Paris serait dépassé.

Une précision s’impose, parce que la lecture qui circule depuis deux jours va au-delà du texte. Plusieurs commentaires ont présenté ce rapport comme une déclaration officielle de l’ONU actant l’échec de trois politiques sectorielles nommément désignées — la sortie des énergies fossiles, la réduction de l’élevage industriel, l’arrêt de la déforestation. Le rapport ne procède pas ainsi. Il constate un écart global entre les trajectoires nécessaires et les trajectoires réelles. La nuance n’est pas un détail de forme : elle est ce qui sépare un argument opposable d’un argument réfutable en une recherche. Et le constat réel est en vérité plus embarrassant que le slogan, parce qu’il est chiffré par l’institution elle-même.

« C’est l’héritage de notre propre inaction. »

Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE, conférence de presse du 2 septembre 20262

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a formulé l’objectif dans les mêmes termes : rendre le dépassement au-dessus de 1,5 °C aussi faible et aussi bref que possible. Le rapport ajoute une mise en garde utile contre les solutions de facilité : le captage et le stockage de dioxyde de carbone sont nécessaires dans toutes les trajectoires de retour, y compris les moins mauvaises, mais ils ne constituent pas une solution miracle. On ne rattrapera pas par la technologie de fin de chaîne ce qu’on aura refusé de décider en amont.

2 Cinquante ans pour manquer une cible connue

Le diagnostic n’a pas manqué. Il est public depuis 1975.

En 1975, l’économiste américain William Nordhaus — futur prix Nobel d’économie 2018 — publiait à l’Institut international pour l’analyse des systèmes appliqués un document de travail intitulé Can we control carbon dioxide?, qui posait déjà l’idée d’un plafond de température à ne pas franchir pour préserver la stabilité du système climatique.3 Quarante ans plus tard, l’Accord de Paris transformait cette intuition en engagement juridique international. Onze ans après Paris, plus de 400 gigatonnes de dioxyde de carbone ont été émises.

Les ordres de grandeur du rattrapage sont eux aussi connus. Pour rester sur une trajectoire à dépassement limité, les émissions mondiales de gaz à effet de serre devaient baisser de 55 % entre 2019 et 2035 — à la condition expresse que l’effort ait commencé en 2020.4 Cette condition n’a pas été remplie. Chaque année de report ne décale pas l’échéance : elle raidit la pente restante.

« La folie, c’est de refaire toujours la même chose en attendant un résultat différent. »

Rita Mae Brown, romancière américaine5

Il faut donc écarter d’emblée la lecture confortable selon laquelle il nous manquerait de la connaissance, des modèles ou des technologies. Rien de tout cela ne manque. Ce qui a manqué, c’est un régime de décision capable d’engager des ressources sur des durées qui excèdent celles d’un mandat.

3 Un échec de décision, pas un échec de technologie

Assurer une économie viable et des entreprises durables relève entièrement de la responsabilité du politique. Pas à 80 %, pas à 99 % : entièrement.

Cette formulation n’est pas de moi. Elle est de Karl Baumann, qui dirige l’Institut pour le développement d’une république démocratique globale, et qui l’oppose à la tentation commode de renvoyer la responsabilité aux entreprises, aux consommateurs ou aux marchés.6 Je la reprends à mon compte, parce qu’elle a une conséquence directe : si la responsabilité est politique, alors la réparation l’est aussi, et elle est à notre portée.

De quoi la décision publique a-t-elle manqué ? De deux choses, et elles sont symétriques.

D’une échelle. Un système énergétique, un réseau électrique, une filière agricole ne se gouvernent pas dans les frontières d’un seul pays quand le marché, l’approvisionnement et les règles sont continentaux. Karl Baumann propose d’étendre la démocratie horizontalement, vers l’échelon supranational. Je partage entièrement le principe, mais je le fais atterrir là où il existe déjà et là où il fonctionne : l’échelon européen. L’Union dispose d’un budget, d’une capacité d’emprunt éprouvée depuis le plan de relance post-Covid, d’un marché de l’énergie intégré et d’un Parlement élu. C’est notre seul échelon supranational démocratiquement légitime et opérationnel. Le construire davantage est plus rapide que d’en inventer un autre.

D’un horizon. Étendre la démocratie, c’est aussi l’étendre verticalement, en faisant entrer la soutenabilité dans les critères mêmes par lesquels on évalue la qualité d’une décision démocratique.7 Concrètement, cela signifie appliquer un critère d’irréversibilité : plus une décision engage longtemps, moins elle peut dépendre d’un cycle électoral. Un réacteur nucléaire fonctionne soixante ans ; une ligne haute tension en dure cinquante ; une exploitation agricole se transmet sur une génération. Rien de tout cela ne peut être arbitré à horizon de cinq ans, encore moins d’un budget annuel.

C’est le sens d’une loi de programmation énergie-climat véritablement engageante : votée par le Parlement, chiffrée, assortie d’un calendrier de mise en service et d’une clause de rendez-vous, et non révisable au gré des arbitrages de fin d’exercice. Ce que le rapport du PNUE documente, c’est précisément le coût de l’absence d’un tel dispositif à l’échelle mondiale.

4 Financer l’irréversible : des eurobonds énergie-climat

On ne finance pas un actif de soixante ans avec un budget de douze mois.

L’ordre de grandeur du besoin européen est documenté. Le rapport remis en septembre 2024 par Mario Draghi à la Commission européenne évalue à 750 à 800 milliards d’euros par an, sur la période 2025-2030, l’investissement supplémentaire nécessaire pour la décarbonation, l’innovation et la défense, soit environ 4,7 % du produit intérieur brut de l’Union.8 Aucun budget national européen ne dispose d’une telle marge, et la France moins que d’autres : la charge d’intérêts de sa dette absorbe désormais l’essentiel des économies qu’elle parvient à programmer.

750 à 800 Md€ par an — investissement supplémentaire jugé nécessaire pour l’Union européenne sur 2025-2030, soit environ 4,7 % de son PIB.

La conclusion me paraît difficile à contourner : ce qui ne peut pas être financé par des budgets annuels doit l’être par de la dette commune, longue, et strictement affectée. C’est la proposition que je porte.

Ce que je propose

  • Des eurobonds énergie-climat à maturité longue, calée sur la durée de vie des actifs financés — trente à soixante ans — et non sur le cycle budgétaire.
  • Une affectation stricte et vérifiable : production électrique décarbonée pilotable, réseaux de transport et de distribution, stockage, interconnexions. Rien d’autre.
  • Le nucléaire assumé comme socle, parce qu’il est la seule capacité décarbonée pilotable dont la France dispose à l’échelle industrielle, et parce qu’un programme de réacteurs est exactement le type d’engagement qu’un budget annuel est structurellement incapable de porter.
  • Aucune mutualisation des dépenses courantes. C’est la ligne rouge, et c’est elle qui rend la proposition défendable auprès de nos partenaires les plus réticents : on mutualise l’irréversible, jamais le fonctionnement.

La discussion européenne sur la dette commune est connue et l’opposition, réelle. Elle porte cependant, dans sa formulation habituelle, sur la crainte d’une mutualisation générale et sans fin. Une dette dont l’objet est borné, l’échéance datée et l’usage vérifiable ne relève pas de la même catégorie. C’est cette distinction qu’il faut porter, plutôt que le débat pour ou contre l’emprunt commun.

5 Manger : la souveraineté alimentaire est une politique climatique

Importer sa nourriture ne supprime pas l’empreinte carbone : cela la délocalise, et l’aggrave le plus souvent.

C’est le point où le débat français est le plus confus. L’agriculture y est traitée tantôt comme un secteur à contraindre au nom du climat, tantôt comme un secteur à protéger au nom du revenu paysan, presque jamais comme ce qu’elle est : une infrastructure de souveraineté dont la dégradation produit des émissions supplémentaires.

Les chiffres de la dépendance française sont désormais bien établis, même si leur périmètre varie selon les filières et les sources. Environ 75 % du blé dur consommé en France est importé, et 67 % du soja, selon les travaux de Terre de Liens.9 Près d’un poulet sur deux consommé dans le pays vient de l’étranger — d’Amérique du Sud, d’Ukraine, et de plus en plus de Chine — selon l’interprofession Anvol, pour un déficit commercial de la filière volaille supérieur à un milliard d’euros.10 Un tiers des fruits de la zone tempérée que nous consommons — pommes, poires, abricots, pêches — sont importés, proportion qui atteint la moitié en intégrant agrumes et fruits tropicaux.

Part importée de la consommation française, quelques filières
Filière Part importée Source
Blé dur ≈ 75 % Terre de Liens (2025)
Soja ≈ 67 % Terre de Liens (2025)
Volaille de chair ≈ 50 % Anvol (interprofession)
Fruits de zone tempérée ≈ 33 % Terre de Liens (2025)
Légumes ≈ 33 % Terre de Liens (2025)

Chacune de ces lignes est une double perte. Une perte économique, évidemment. Mais aussi une perte climatique, car ces produits arrivent de systèmes agricoles souvent moins contraints que le nôtre, après un transport que personne ne comptabilise dans nos inventaires nationaux. Nous améliorons notre bilan en exportant nos émissions. C’est une comptabilité, pas une politique.

Ce que je propose

  • Un volet agricole aux eurobonds : autonomie protéique européenne — soja, légumineuses, fourrages —, stockage et gestion de l’eau, modernisation des outils d’abattage et de transformation de proximité.
  • Des clauses miroir effectives : ce qu’on interdit au producteur français ne doit pas entrer librement par la frontière. Sans quoi la norme environnementale devient un simple avantage compétitif offert à l’extérieur.
  • Le renouvellement des générations traité comme un investissement d’infrastructure et non comme une politique sociale : une exploitation qui disparaît ne se reconstitue pas.

6 Conclusion : de l’énergie, de quoi manger, de quoi se défendre

Le rapport du PNUE n’est pas une condamnation. C’est un procès-verbal. Il établit qu’un engagement signé par la quasi-totalité des États de la planète n’a pas été tenu, et il chiffre l’écart. La question qui suit n’est pas « y croyez-vous encore ? » — question de posture, sans contenu. Elle est : qui décide, à quelle échelle, et pour combien de temps ?

Ma réponse tient en trois objets, et je l’assume comme telle. Notre avenir est là : de l’énergie, de quoi manger, et de quoi se défendre. Ce sont les trois seules choses qu’aucune nation ne peut se permettre d’acheter durablement à l’extérieur. Ce sont aussi les trois seules pour lesquelles une dette longue, affectée et européenne se justifie pleinement — parce que ce qu’elle finance survivra très largement à ceux qui l’auront votée.

Le reste — les objectifs annoncés puis reportés, les conférences qui se succèdent, les cibles réaffirmées sans moyens — appartient désormais au procès-verbal du PNUE. Il aura fallu cinquante et un ans entre l’énoncé du problème et l’aveu de l’échec. Nous n’avons pas cinquante ans devant nous pour la suite.

Sources

  • Programme des Nations unies pour l’environnement, Limiting Overshoot: Navigating exceedance of 1.5 °C and pathways towards return, Nairobi, 2 septembre 2026, 139 p. — dépassement de 1,5 °C jugé inévitable ; pic de 1,8 °C dans l’hypothèse des engagements pleinement tenus ; médiane de 2,6 °C en 2100 à politiques inchangées (fourchette 1,9 – 3,6 °C). doi.org/10.59117/20.500.11822/49857
  • PNUE, communiqué de presse, 2 septembre 2026 — « World set to cross 1.5 °C global warming, but can still limit, adapt to and return from higher temperatures ».
  • PNUE, Emissions Gap Report 2025 — baisse de 55 % des émissions mondiales entre 2019 et 2035 requise pour les trajectoires à dépassement limité.
  • Mario Draghi, The future of European competitiveness, rapport remis à la Commission européenne, 9 septembre 2024 — besoin d’investissement supplémentaire de 750 à 800 Md€ par an sur 2025-2030, soit environ 4,7 % du PIB de l’Union. commission.europa.eu
  • Terre de Liens, Souveraineté alimentaire : un scandale made in France, 2025 — parts importées par filière (blé dur, soja, fruits, légumes). terredeliens.org
  • Anvol, interprofession de la volaille de chair française — part importée de la consommation de poulet et déficit commercial de la filière. interpro-anvol.fr

Notes

  1. PNUE (2026), Limiting Overshoot: Navigating exceedance of 1.5 °C and pathways towards return, Nairobi, ISBN 978-92-807-4301-2. Le rapport qualifie le dépassement de 1,5 °C d’« inévitable » au vu des politiques actuelles et des trajectoires de court terme envisageables.
  2. Inger Andersen, directrice exécutive du Programme des Nations unies pour l’environnement depuis 2019, ancienne directrice générale de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Propos tenus lors de la présentation du rapport, le 2 septembre 2026 ; traduction de l’auteur.
  3. William D. Nordhaus, économiste américain, professeur à l’université Yale, prix Nobel d’économie 2018 pour ses travaux sur l’intégration du changement climatique dans l’analyse macroéconomique de long terme. Can we control carbon dioxide?, document de travail WP-75-063, Institut international pour l’analyse des systèmes appliqués (IIASA), 1975.
  4. PNUE, Emissions Gap Report 2025, chiffre repris par le rapport Limiting Overshoot. La condition d’une action engagée dès 2020 est explicite dans la formulation d’origine.
  5. Rita Mae Brown, romancière et essayiste américaine née en 1944. La formule figure dans son roman Sudden Death (1983) ; elle est fréquemment et à tort attribuée à Albert Einstein.
  6. Karl Baumann, fondateur et directeur de l’Institut pour le développement d’une république démocratique globale (IDGR), association de droit autrichien établie en 2023, dont les travaux portent sur l’extension des mécanismes démocratiques à l’échelon supranational. idgr.org
  7. David F. J. Campbell, politiste autrichien, travaux sur la qualité de la démocratie et son articulation au développement soutenable ; « Sustainable Development and Quality of Democracy », Sustainability, 2026, 18(17), 8842.
  8. Mario Draghi, président du Conseil italien de 2021 à 2022, président de la Banque centrale européenne de 2011 à 2019. Rapport remis le 9 septembre 2024. L’ordre de grandeur de 750 à 800 Md€ par an a été repris par le Parlement européen dans sa résolution du 10 septembre 2025.
  9. Terre de Liens, mouvement associatif consacré à la préservation du foncier agricole, rapport 2025. Les périmètres de calcul diffèrent selon les sources : FranceAgriMer et le Haut Conseil pour le climat retiennent des taux voisins pour le blé dur.
  10. Anvol, interprofession de la volaille de chair. La part importée varie de 34 % à environ 50 % selon la source et le périmètre retenu — l’Institut de l’élevage retient le premier chiffre, l’interprofession le second, qui intègre la restauration hors domicile et l’industrie agroalimentaire.

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AvertissementLes informations, chiffres et raisonnements contenus dans cet article dépendent des conditions économiques, environnementales et sociétales actuelles. Ils sont susceptibles d’évoluer avec elles. Les propositions formulées ici s’entendent dans le cadre de ces conditions, à la date de publication.

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